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par Crispian Balmer
PARIS (Reuters) - Alors que les débris du vol Rio-Paris restent introuvables dans l'Atlantique, Airbus a émis une recommandation à ses clients rappelant que les équipages doivent suivre les procédures d'usage s'ils soupçonnent une défaillance des indicateurs de vol.
Cette recommandation, validée par le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), n'implique pas que les pilotes aient commis des erreurs mais que les instruments de mesure de vitesse fonctionnaient mal.
"Ce document d'information n'implique aucun blâme", a déclaré vendredi un porte-parole d'Airbus, Justin Dubon.
L'Airbus A330-200 d'Air France effectuait la traversée Rio de Janeiro-Paris avec 228 personnes à bord quand il a rencontré une succession rapide de problèmes techniques et s'est certainement abîmé dans l'Atlantique.
Pour les autorités, il n'y a aucun survivant.
Les débris récupérés dans l'Atlantique par des secouristes brésiliens ne proviennent pas de l'avion, ont établi les enquêteurs.
Le BEA a relevé, dans un communiqué publié jeudi soir, que "de nombreuses informations plus ou moins exactes ou tentatives d'explications de l'accident circulent actuellement", et ajouté que seuls deux éléments étaient établis à ce stade de l'enquête.
INCOHÉRENCE DES VITESSES MESURÉES
Il s'agit de la présence, à proximité de la route prévue de l'avion au-dessus de l'Atlantique, de conditions dites de "cellules convectives" (mouvements verticaux de l'atmosphère qui se traduisent par des courants ascendants et descendants), caractéristiques des régions équatoriales.
Le BEA relève aussi, "à partir de l'exploitation des messages automatiques transmis par l'avion, l'incohérence des différentes vitesses mesurées" de l'appareil.
C'est cet élément qui a conduit Airbus à émettre une recommandation à destination des seuls clients de l'A330.
Plus de 300 appareils du même type que celui qui a disparu sont actuellement en service à travers le monde.
De tels messages sont envoyés uniquement, après un accident, si les enquêteurs jugent les faits suffisamment importants, a souligné une source aéronautique.
A ce stade, les enquêteurs ne savent pas si l'avion volait à une vitesse incorrecte ou non lors de la traversée d'une zone de turbulences.
Néanmoins, les messages automatiques envoyés par le vol AF447 pendant une courte période de trois minutes montrent des incohérences dans les mesures de vitesse.
Un expert aéronautique, qui a requis l'anonymat, a souligné que les capteurs de l'avion qui donnent des informations sur la pression de l'air émettent des données erronées s'ils sont obstrués par exemple par des saletés ou de la glace.
Ces "tubes" sont normalement équipés pour prévenir la formation de glace à haute altitude.
Si les pilotes pensent que les indications sont bonnes, alors qu'elle ne le sont pas, il leur arrive de modifier leur vitesse par erreur, explique-t-il.
Airbus a dit que la procédure correcte face à de fausses indications de vitesse était de maintenir la poussée des réacteurs et "l'assiette" correcte pour maintenir l'avion en ligne.
Version française Gérard Bon, édité par Yves Clarisse