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par Adrian Croft et Matt Falloon
LONDRES (Reuters) - Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a entrepris de remanier son gouvernement pour tenter d'enrayer la crise suscitée par la démission d'un troisième ministre, qui l'a invité à renoncer à ses fonctions.
La défection de James Purnell, étoile montante du Parti travailliste, qui à 39 ans détenait le portefeuille du Travail et des Retraites, est un coup dur porté à l'autorité d'un chef du gouvernement de plus en plus contesté dans ses propres rangs et en froid avec une opinion publique outrée par le scandale des notes de frais de parlementaires de tous bords.
Nombreux sont ceux qui considèrent le remaniement que Gordon Brown s'apprête à annoncer comme sa dernière chance de reprendre le Labour en main, après deux ans au pouvoir.
Selon une source gouvernementale, il a renoncé à nommer son protégé Ed Balls au ministère des Finances, Alistair Darling, actuel titulaire du poste dont les initiatives face à la crise économique ont été largement saluées, ayant refusé d'y renoncer.
Le secrétaire au Foreign Office, David Miliband, entend également conserver son poste, ce qui limite un peu plus la marge de manoeuvre de Gordon Brown. "C'est une journée de travail; pas question de démissionner", a-t-il dit à la presse.
Outre la défection de James Purnell, Gordon Brown a subi cette semaine celles de Hazel Blears, ministre des Communautés et des collectivités locales, et de Jacqui Smith, première femme ministre de l'Intérieur. Face à la crise, ses proches ont toutefois battu le rappel, vendredi.
Une éventuelle démission du Premier ministre précipiterait vraisemblablement le calendrier électoral, alors que le Parti conservateur, dans l'opposition depuis 1997, devance très largement le Labour dans les intentions de vote.
"JE VOUS DEMANDE DE VOUS RETIRER"
"Je crois maintenant que si vous restez à la tête (du Parti travailliste), une victoire des conservateurs devient plus probable, et non le contraire. Par conséquent, je vous demande de vous retirer, afin de permettre à notre parti d'avoir, dans la lutte, une chance de l'emporter", écrit James Purnell, dans une lettre adressée au chef du gouvernement.
La débâcle attendue du Labour aux élections européennes et locales qui se sont déroulées jeudi en Grande-Bretagne, dont les résultats ne seront connus que dimanche soir, pourrait porter le coup de grâce à Gordon Brown, estime Simon Lee, politologue à l'université de Hull.
"Même si d'ici dimanche aucun autre ministre ne suit l'exemple de Purnell, si les résultats sont aussi mauvais qu'on le prévoit, il sera très difficile pour Gordon Brown de survivre (comme chef du gouvernement)", dit-il.
"Le gouvernement s'effondre sous nos yeux", écrit le chef de file des Tories, David Cameron, sur son site internet.
Avant même la démission de James Purnell, 75 députés travaillistes, soit un cinquième du groupe parlementaire, étaient prêts signer une lettre ouverte réclamant la démission du Premier ministre, rapporte la presse.
Alan Johnson, ministre de la Santé, fait figure de favori dans la course à la succession de Gordon Brown.
Mercredi encore, il assurait que Brown était la meilleure personne pour diriger le Labour, mais, dans son émission Newsnight, la BBC a rapporté jeudi qu'il avait "mis sur pied une structure" pour briguer la direction du parti.
Version française Eric Faye et Jean-Philippe Lefief