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Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, a entamé une tournée de réconciliation en Europe axée sur les problèmes économiques. Mais l’omission de la France dans son itinéraire donne un tour politique nouveau à cette visite dans le sillage de la rencontre récente du président français Nicolas Sarkozy avec le dalaï-lama.
Le 26 novembre 2008, Pékin a annulé au pied levé le sommet UE-Chine prévu le 1er décembre à Lyon (EurActiv 27/11/08), motivant leur décision par le fait que le dalaï-lama effectuerait au même moment une visite dans plusieurs pays de l’UE et rencontrerait à cette occasion des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’Union européenne, ainsi que des présidents d’institutions européennes.
C’est la première fois qu’un tel événement est annulé depuis le premier sommet annuel UE-Chine, réuni à Londres en 1998. En outre, le gouvernement chinois aurait été froissé par la rencontre du président français Nicolas Sarkozy avec le dalaï-lama à Gdansk, en Pologne, lors d’une réunion des lauréats du prix Nobel de la paix.
Un sentiment anti-français s’est accentué en Chine en avril 2008 à la suite de manifestations pro-tibétaines lors du relais de la Flamme des Jeux olympiques. L’étape parisienne du relais a été le théâtre d’une réaction particulièrement violente lorsque le flambeau a été arraché des mains de Jin Jin, une athlète chinoise des jeux paralympiques.
Des troubles en Chine ont eu pour conséquences un boycott officieux des marques françaises et des manifestations publiques devant des filiales chinoises de la chaîne de supermarchés Carrefour.
Lors de sa visite, qui est doublée d’une « tournée de confiance » de l’assistant du ministre des Affaires étrangères chinois Wu Hongbo, M. Wen Jiabao se rendra tout d’abord au forum économique mondial de Davos, en Suisse, et s’arrêtera ensuite en Allemagne, en Belgique, en Espagne et au Royaume-Uni. Il rencontrera les leaders des institutions européennes ainsi que la présidence tchèque de l’UE à Bruxelles le vendredi 30 janvier.
Paris a minimisé l’omission, relevant que le Premier ministre chinois ne visitait pas l’ensemble des 27 Etats membres. Les Chinois n’ont pas fait de commentaire quant au raisonnement sous-jacent à l’itinéraire.
Le média officiel du gouvernement chinois, Xinhua, a déclaré que M. Wen Jiabao se concentrera sur les réformes économiques chinoises en cours et examinera les manières de stimuler la coopération entre l’UE et la Chine. Il étudiera également la possibilité de se joindre aux efforts de la communauté internationale pour surmonter la crise financière mondiale.
La demande de Chine et sa croissance économique serviront d’impulsion au redressement de l’économie mondiale, d’après un commentaire de l’agence officielle Xinhua à propos du voyage du Premier ministre chinois.
Le Financial Times a rapporté que M. Wen Jiabao devrait donner des arguments selon lesquels la principale contribution chinoise à la solution de la crise économique sera de conserver une croissance relativement importante, partiellement stimulée par un plan de dépenses fiscales.
Figurera également au sommet de l’agenda : le rôle de la Chine dans la lutte contre le changement climatique, le compte à rebours avant le sommet de Copenhague en décembre continuant de tourner. La Chine, comme les autres pays développés, a incité les économies développées à endosser la responsabilité de la majorité des charges impliquées par la réduction des émissions de CO2.
Pékin considère qu’il devrait, au XXIe siècle, pouvoir tirer profit du développement industriel, comme les Etats occidentaux ont pu le faire de la révolution industrielle au cours des 200 dernières années, mais l’UE met en avant le fait que la Chine compte lourdement sur le charbon pour la production énergétique. La Chine a exprimé le souhait de réduire les émissions dans le cadre de l’accord international sur le changement climatique, mais insiste sur les transferts de la technologie propre en provenance des pays développés.
L’année dernière, avant le sommet annulé, le Premier ministre chinois avait déclaré que les pays riches devaient abandonner leur mode de vie non durable et en faire plus pour aider les nations pauvres à s’adapter aux effets du changement climatique.
Toutefois, les problèmes liés aux droits de l’homme et à la liberté de la presse seront probablement soulevés par les responsables politiques européens avant l’arrivée de la délégation chinoise à Bruxelles vendredi. Quelques eurodéputés se sont associés aux représentants de Reporters sans frontières pour faire pression en faveur de la réouverture de la chaîne non censurée en langue chinoise, NTDTV.