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8 novembre 2009
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Pékin annule le sommet UE-Chine : stupéfaction à Bruxelles [FR][en][de

Publié: jeudi 27 novembre 2008   

Bruxelles a réagi avec stupéfaction à la décision de la Chine de reporter le sommet UE-Chine, prévu la semaine prochaine, en représailles contre les visites des dirigeants européens au maître spirituel tibétain en exil, le dalaï-lama.

Contexte:

La décision d’hier (26 novembre) a marqué la première suspension en dix ans des négociations entre l’UE et la Chine par l’une des parties.

Le premier sommet UE-Chine s’est déroulé en 1998 à Londres (durant la présidence britannique de l’UE). Depuis lors, des sommets se sont tenus chaque année, en alternance entre Pékin et le pays occupant alors la présidence tournante de six mois de l’UE.

Du côté chinois, le Premier ministre et d’autres ministres participent à ces sommets. Quant à l’UE, elle est  représentée par le président du Conseil des ministres, par le président de la Commission européenne, par le haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, ainsi que par d’autres ministres et commissaires européens. 

Le dernier sommet s’est tenu à Pékin en novembre 2007.

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Autres articles:

Mercredi 26 novembre, le gouvernement chinois a fait savoir à la présidence française de l’UE que le Premier ministre Wen Jinbao ne se rendrait pas à Lyon pour le sommet, qui devait se concentrer sur les disputes à propos de l’énorme excédent commercial de la Chine avec l’UE ainsi que sur la coordination de la réponse internationale à la crise financière.

Les Chinois « ont motivé leur décision par le fait que le dalaï-lama effectuerait au même moment une nouvelle visite dans plusieurs pays de l’Union et rencontrerait à cette occasion des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’Union européenne ainsi que des présidents d’institutions européennes », indique la déclaration de l’UE publiée aujourd’hui.

La décision chinoise a été qualifiée de malheureuse à Bruxelles. Elle montre que les dirigeants communistes de la Chine privilégient l’isolation du Tibet et du dalaï-lama par rapport à la poursuite du « partenariat stratégique » sino-européen. Mais selon Stanley Crossick, fondateur du think tank European Policy Centre, nos dirigeants ne devraient pas se laisser distraire. 

Dans une contributionexternal sur Blogactiv, M. Crossick a signalé que le « golfe des malentendus entre la Chine et l’Occident par rapport au dalaï-lama et au Tibet est immense, et les idées fausses abondent […]. Dans le contexte de la dépression économique naissante, de la vulnérabilité du système financier mondial, du changement climatique, de la sécurité énergétique et du terrorisme, nos dirigeants ne devraient pas se laisser distraire par la question du Tibet et du dalaï-lama ». 

Le président français Nicolas Sarkozy rencontrera le dalaï-lama à Gdansk (Pologne) lors d’une réunion entre les lauréats du prix Nobel de la paix, a affirmé Luc Chatel, porte-parole du gouvernement français. M. Sarkozy « a toujours indiqué qu'il rencontrerait le dalaï-lama, qu'il ne le rencontrerait pas en tant que chef d'Etat mais en tant que chef spirituel », a-t-il déclaré aux journalistes hier au sortir de la réunion hebdomadaire du cabinet à Paris. 

Le dalaï-lama devrait également rendre visite au Parlement européen le 4 décembre. Selon Marco Cappato, eurodéputé libéral, seul le temps dira si Pékin a l’intention de boycotter toutes les institutions démocratiques de l’Union européenne. 

La décision d’annuler le sommet est intervenue quatre jours après que le gouvernement tibétain en exil, dirigé par le dalaï-lama, a suspendu les négociations au point mort avec la Chine à propos de l’avenir du Tibet. Les négociations n’ont accompli aucun progrès en vue d’une résolution de la demande tibétaine de relâcher son emprise de 57 ans sur la région d’Asie centrale. La Chine estime que les velléités d’indépendance du Tibet sont un prélude à l’indépendance complète et à l’éclatement de l’Etat chinois. 

Le European Council for Foreign Relations a qualifié l’annulation du sommet de geste spectaculaire et de démarche sans précédent dans la relation bilatérale, accompagnée par le spectacle désolant de la désunion européenne quant à la crise financière et économique, qui a confirmé aux dirigeants chinois que l’Europe n’est pas un acteur unitaire et qu’elle peut être provoquée publiquement sans incidences particulières. 

Il est désormais probable que la prochaine rencontre entre les dirigeants chinois et européens soit reportée au moins jusqu’à la présidence suédoise de l’UE, prévue pour la seconde moitié de 2009.

Positions:

L’ADLE, le groupe libéral au Parlement européen, a déclaré que la décision chinoise était inquiétante et dangereuse car elle ne tient pas compte de l’attachement de l’UE aux valeurs démocratiques et à la règle de droit. 

La Chine a montré qu’elle ne respecte pas l’identité de son partenaire européen, ce qui est dangereux parce que toute l’Union européenne partage le point de vue du président du Conseil de l’UE, qui considère le dalaï-lama comme une personne honorable qui devrait être reçue, a indiqué le groupe. 

Selon l’eurodéputé Marco Cappato, au lieu de se limiter à une vision dépassée des relations internationales, la Chine devrait plutôt reconnaître que la démocratie, la règle de droit et les droits de l’homme, y comprise les droits des minorités, sont des valeurs universelles. Selon lui, la Chine devrait se rendre compte que l’Union européenne ne renoncera jamais à ces valeurs. 

John Fox, un ancien diplomate britannique à Pékin qui travaille désormais au sein du think-tank European Council on Foreign Relations, a indiqué que la décision d’annuler le sommet UE-Chine a remis en question la fait que la Chine et l’Europe ont une relations stratégique. 

Les manœuvres d’intimidation de la Chine selon lesquelles le pays dicte aux dirigeants européens les personnes qu’ils peuvent ou non rencontrer est entièrement inacceptable, a déclaré M. Fox, ajoutant que l’Europe doit défendre fermement la décision du président Sarkozy de rencontrer le dalaï-lama en Pologne. Selon M. Fox, la relation entre l’Europe et la Chine est importante pour les deux parties, et le sommet est un événement qui devrait être utilisé pour forger un partenariat afin de répondre à la crise financière. C’est la raison pour laquelle les dirigeants européens doivent impérativement montrer à la Chine qu’ils ne peuvent pas être divisés et intimidés et que les mesures actuelles prises par Pékin portent atteinte au intérêts des deux parties, a indiqué M. Fox. 

Stanley Crossick, fondateur du European Policy Centre, a déclaré que « personne, que ce soit les Tibétains, les Hans, les Américains ou les Britanniques en particulier, ne peut être fier de son passé par rapport au Tibet. S’il est dangereux d’avoir la mémoire courte, il l’est tout autant d’être rancunier. Il est essentiel que les Chinois ne voient pas la question du Tibet comme une continuation de l’humiliation qu’ils subissent de la part de l’Occident. Comme l’a dit Confucius : “oublie les injures, n’oublie jamais les bienfaits“ ».

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