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Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, estime que l'UE a besoin d'une "Europe des résultats", et non de davantage de réflexion institutionnelle sur la façon de sauver la Constitution.
Le président de la Commission, M. Barroso, et la vice-présidente Margot Wallström ont présenté leur évaluation de la "période de réflexion" de l'UE sur l'avenir du traité constitutionnel le 10 mai 2006. Dans une communication qui sera envoyée au Sommet des dirigeants européens les 15 et 16 juin 2006, ils proposent un "projet pour les citoyens" pour obtenir les résultats attendus par les citoyens.
La Commission souhaite renforcer la confiance dans l'UE en se concentrant sur les "résultats" et espère préparer ainsi le terrain pour un nouveau cycle institutionnel en 2008. Elle recommande aux Etats membres d'adopter une déclaration politique solennelle renouvelant leur engagement envers l'Union en 2007 (50 ans après la signature du traité de Rome).
"On veut créer le contexte pour revenir au texte", a déclaré le président de la Commission, qui refuse de renoncer au traité constitutionnel. Il doute cependant qu'il soit possible de relancer le texte actuel, soulignant que les deux pays ayant rejeté le traité (la France et les Pays-Bas) ont déjà annoncé qu'ils n'organiseraient pas un deuxième référendum. Comparant la "période de réflexion" actuelle à un match de football, M. Barroso a utilisé l'image de "prolongations" pour la situation actuelle.
"Le projet pour les citoyens" consiste en douze initiatives politiques dans cinq domaines :
Le président de la Commission a reconnu qu'une des raisons des doutes des citoyens dans l'UE est la "différence entre la rhétorique et la réalité". Répondant de façon franche à une question d'EurActiv, M. Barroso a montré du doigt les Etats membres concernant la "crise de résultats" de l'Union. "Les gouvernements prennent parfois des décisions lors des Conseils européens et ne nous donnent pas ensuite les instruments pour les mettre en oeuvre," a-t-il regretté, faisant référence aux domaines de la justice et des affaires intérieures ou de la politique énergétique.
Le président a également souligné que 2008 serait une année déterminante pour l'Union, avec la révision des règles relatives au budget européen et un éventuel nouveau cycle institutionnel. Il a par ailleurs réfuté les allégations selon lesquelles la Commission souhaite suspendre le débat institutionnel en raison des élections présidentielles en France de 2007.
Interrogée sur les mesures prises par les Etats membres dans le cadre du "Plan D", la vice-présidente Margot Wallström a refusé de faire un classement des pays selon leurs résultats. Elle a cependant salué les initiatives de la France ("Mme Colonna organise actuellement un débat qui manquait en 2005"), de l'Irlande et de l'Espagne.
Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti socialiste européen, a recommandé à la Commission de poursuivre sa réflexion sur l'avenir de la Constitution. "Le président Barroso a le devoir de mener les recherches pour trouver une issue à l'impasse constitutionnelle," a-t-il déclaré. "La période de réflexion ne doit pas devenir une sieste prolongée."