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Le traité de Lisbonne, dont l'entrée en vigueur est prévue en 2009, introduit deux nouvelles hautes fonctions européennes: un président au premier plan qui présidera les réunions des sommets européens pour un mandat de deux ans et demi et un nouveau responsable de la politique étrangère. Mais la sélection des personnes les plus à même d'occuper ces fonctions sera une tâche sensible d'un point de vue politique dans les mois à venir.
Les dirigeants européens étaient parvenus à un accord sur le nouveau traité modificatif de l’UE lors d’un sommet en juin 2007 et avaient formellement approuvé la version finale mise à jour en octobre dernier lors d’une conférence intergouvernementale (CIG) (EurActiv 19/10/08). Le « traité de Lisbonne
» , comme il a finalement été appelé, a été officiellement signé par les chefs d’Etat et gouvernements européens lors d’un sommet dans la capitale portugaise le 13 décembre 2007 (EurActiv 14/12/07).
Le traité vise à simplifier le processus de décision de l’UE en introduisant une réforme du système de vote au Conseil, en réduisant le nombre de commissaires et en renforçant le rôle des Parlements nationaux. Il instaure également deux nouveaux postes :
Fondement juridique
La base juridique de ces fonctions de président permanent du Conseil européen et de Haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune est brièvement définie par le traité de Lisbonne :
5. Le Conseil européen élit son président à la majorité qualifiée pour une durée de deux ans et demi, renouvelable une fois. En cas d’empêchement ou de faute grave, le Conseil européen peut mettre fin à son mandat selon la même procédure.
6. Le président du Conseil européen:
(a) préside et anime les travaux du Conseil européen;
(b) assure la préparation et la continuité des travaux du Conseil européen en coopération avec le président de la Commission, et sur la base des travaux du Conseil des affaires générales;
(c) oeuvre pour faciliter la cohésion et le consensus au sein du Conseil européen;
(d) présente au Parlement européen un rapport à la suite de chacune des réunions du Conseil européen.
Le président du Conseil européen assure, à son niveau et en sa qualité, la représentation extérieure de l’Union pour les matières relevant de la politique étrangère et de sécurité commune, sans préjudice des attributions du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.
Le président du Conseil européen ne doit pas exercer un mandat national.
1. Le Conseil européen, statuant à la majorité qualifiée, avec l’accord du président de la Commission, nomme le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Le Conseil européen peut mettre fin à son mandat selon la même procédure.
2. Le haut représentant conduit la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union. Il contribue par ses propositions à l’élaboration de cette politique et l’exécute en tant que mandataire du Conseil. Il agit de même pour la politique de sécurité et de défense commune.
3. Le haut représentant préside le Conseil des affaires étrangères.
4. Le haut représentant est l’un des vice-présidents de la Commission. Il veille à la cohérence de l’action extérieure de l’Union. Il est chargé, au sein de la Commission, des responsabilités qui incombent à cette dernière dans le domaine des relations extérieures et de la coordination des autres aspects de l’action extérieure de l’Union.
Les règles et le calendrier restent incertains
Les critères pour choisir les candidats à ces deux nouvelles fonctions éminentes n’ont pas été stipulés par écrit dans le traité de Lisbonne. Par conséquent, il appartiendra aux chefs d’Etat et gouvernements européens de décider qui ils souhaitent désigner comme nouveaux représentants.
A en juger à la façon dont le président de la Commission européenne a été sélectionné dans le passé, des négociations mystérieuses devraient encore une fois avoir lieu entre les 27 pays de l’UE. Selon les analystes politiques, ces négociations ne seraient pas simplement limitées aux deux nouvelles fonctions mais incluraient également une nouvelle « troïka européenne » :
Le paquet de négociations peut également être étendu aux postes des présidents de la Commission européenne et du Parlement européen.
Les élections européennes se dérouleront en juin 2009 et le prochain collège de commissaires prendra ses fonctions six mois après les élections du Parlement européen. Cependant, il est également possible que le Conseil européen – où se réunissent formellement les chefs d’Etat et de gouvernements européens – élira d’abord son président, en particulier si le processus de ratification est achevé bien avant les élections européennes. La date précise à l’élection « M. ou Mme Europe » n’a toujours pas été fixée.
La grande question : qui choisir?
En l’absence de critères formels, nombreuses ont été les spéculations quant à savoir qui va occuper le poste de président de l’UE. Selon Stanley Crossick, un expert chevronné de la politique européenne et le président fondateur du European Policy Centre (EPC) – un think tank de Bruxelles – la nouvelle troïka européenne a besoin de trouver un équilibre entre les critères suivants (voir l’article porté sur Blogactiv pour lire l’analyse dans son intégralité
) :
Cependant, selon M. Crossick, le critère le plus souhaitable est la capacité de la personne à assumer la responsabilité qui lui incombe. De ce point de vue, M. Crossick soutient que la chancelière allemande Angela Merkel est la seule personne ayant l’autorité et la capacité pour assurer l’importance de la troïka et contribuerait également à un autre critère souhaitable, l’équilibre dans l’égalité homme-femme.
D’après Alain Lamassoure, un eurodéputé français qui conseille le président français Nicolas Sarkozy pour les questions européennes, développer une procédure de sélection est plus utile à ce stade que de proposer des noms.
M. Lamassoure est favorable à attendre jusqu’à la fin des élections européennes de juin 2009 avant de lancer le processus de proposition des candidats, étant donné que le paysage politique sera alors plus dégagé. Les élections devraient également permettre au principal parti politique européen d’influer sur le choix du président de la Commission, qui restera probablement le poste le plus en vue dans la nouvelle troïka. Dans cette éventualité, le choix du président de la Commission appartiendra donc au parti vainqueur des élections européennes, laissant le choix du président du Conseil au parti qui arrive en seconde place.
La liste ci-dessous donne un indication des candidats potentiels etn'est pas exhaustive:
| Nom | Famille politique | Points forts perçus | Handicaps perçus | Couverture par EurActiv |
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Tony Blair:
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travailliste |
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EurActiv (14/01/08) Juncker to become EU's first 'Mr Euro'? |
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Jean-Claude Juncker:
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chrétien démocrate |
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EurActiv (30/08/04) |
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Bertie Ahern:
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centriste |
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EurActiv (03/04/08) |
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Wolfgang Schuessel:
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chrétien démocrate |
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Jose Manuel Barroso:
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chrétien démocrate |
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Anders Fogh Rasmussen:
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libéral |
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EurActiv (15/11/07) |
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Angela Merkel:
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chrétien démocrate |
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EurActiv (07/04/08) |
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Guy Verhofstadt:
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centriste |
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EurActiv (14/03/05) |
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Aleksander Kwasniewski:
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centre gauche |
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EurActiv (10/10/05) |
Que pensent les citoyens ?
D’après un sondage de Harris Interactive publié au début du mois d’avril, la plupart des citoyens européens considère que la chancelière allemande Angela Merkel est la dirigeante qui a le plus d’influence en Europe, tandis que Tony Blair est le candidat préféré pour le poste de président de l’UE.
Cependant Mme Merkel n’est pas candidate pour le moment et les chances de Tony Blair semblent réduites en raison de l’opposition de pays comme la Belgique. Quant au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, considéré comme le candidat idéal par plusieurs pointures politiques, il n’est pas une figure reconnaissable par de nombreux. En tant que président éventuel de l’UE, on lui attribue seulement 1% de soutien en France, 2% en Allemagne, 1% en Italie et moins de 1% en Espagne et au Royaume-Uni.
Le Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, est considéré comme un bon candidat pour devenir président de l’UE. Néanmoins, il a réellement déclaré qu’il n’avait aucune intention de mettre fin prématurément à son mandat de Premier ministre du Danemark. M. Rasmussen a récemment été réélu pour un troisième mandat.