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La décision du président américain Barack Obama de prendre du recul par rapport au plan de la précédente administration, qui visait à développer un système de missiles anti-balistiques en Europe de l’Est, bloque la ratification du traité de Lisbonne par le Parlement tchèque, ont indiqué des analystes à EurActiv.
En décembre dernier, le Parlement tchèque a déçu les capitales européennes en reportant son vote sur le traité de Lisbonne, mettant un terme aux espoirs selon lesquels la République tchèque allait ratifier le traité controversé avant de prendre, le 1er janvier 2009, les rênes de l’UE pour une durée de six mois (EurActiv 10/12/08).
Parmi les principales raisons du retard figure la stratégie du Premier ministre Mirek Topolanek visant à mettre en lien la ratification de la réforme du traité de l’UE et l’approbation parlementaire d’un radar américain sur le territoire tchèque, mesure faisant partie du système anti-missile défendu par l’administration Bush.
Il y a quelques jours, le président de la Chambre des députés a annoncé que le vote aura lieu le 15 février (EurActiv 29/01/09), bien qu’il ne soit pas exclu que Prague ajourne encore la décision.
Le ministre tchèque aux Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, a déclaré hier (29 janvier) qu’il s’attendait à ce que les Etats-Unis envisagent de reporter le projet de bouclier anti-missile en Europe centrale, et ce un jour après que la Russie a réagi de manière positive au changement perceptible de la politique américaine (EurActiv 29/01/09
).
M. Schwarzenberg aurait déclaré à Vienne, où il participait à une réunion de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qu’il ne pensait pas que les Etats-Unis abandonneraient le projet, mais qu’il pouvait imaginer que celui-ci soit reporté.
« Cela n’améliore pas du tout la situation », a déclaré à EurActiv Lukas Patcha, analyste politique à Europeum, un think tank politique européen basé à Prague.
« Il semble qu’il existe un accord entre le parti principal de la coalition (au pouvoir) et le principal parti d’opposition : si l’accord sur le système de missile est approuvé, le traité de Lisbonne le sera également. Dans la mesure où le traité de Lisbonne est gelé et que le bouclier anti-missile l’est également, tout est bloqué », a-t-il expliqué.
Le parti ODS au pouvoir est lui-même divisé. « Le gouvernement et les ministres préféreraient aller dans le sens d’une ratification du traité de Lisbonne, mais les membres ODS du Parlement, et spécialement du Sénat, sont peu disposés à voter en sa faveur. Il n’est pas certain que le traité de Lisbonne ira jusqu’au Sénat. C’est pourquoi il n’y a pas encore eu de véritable tentative. Comme le gouvernement ne veut pas échouer, il préférera le reporter », a ajouté M. Pachta.
Selon M. Pachta, qui a commenté les rapports que le Sénat pourrait voter le 15 février, (EurActiv 29/01/09), il semble qu’il y ait des complications à la Chambre basse également. « Je ne pense pas que le traité de Lisbonne sera ratifié avant la fin de la présidence. Mais bien sûr, tous les représentants diront qu’ils font de leur mieux », a souligné l’analyste tchèque.
Vera Rihackova, analyste auprès du même think tank, a ajouté que la commission du Sénat a également considéré que la situation politique n’est pas favorable à la ratification du Traité de Lisbonne. Dans une déclaration, la commission du Sénat a demandé à disposer de temps supplémentaire, proposant de reporter la ratification jusqu’à la fin de la présidence tchèque.