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8 octobre 2008
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Remous en Irlande suite aux remarques de Sarkozy [FR][en][de

Publié: mercredi 16 juillet 2008   

Alors que le Premier ministre irlandais Brian Cowen a minimisé l’importance des remarques du président français Nicolas Sarkozy, qui avait estimé que l’Irlande devrait organiser un second référendum sur le traité de Lisbonne, le camp du « non » a jugé ces déclarations profondément insultantes.

« Les Irlandais devront revoter », aurait déclaré M. Sarkozy à des membres de son parti, l’UMP. Officiellement pourtant, il défend la liberté de l’Irlande de décider elle-même de la marche à suivre. 

Les dirigeants européens, craignant que leurs conseils ne s’avèrent contreproductifs, se montrent extrêmement prudents pour ce qui est d’imposer des décisions préétablies à l’Irlande. Le Conseil de l’UE a notamment décidé d’accorder un temps de réflexion aux Irlandais jusqu’au prochain sommet en octobre.

Dans le même temps, M. Sarkozy se rendra à Dulin le 21 juillet. Il s’agira selon lui d’une mission d’écoute. Dans un discours face au Parlement européen le 10 juillet, le président français a toutefois fait part de son espoir d’aboutir à une solution, en accord avec le gouvernement irlandais, en octobre ou en décembre (EurActiv 11/07/08).

Le Premier ministre irlandais Brian Cowen, qui a été informé des remarques de M. Sarkozy lors de sa visite aux Etats-Unis, a minimisé leur importance. Toutefois, son entourage politique aurait été irrité par l’intervention du président français. 

Quant au camp du « non », il devrait prendre les commentaires de M. Sarkozy extrêmement au sérieux. Aengus O'Snodaigh, du Sinn Fein, a jugé que ces remarques étaient « profondément insultantes » pour le peuple irlandais. 

D’après lui, depuis que l’Irlande a rejeté le traité de Lisbonne par une écrasante majorité, elle est soumise à d’incessantes pressions de la part des dirigeants européens, qui souhaitent lui imposer une stratégie. 

Declan Ganley, dirigeant de Libertas et sponsor de la campagne en faveur du « non », a affirmé que si un second référendum avait lieu en Irlande, la France et les Pays-Bas, qui avait rejeté la Constitution européenne, devraient alors eux aussi revoter. Dans un même ordre d’idées, Nigel Farage, leader du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni, estime que les Français et les Néerlandais devraient eux aussi avoir leur mot à dire si l’Irlande devait revoter. 

Entre-temps, le processus de ratification se poursuit sans heurts. Le Sénat espagnol a d’ailleurs donné son accord final à l’adoption du traité de Lisbonne.

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