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Banque mondiale: le marché mondial du carbone a doublé en 2008 [FR][en

Publié: jeudi 28 mai 2009   

La crise financière n’a pas entravé le marché mondial du carbone, qui a doublé l’an dernier, selon la Banque mondiale.

Contexte:

Depuis 2005, on a exigé de quelque 10 000 grandes usines industrielles d’acheter et vendre des permis pour relâcher du dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

Ce « Système d’échange d’émission » (EU ETS ; voir LinksDossier  EurActiv) permet aux entreprises qui dépassent les objectifs individuels de pollution au CO2 d’acheter des quotas aux entreprises plus vertes et aide l’UE à respecter les engagements souscrits avec le Protocole de Kyoto sur le changement climatique.

Au départ, les crédits de pollution étaient extrêmement accordés en excès, ce qui a entraîné une chute des prix du carbone à la fin de la première phase d’échange (2005-2007). Dans un tentative d’éviter un autre effondrement du marché du carbone, la Commission européenne a mis en place un plafond d’émission pour toute l’Europe de 2,08 milliards de tonnes pour 2008-2012, donnant aux Etats membres 10 % de quotas de CO2 de moins que requis pour la seconde phase d’échange (EurActiv 29/10/07).

Néanmoins, le début de 2009 a vu des baisses substantielles des prix du fait de la baisse des émissions industrielles en raison du ralentissement économique, laissant les entreprises avec un surplus de quotas.

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Autres articles:

Le marché global pour les crédits de carbone valait 86 milliards d’euros à la fin de 2008, deux fois la valeur de l’année précédente, explique un rapport publié hier (27 mai) à la conférence Carbon Expo 2009.

Le système européen d’échange d’émissions (EU ETS) a été la force d’entraînement derrière ces chiffres, représentant 73 % du marché avec des transactions à hauteur de 63 milliards d’euros. La seconde période d’échange, qui a commencé à la mi-2008, a réduit les quotas d’émissions de 10 % et a forcé les pays européens à réduire considérablement leurs objectifs suggérés.

En contraste, les marchés de compensation du Protocole de Kyoto ont été frappés de plein fouet par la récession économique quand les financements de projets sont devenus extrêmement difficiles à obtenir, a expliqué la Banque mondiale. Selon le rapport, les transactions pour les crédits de réduction d’émissions certifiés de base (CER) et pour les mécanismes de mise en œuvre conjointe (MOC) ont décliné. Les crédits CER de base sont achetés directement auprès d’entités dans les pays en développement dans le cadre du mécanisme de développement propre (MDP).

Cependant, le marché secondaire pour les crédits CER a quintuplé à la fois en valeur et en volume en 2008 comparé à l’année précédente, comptant pour 1 072 tonnes de carbone. Les auteurs du rapport concluent que les acheteurs montrent une forte préférence pour les options et les futurs contrats pour des avoirs garantis dans l’EUA (quotas ETS) et les marchés CER (secondaires).

Evolution probable du MDP

Toutefois, le rapport prédit un avenir aux crédits MDP, mais sous une forme différente. Il assure que l’engagement de l’UE de mettre à jour ses objectifs de réduction d’émissions de 20 à 30 % sous les niveaux de 1990, dans le cas où un accord climatique mondial ambitieux est trouvé à Copenhague en décembre, pourrait créer une demande de crédits pour couvrir les 300 Mt additionnels de CO2 par an sur 2013-2020.

De plus, le projet de loi climatique Waxman-Markey aux Etats-Unis, actuellement débattu à Washington, devrait obliger le pays à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 17 % en dessous des niveaux de 2005. La Banque mondiale a expliqué que la combinaison de la demande de crédits de l’UE et des Etats-Unis devrait fournir aux pays en développement une opportunité d’augmenter leur approvisionnement de crédits de réduction d’émissions.

C’est une opportunité en or qui met au défi la communauté internationale de développer de nouveaux modèles sur la façon d’augmenter l’atténuation climatique pour promouvoir un développement durable, confie le coauteur du rapport Karan Capoor. Il a déclaré que la demande moyenne serait autour de 560 millions de tonnes d eCO2 par an à partir de 2012-2020, alors que seulement près 80 millions de tonnes de CO2 ont été enregistrées dans le MDP, même lors de sa meilleure année.

 La Banque mondiale reconnaît clairement que le MDP ne pourrait pas survivre sous sa forme actuelle. L’UE voudrait voir des pays en développement avancés aller des crédits basés sur des projets vers un mécanisme de crédit sectoriel, ce qui exigerait de secteurs entiers qu’ils atteignent certaines performances avant que les crédits ne soient générés. D’autres débats se tiennent dans le contexte des négociations climatiques mondiales, où des délégués explorent la possibilité d’étendre le champ des activités d’atténuation internationales à l’agriculture (EurActiv 10/04/09) et aux crédits d’utilisation forestière (EurActiv 20/04/09). 

Joëlle Chassard, qui s’occupe des financements carbone de la Banque mondiale pour les entreprises, a déclaré dans un entretien à EurActiv qu’il devrait y avoir une nouvelle réflexion sur la manière d’améliorer l’utilisation des mécanismes de marché pour arriver à des réductions d’émissions à grande échelle (EurActiv 19/05/09).

Ce sur quoi nous travaillons – et nous le voyons vraiment comme une évolution – c’est le passage des projets aux programmes, et finalement d’aider chaque pays à adopter ses projets nationaux d’atténuation, a-t-elle ajouté, soutenant l’idée européenne d’une approche sectorielle.

Prochaines étapes:

  • 2013: entrée en vigueur de l'EU ETS révisé.
  • 2015: l'UE espèce établir un marché du carbone à l'échelle de l'OCDE.

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