EurActiv Logo
 
27 novembre 2009
Breaking News:

L'UE s'inquiète du manque d'interprètes francophones [FR][en

Publié: vendredi 25 septembre 2009   

Quelques jours avant la Journée européenne des langues de ce week-end, les institutions de l'UE ont lancé une campagne visant à encourager les jeunes francophones à envisager une carrière dans l'interprétariat, puisque la Commission européenne veut aborder le manque important d'interprètes, qui devrait toucher ses services dans les cinq ou dix ans à venir.

Contexte:

Le 26 septembre a été désigné Journée européenne des langues par le Conseil de l’Europe et la Commission européenne après l’année des langues en 2001.

Elle célèbre « le patrimoine culturel qui fait partie intégrante des langues de l’Europe » et entend montrer au public l’importance de l’apprentissage des langues et de la diversification des langues apprises pour améliorer la compréhension interculturelle.

Pour marquer le coup de la Journée européenne des langues, plusieurs évènements seront organisés dans la semaine, y compris une réunion de la Plate-forme des entreprises pour le multilinguisme à Bruxelles (22 septembre), une conférence à Luxembourg sur la façon dont la technologie peut aider les traducteurs (24 septembre), et une conférence à Bruxelles sur l’apprentissage précoce des langues, donnée par le commissaire au multilinguisme, Leonard Orban. 

Les activités visant à encourager les enfants à apprendre les langues se dérouleront Place Jourdan aujourd’hui (25 septembre), en présence du commissaire. 

Les représentations de l’exécutif européen dans les Etats membres organisent également aujourd’hui des évènements sur le thème des langues. 

Les institutions de l’UE dépensent autour d’un milliard d’euros en traduction et interprétation chaque année, ce qui représente environ 1 % du budget de l’UE ou 2,50 € par citoyen. 

72 % des documents de l’UE sont écrits originellement en anglais, 12 % en français et à peine 3 % en allemand, tandis que 88 % des utilisateurs du site web « Europa » de la Commission parlent anglais, selon les chiffres de l’exécutif de l’UE. 

A lire aussi:

Autres articles:

Mercredi (23 septembre), le site web YouTube a commencé à diffuser un clip vidéo visant à sensibiliser les jeunes personnes en France, en Belgique et au Luxembourg au métier d’interprète. 

La vidéo, intitulée « Interpréter pour l'Europe - en français external » , est aussi accessible sur les sites Internet des institutions européennes. 

Elle a été préparée par le service des interprètes de l’exécutif européen en coopération avec le Parlement européen et la Cour européenne de Justice. 

Alors qu’il va devoir faire face à l’inauguration d’un nouveau bâtiment du Conseil en 2013 et à la construction imminente d’un centre de conférence de la Commission à Bruxelles, l’exécutif européen estime qu’il aura besoin de recruter 200 interprètes de conférence de langue maternelle française dans les dix prochaines années. 

Sans augmentation majeure du nombre d’interprètes qualifiés sortant de l’enseignement supérieur dans les prochaine années, la Commission estime que les institutions de l’UE perdront presque la moitié de leurs interprètes francophones dans la prochaine décennie en raison des entrées en retraite. 

Les délégués francophones risquent de ne pas être capables de participer sur un pied d’égalité au processus décisionnel de l’UE, prévient l’exécutif de l’UE. 

D’autres langues également en danger 

De plus, l’exécutif européen s’attend à connaître un défaut de personnes qualifiées parlant anglais, allemands, italiens et néerlandais sur la même période. 

Actuellement, les institutions de l’UE font appel aux services de 335 interprètes français, dont 132 travaillent régulièrement pour la DG Interprétation. Parmi ces derniers, 59 sont des employés permanents. La Commission estime qu’il faudra recruter 2 à 3 interprètes permanents chaque année d’ici à 2020 pour répondre à ses besoins, mais seuls 11 ont été engagés dans les dix dernières années. 

75 % de toutes les réunions de l’UE sont interprétées en français, y compris la plupart de celle tenues au Conseil, au Parlement et à la Cour de justice. 

La majorité des linguistes francophones de l’exécutif de l’UE ont été nommés entre le milieu des années 1970 et le milieu des années 1980, explique la Commission. Les interprètes nommés lors de cette vague de recrutement approchent maintenant de la retraite mais n’ont pas été remplacés à la même vitesse. 

En effet, les exigences des institutions de l’UE sont si sévères que seul 30 % des candidats sont reçus, ce qui contribue à alimenter la crise actuelle. 

La campagne francophone suit une initiative similaire lancée en février à destination des anglophones, visant à faire de l’anglais une langue moins rare de peur que les institutions de l’UE ne connaissent un manque criant d’interprètes anglophones avant 2015 (EurActiv 18/02/09). 

Les interprètes de l’UE sont encouragés à apprendre d’autres langues au travail, aidant ainsi les institutions à couvrir le grand nombre de combinaisons requises pour fournir une interprétation efficace lors des réunions et des conférences. 

En effet, les 23 langues officielles actuelles constituent 506 combinaisons de traduction et d’interprétation, un nombre qui augmenterait de manière substantielle si la Croatie, l’Islande, la Serbie et la Turquie adhéraient aux Vingt-sept.

L’exécutif de l’UE s’inquiètent que, lorsque ces interprètes multilingues entreront en retraite, ils ne seront pas remplacés par suffisamment de nouvelles recrues compétentes dans les langues pivot comme l’anglais, le français, l’allemand, l’italien et le néerlandais. 

La Commission s’inquiète aussi de voir que d’autres organisations internationales importantes de l’autre côté de l’Atlantique, comme la branche des Nations unies à New York, regardent de plus en plus vers l’Europe pour satisfaire leurs besoins en interprétariat. 

Plus tard dans l’année, l’exécutive de l’UE lancera une campagne de sensibilisation similaire ciblant les locuteurs allemands ; des initiatives semblables pour le suédois, l’italien et le néerlandais suivront en 2010. 

Des évènements tournant autour des langues sont organisés en Europe cette semaine, avant la Journée européenne des langues le 26 septembre.

Prochaines étapes:

  • 25 sept. : évènements autour des langues, dans toute l’Europe
  • 26 sept. : Journée européenne des langues 
  • Plus tard dans l’année : la Commission lance un clip vidéo visant les germanophones
  • 2010  : des initiatives similaires doivent suivre à l’intention des locuteurs suédois, italien et néerlandais

Liens

Advertising
 
Supporters
Advertising