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20 août 2008
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L'utilisation des langues dans l'UE [FR][en][de

Publié: jeudi 1 décembre 2005    | Mis à jour: vendredi 7 mars 2008   

Promouvoir une économie multilingue performante, donner aux citoyens un accès à la législation, aux procédures et aux informations de l'Union européenne dans leur propre langue et encourager l'apprentissage des langues et la diversité linguistique sont les principaux objectifs de la politique de la Commission sur le multilinguisme. 

A lire aussi:

Prochaines étapes:

  • 1 janv. 2007 : création d’un portefeuille pour le multilinguisme.
  • Début 2007 : lancement d’une étude sur les nouvelles technologies et la diversité linguistique.
  • 2007 : les Etats membres ont présenté un rapport sur les actions prises pour atteindre les objectifs du plan d'actionexternal 'Promouvoir l'apprentissage des langues et la diversité linguistique', adopté en juillet 2003.
  • 26 sept. 2007 : le groupe de haut niveau sur le multilinguisme a présenté ses premières conclusions.
  • 26 sept. 2007 : la Commission a lancé la Journée européenne des langues.
  • 15 fév. 2008 : conférence ministérielle de l’UE sur le multilinguisme intitulée « Promotion le plurilinguisme, un engagement partagé ».
  • 21 fév. 2008 : séminaire external organisé par le Conseil de l’Europe et l’UNESCO sur le multilinguisme à Paris.
  • 15 avril 2008 : audition publique sur le multilinguisme.
  • 21-22 mai 2008 : le Conseil external Education, jeunesse et culture devrait adopter ses conclusions sur le multilinguisme.
  • Sept. 2008 : la Commission doit présenter sa communication soulignant une nouvelle stratégie sur le multilinguisme. 

Sommaire Liens

Le terme de 'multilinguisme' se réfère à la capacité d'une personne à utiliser plusieurs langues et à la co-existence de plusieurs communautés linguistiques dans une zone géographique donnée. Tout en soulignant le rôle de soutien des Etats membres, la Commission considère que le respect de la diversité linguistique est une valeur fondamentale de l'Union européenne. La Commission a clairement montré l'importance qu'elle accorde au multilinguisme en nommant, pour la toute première fois, un commissaire responsable du multilinguisme, Ján Figel.       

En mars 2002, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne réunis à Barcelone ont demandé l'enseignement d'au moins deux langues étrangères dès le plus jeune âge. 

En 2003, la Commission s'est engagée à lancer 45 nouvelles actions destinées à encourager les autorités locales, régionales et nationales à contribuer aussi à "un changement radical en matière de promotion de l'apprentissage des langues et de la diversité linguistique". 

La Commission soutient le multilinguisme grâce à des programmes comme le programme LINGUA, premier du genre, lancé en 1990, ou les programmes Socrates (comprenant les programmes Erasmus de mobilité des étudiants) et Leonardo da Vinci, à travers lesquels elle investit plus de 30 millions d'euros par an dans des bourses permettant la formation à l'étranger de professeurs de langues, le placement d'assistants en langues étrangères dans les écoles et le financement d'échanges de classes pour encourager les élèves à apprendre les langues. 

Les nouveaux programmes proposés qui seront mis en oeuvre à partir de 2007 (Culture 2007, Jeunes en action et Education et formation tout au long de la vie) continueront de promouvoir le multilinguisme. 

Par ailleurs, dans le cadre de l’année européenne du Dialogue interculturel 2008 (AEDI 2008external ) un groupe d’intellectuels a été créé pour conseiller la Commission sur la contribution du multilinguisme au dialogue interculturel et à la compréhension mutuelle des citoyens dans l’UE. Le groupe, présidé par l’auteur franco-libanais Amin Maalouf, a rédigé un rapport Pdf external dont les conclusions ont été présentées par le commissaire européen pour le Multilinguisme Leonard Orban, le 31 janvier 2008. 

La Commission prendra en compte les conclusions du rapport de M. Maalouf afin de préparer sa nouvelle stratégie sur le multilinguisme qui devrait être présentée en septembre 2008.

Enjeux:

Selon la Commission, pour commercer avec des sociétés implantées dans d'autres Etats membres, les entreprises européennes ont besoin de compétences dans les langues de l'Union européenne et dans celles de nos autres partenaires commerciaux dans le monde. Ceci vaut surtout pour les entreprises moyennes à forte croissance et créatrices d'emploi, qui sont les principaux moteurs de l'innovation, de l'emploi et de l'intégration sociale et locale dans l'Union. 

La Commission considère que la situation peut et doit s'améliorer et encourage donc les Etats membres à prendre des mesures supplémentaires pour promouvoir le multilinguisme des personnes et pour développer une société qui respecte l'identité linguistique de tous ses citoyens. 

La politique de la Commission sur le multilinguisme poursuit trois objectifs: 

  • favoriser une économie multilingue performante
  • donner aux citoyens un accès à la législation, aux procédures et aux informations de l'Union européenne dans leur propre langue
  • encourager l'apprentissage des langues et promouvoir la diversité linguistique dans la société.


1) L'économie multilingue
 

La Commission définit la langue comme une partie intégrante de l’identité et de la culture d’une personne. Elle fait valoir que l’apprentissage des langues étrangères nécessite également comprendre d’autres populations et leur mode de penser pour lutter contre l’intolérance, la xénophobie et le racisme.

Le pourcentage d’élèves de l’enseignement primaire qui apprennent une langue étrangère augmente. Toutefois, le nombre moyen de langues enseignées dans les écoles secondaires reste en deçà de l’objectif fixé à Barcelone en 2002 : enseigner au moins deux langues étrangères dès le plus jeune âge.    

Les progrès pour atteindre l'objectif implicite du Conseil de Barcelone de « deux langues étrangères en plus de sa langue maternelle » sont lents. Selon un récent sondage Eurobaromètre, la moitié des citoyens de l’Union affirme pouvoir tenir une conversation dans au moins une langue autre que leur langue maternelle. Le pourcentage varie selon les pays et les catégories sociales : 99% des Luxembourgeois, 93% des Lettons et des Maltais, et 90% des Lithuaniens connaissent au moins une langue étrangère alors qu’une grande majorité d’habitants de Hongrie (71%), du Royaume-Uni (70%), d’Espagne, d’Italie et du Portugal (64%) ne maîtrisent que leur langue maternelle.   

En termes d'évaluation du niveau des compétences linguistiques des jeunes Européens, les travaux sur l'indicateur européen de compétences linguistiques ont déjà bien progressé et il fournira des informations extrêmement utiles aux responsables politiques. Concernant les progrès à faire, la Commission recommande une évolution de l'enseignement d'une matière par l'intégration d'une langue étrangère (EMILE), dans lequel les élèves apprennent une matière au moyen d'une langue étrangère.   

La Commission suggère également que les établissements d'enseignement supérieur jouent un rôle plus actif dans la promotion du multilinguisme auprès des étudiants et du personnel, mais aussi au sein de la communauté locale au sens large. Elle prévient que la tendance, dans les pays non-anglophones, à enseigner en anglais au lieu de la langue nationale ou régionale peut avoir des "conséquences imprévues" pour la vitalité de ces langues.   

Concernant l'étude de faisabilité sur la création d'une agence européenne pour l'apprentissage des langues et la diversité linguistique, la Commission estime qu'un réseau européen de "centres pour la diversité linguistique" est une meilleure solution que la création d'une agence et étudiera la possibilité d'un financement pluriannuel du réseau à travers le programme proposé en matière de formation tout au long de la vie.   

Le groupe indépendant d’intellectuels mis en place par la Commission a publié un rapport Pdf external le 31 janvier 2008 intitulé « Un défi salutaire : comment la multiplicité des langues pourrait consolider l’Europe ». Le groupe a encouragé les citoyens européens à apprendre au moins deux langues étrangères et  proposer le concept de la « langue personnelle adoptive ». Le rapport envisage que tous les Européens apprennent une langue étrangère pour des raisons personnelles, peut-être pour parler la langue d’un conjoint ou pour l’envie de connaître une autre culture en complément d’une première langue étrangère apprise pour la communication internationale. Le groupe estime que ceci garantira que les Européens parlent d'autres langues que leur langue maternelle ou celle qu'ils utilisent pour des raisons professionnelles ou communicationnelles.

2) L'économie multilingue  

Le rôle des compétences à communiquer entre différentes cultures est de plus en plus important dans le marketing et les stratégies de ventes internationaux. En partant du constat que des sociétés européennes perdent des marchés parce qu'elles ne maîtrisent pas la langue de leurs clients, la Commission a publié une étude Pdf external en décembre 2006 sur l'incidence du manque de compétences linguistiques des entreprises sur l'économie européenne.

L’étude a clairement montré le lien entre les langues et les résultats commerciaux, indiquant qu’une stratégie linguistique constitue un élément clé du succès de toute entreprise européenne. La Commission est consciente de l’importance d’une politique linguistique efficace en aidant le développement des entreprises et appelle à des systèmes de certification linguistique disponible dans l’UE.

3) Donner aux citoyens un accès à la législation, aux procédures et aux informations de l'Union européenne dans leur propre langue  

L’UE adopte une législation qui est directement contraignante pour les citoyens. Il est dès lors indispensable pour la légitimité démocratique et la transparence de l’Union que les citoyens puissent communiquer avec ses institutions, lire la législation communautaire dans leur langue nationale et participer au projet européen sans être confrontés à la barrière de la langue.   

La législation européenne doit être publiée dans les langues officielles de l'UE. Les institutions européennes doivent s'adresser aux citoyens dans la langue officielle de leur choix. 

En tant qu'élément de son « plan DPdf external » visant à stimuler le débat entre les citoyens européens, la Commission envisage d'améliorer la traduction de sa communication dans les langues locales pour diffuser des messages clairs et sans jargon auprès des citoyens. Le directeur général de la DG Traduction de la Commission Juhani Lönnroth a confirmé à EurActiv que par le terme « localisation », mentionné dans le discours de la commissaire Margot Wallström sur le projet du Plan D, la Commission entend adapter le message pour qu’il soit clairement compris par les citoyens d’un Etat membre donné.

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