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Entretien : la Bulgarie est considérée à tort comme le « croquemitaine » de l’UE [FR][en][de

Publié: mardi 18 novembre 2008   

Si la Bulgarie progresse tout aussi bien sinon mieux que la Roumanie dans la réforme de son système judiciaire, elle est toutefois dépeinte négativement en vue de décourager la poursuite de l’élargissement. C’est ce qu’Andreas Geiger, du cabinet d’avocats Alber & Geiger de Bruxelles, a estimé dans un entretien à EurActiv. 

Andreas Geiger, lobbyiste pour le gouvernement bulgare, a estimé que la Bulgarie connaît de sérieux problèmes de communication avec la Commission européenne, comme le montre la correspondance entre Sofia et Bruxelles à laquelle son cabinet a accès. 

Ces problèmes ont atteint leur paroxysme avec le rapport négatif du 23 juillet (EurActiv 24/07/08). Selon M. Geiger, « de nombreux problèmes sont simplement dus à ceci : d’une part, la Commission croyait que les responsables bulgares refusaient de faire ce qui leur était demandé ; d’autre part, les Bulgares avaient le sentiment d’être traités injustement par la Commission européenne ».

M. Geiger a estime que la situation s’est désormais grandement améliorée. De nombreux fonctionnaires ont été remplacés et les nouveaux responsables affichent une volonté authentique de lutter contre la corruption et de moderniser l’administration. Il a toutefois reconnu que la Bulgarie nécessite « plus de temps » pour faire ses preuves. 

M. Geiger a fait remarquer que la Bulgarie et son gouvernement de coalition mené par les Socialistes ont été jugés plus sévèrement que la Roumanie, qui est gouvernée par le centre-droit. Il s’est néanmoins retenu d’affirmer que cette décision est d’inspiration politique. 

« Au mois d’avril de cette année, le ministre roumain de la Justice a démissionné après que son cabinet a été accusé de corruption. Au mois de mai, la ministre bulgare de l’Intérieur a démissionné à la suite d’allégation de corruption émise contre son cabinet. Nos situations sont donc identiques. Mais dans le rapport de l’UE sur la Roumanie, il est dit que la démission du ministre roumain était un bon signe car elle était la preuve que les mécanismes anti-corruptions commençaient à fonctionner en Roumanie. Quant à la démission du ministre bulgare, il s’agissait selon le rapport de la preuve que la corruption atteint des sommets en Bulgarie, et la décision du ministre était donc un mauvais signe », a souligné l’avocat. 

En outre, M. Geiger croit que la situation actuelle en Bulgarie, presque deux ans après l’adhésion à l’UE, n’est pas pire qu’elle ne l’était en Pologne ou dans les autres pays qui ont adhéré à l’UE en 2004. Selon lui, l’UE souhaite faire passer un message, selon lequel un nouvel élargissement n’est pas le bienvenu. Elle s’est donc servie de la Bulgarie comme « croquemitaine » à cette fin. 

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici. 

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