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3 décembre 2009
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L’électorat n’est guère convaincu par les succès de l’UE [FR][en][de

Publié: lundi 27 avril 2009   

A peine deux semaines avant le début officiel de la campagne européenne, les institutions européennes ont adopté une législation visant à permettre aux consommateurs d’obtenir des factures moins importantes de téléphonie mobile et d’énergie, et à améliorer l’étiquetage des biens de consommation. Toutefois, la plupart des électeurs devraient probablement rester de glace devant ces bonnes nouvelles, selon des analystes sondés par EurActiv.

Contexte:

La semaine dernière, alors que le Parlement européen touchait à la fin de son mandat de cinq ans, les législateurs européens ont diffusé plusieurs bonnes nouvelles au cours de la même journée : des messages texte et l’Internet mobile moins cher, des mesures visant à obtenir des factures de gaz et d’électricité moins importantes, des polices d’assurance moins risquées ; et des règles d’étiquetage plus strictes pour les pneus d’automobiles. 

L’augmentation des résultats du Parlement pourrait ne pas directement viser à améliorer la perception de l’UE par le public avant les élections européennes de juin. Mais le fait est que les procédures de décisions ont été accélérées afin que les eurodéputés puissent conclure des accords avec les Etats membres avant la fermeture du Parlement européen, le 8 mai.

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Autres articles:

Des politologues ont affirmé à EurActiv que ce tourbillon d’activité législative n’allait probablement pas rendre les Européens plus enthousiastes avant les élections européennes du 4 au 7 juin.

Comme c’est souvent le cas, la communication sur le projet européen reste problématique, ont-ils soutenu.

Jean-Michel De Waele, professeur de science politique à l’Université libre de Bruxelles (ULB), a déclaré que ce n’est pas des SMS ou un Internet mobile moins chers qui rendront plus amical le regard que les citoyens portent sur l’UE. Les décisions adoptées étaient positives, a-t-il déclaré, mais infimes, et ne bénéficieront qu’à un nombre limité de voyageurs réguliers. 

En comparaison avec l’ampleur de la crise économique, de telles mesures pourraient être remarquables, mais elles apparaissent comme des détails si on les compare aux difficultés de l’Union à réagir à la crise financière mondiale. Les citoyens attendent des décisions économiques audacieuses, pas de modestes extras, a-t-il poursuivi.

Le succès de l’euro mis en doute 

M. De Waele reste sceptique quant aux succès tant vantés de la monnaie unique européenne. L’adoption de l’euro, selon M. De Waele, était une opération politique majeure, mais seule une élite l’a vu de cet œil. D’après lui, l’immense majorité des citoyens reste perplexe. 

Pour de nombreux citoyens européens, l’euro est synonyme d’augmentation des prix, et le fait que l’euro offre une protection contre la crise n’est pas compris, a-t-il précisé. Mais les leaders européens ne peuvent pas dire aux citoyens que, grâce à eux, la catastrophe a été évitée, a-t-il poursuivi. 

Concernant les élections européennes, M. De Waele a affirmé que les gens voteront s’il y a un choix politique. Il a lourdement critiqué le fait que les classes politiques n’avaient pas présenté un candidat susceptible de remplacer l’actuel président de la Commission. 

Pourquoi donc le citoyen européen devrait-il se préoccuper de se rendre aux urnes ?  Pour confirmer la nomination de M. Barroso à la présidence de la Commission, a-t-il demandé sans attendre de réponse. 

Une communication médiocre sur le succès de l’élargissement

L’un des plus grands succès historiques de l’UE – son élargissement, qui équivaut à la réunification de l’Europe après la Seconde guerre mondiale, a fait l’objet d’une communication désastreuse, a déclaré il y a quelques jours le commissaire chargé des Entreprises et de l’industrie, Günter Verheugen.

M. Verheugen, qui a été commissaire à l’Elargissement de 1999 à 2004, a affirmé que la clé du succès de l’élargissement était de motiver davantage d’Européens à se rendre et voir les nouveaux Etats membres par eux-mêmes. 

En parallèle, les célébrations de l’élargissement du 1er mai 2004, vendredi prochain, devraient rester modestes, mettant en évidence un manque de volonté politique de marquer l’occasion.

Un problème de communication ?

Pour de nombreux observateurs à Bruxelles, la difficulté à susciter l’enthousiasme des électeurs à propos de l’UE réside autant dans la communication que dans la manière de la faire passer. 

Monique Goyens, directrice-générale du BEUC, l’organisation européenne des consommateurs, s’est dit persuadée que les élections sont une opportunité de faire valoir les réalisations de l’UE. Il est urgent pour les institutions européennes de se rapprocher des citoyens européens, a-t-elle poursuivi. Les élections sont une occasion unique de montrer aux gens qu’on se soucie d’eux au niveau européen, a-t-elle indiqué. 

Ce mois-ci, le BEUC a lancé une campagne visant à ce que les candidats au Parlement européen prennent en charge les questions inquiétant les consommateurs. Il a élaboré un petit guide nouant un pacte entre le Parlement et les consommateurs, afin de s’occuper des domaines dans lesquels le BEUC considère que les eurodéputés peuvent réellement faire la différence. Nous espérons que tous les partis et tous les candidats pourront soutenir cet agenda, a indiqué l’organisation. Le Pacte pour les consommateurs est directement lié à la vie quotidienne des citoyens européens, a-t-elle affirmé.

Stanley Crossick, président fondateur de l’European Policy Center, a mis l’accent auprès d’EurActiv quant au fait que de son point de vue, l’Europe avait été incapable de communiquer sur ses résultats. Voilà comment il considère la question :

  • Les institutions européennes ne disposent pas d’assez d’experts hautement qualifiés en communication ;
  • La politique en matière de communication, ainsi que sa mise en œuvre, est le plus souvent l’œuvre de la bureaucratie ;
  • Les institutions ne peuvent faire appel aux actuels conseillers en communication, au risque de conjuguer prise de décision et communication ;
  • Les contrats pour les projets de communication sont la plupart du temps conçus par des personnes qui ne sont pas expertes, puis soumis à appel d’offre. Mais il est impossible d’opérer avec la rapidité dont a besoin la communication ;
  • L’art de bien communiquer réside dans l’adaptation au destinataire : ce n’est pas ce que je dis qui compte, c’est ce que vous m’entendez dire, et
  • L’existence de plus de 20 langues complique les choses.

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