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Mettre une annonceLes socialistes au Parlement européen ont essuyé le feu de leurs membres français, qui désapprouvent la direction stratégique du groupe juste avant la plénière de juillet qui pourrait voir reportée la reconduction de José Manuel Barroso à la Commission européenne. Un reportage d’EurActiv France.
José Manuel Barroso a reçu le soutien unanime des chefs d’Etats et de gouvernement européens lors du sommet du 18 et 19 juin pour un second mandate de cinq ans à la tête de la Commission européenne (EurActiv 19/06/09).
Il doit maintenant convaincre le Parlement européen lors d’un vote qui devrait se tenir à la mi-juillet.
Cependant, l’accord des chefs d’Etat et de gouvernement européens ne semble pas recevoir le soutien des eurodéputés. Il est apparu que, alors que tous les ministres de centre gauche ont convenu de soutenir M. Barroso, les eurodéputés du groupe socialiste s’apprêtent à voter contre lui (EurActiv 19/06/09).
Le groupe des Verts s’oppose quant à lui farouchement à un autre mandat de M. Barroso (EurActiv 17/06/09). Pour ce qui est des libéraux, ils s’avèrent divisés, et plusieurs d’entre eux ne prêtent pas attention à la décision de leur meneur, Graham Watson, de soutenir M. Barroso en échange du poste de président du Parlement européen.
Les socialistes français ont remis en question le changement de nom du groupe et sa capacité à partager la présidence du Parlement avec le Parti populaire européen de centre droit, en amont de la session plénière d’ouverture de la nouvelle assemblée (du 14 au 16 juillet).
Le groupe Socialiste a récemment décidé d’incorporer les 21 membres du Parti démocratique italien et a changé de nom pour devenir l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates en Europe (APSDE) (EurActiv 25/06/09).
Mais les membres français affirment que cette décision n’aurait pas dû être prise si rapidement. Même si nous devons intégrer les Italiens, je ne pense pas qu’une alliance soit la solution, a déclaré à EurActiv France Stéphane Le Foll, le nouveau vice-président du groupe (EurActiv.fr 30/06/09
).
Les Français se battent aussi contre les appels à supprimer la rose emblématique du logo du groupe, arguant que les délégations nationales n’avaient pas encore été consultées.
Un groupe de travail de sept personnes a été mis en place pour résoudre ces problèmes et on s’attend à ce qu’il rende ses conclusions à l’automne. M. Le Foll, qui siège dans ce groupe de travail, a déclaré qu’il allait utiliser sa position pour faire connaître les inquiétudes de sa délégation nationale. Nous ne sommes pas ici pour baisser les armes complètement sur la disparition du nom, a-t-il déclaré.
Les Français ne sont pas les seuls à remettre en question le changement de nom du groupe. La délégation britannique en particulier a exprimé ses craintes que le nom APSDE puisse être confondu avec les Libéraux démocrates rivaux au Royaume-Uni.
Un autre point de désaccord porte sur la présidence de l’assemblée nouvellement élue. Dans le cadre d’un accord technique établi depuis longtemps, les Socialistes détiennent la présidence du Parlement pour deux ans et demi avant de la laisser au Parti populaire européen (PPE) de centre droit.
Mais les Français sont persuadés que cet accord ne tient plus après la lourde défaite des socialistes aux élections européennes de juin. La logique politique voudrait normalement que le PPE, qui est le groupe majoritaire, assume les résultats des élections et détienne la présidence du Parlement pour cinq ans, a déclaré M. Le Foll.
La reconduction de M. Barroso dans la balance
Derrière les négociations pour le présidence du Parlement se cache la question épineuse du soutien pour la reconduction de José Manuel Barroso pour un second mandat en tant que président de la Commission européenne.
Martin Schulz, l’eurodéputé socialiste allemand qui a été récemment réélu dirigeant du parti au Parlement européen, a déclaré envisager le partage de la présidence de l’assemblée si cela lui donnait de l’influence sur l’agenda politique de la prochaine Commission. En échange de la coprésidence du Parlement, M. Schulz semble donc prêt à assurer le soutien de son groupe pour un second mandat de M. Barroso.
Je dois me demander si je peux mettre en œuvre une meilleure politique socio-démocrate en imposant des conditions à M. Barroso, a-t-il dit lors d’une conférence de presse la semaine dernière. La question de savoir si je vais voter pour lui est ouverte, a-t-il admis
.
L’appui des socialistes à M. Barroso pourrait venir plus tard dans l’année, après le second référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, prévu pour octobre. Dans une déclaration parue le 1er juillet, M. Schulz a dit que les socialistes voulaient de la clarté sur les traités avant de prendre une décision sur le nouveau président de la Commission.
Mais les Français semblent être plus enclins à remettre les socialistes dans le camp de l’opposition et à voter contre l’ancien premier ministre portugais, même si cela doit signifier perdre la coprésidence du Parlement en cours de route.
Au-delà de l’accord technique, le vrai problème est que nous n’avons pas de candidat alternatif à M. Barroso, a expliqué M. Le Foll. Dans un entretien récent avec EurActiv France
, Martine Aubry, la première secrétaire du Parti socialiste français, a déclaré que ce n’était pas le rôle du Parlement de présenter une alternative à M. Barroso. Si M. Barroso ne réussit pas, ce qui a peu de chances d’arriver, il revient au Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement de faire une nouvelle proposition,a-t-elle déclaré.