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Mettre une annonceA quelques jours des élections européennes, les sociaux-démocrates (SPD) et les Verts allemands semblent en bonne place pour bénéficier des voix du large électorat turc du pays. Mais la démission récente de deux responsables politiques populaires d’origine turque pourrait influer sur leur vote aux élections générales allemandes de septembre ; un reportage d’EurActiv Turquie.
En 2004, il y avait 1,739 million de citoyens turcs en Allemagne, ce qui représentent 26 % de tous les étrangers enregistrés (Ausländer) et la plus importante minorité ethnique du pays. En 2005, il y avait 840 000 citoyens allemands d’origine turque. En tout, le nombre de résidents d’origine turque en Allemagne s’élève à environ 2,8 millions, ou environ 3% de la population.
Selon une étude publiée par un institut de Berlin (Institut de Berlin de la population du développement
) en 2009, les Turcs en Allemagne sont de loin le groupe le moins intégré parmi tous les immigrants, rapporte Der Spiegel. L’étude porte aussi bien sur les citoyens turcs vivant en Allemagne que sur les ressortissants allemands d’origine turque.
Le 4 mai, la secrétaire adjointe du SPD à Berlin, Canan Bayram
, a démissionné de son poste et a quitté le parti pour rejoindre les Verts quelques jours après, ce qui a fait sensation dans la communauté turque.
Mme Bayram a expliqué son geste en disant que le SPD n’appuyait pas suffisamment les politiques d’égalité des chances. Il n’y a pas assez de femmes dans la direction du parti et je n’étais pas prise au sérieux. De plus, le parti ne se préoccupe pas suffisamment de la législation pour l’égalité des genres, a-t-elle déclaré.
Avant que la tempête ne retombe, une autre responsable politique de Berlin d’origine turque a quitté les Verts pour rejoindre le SPD. Bilkay Öney a démissionné de son parti le 14 mai et passé au SPD le lendemain.
Mme Öney, une journaliste de télévision qui a rejoint les rangs du Parlement du Land de Berlin en 2006, a rejeté les allégations selon lesquelles elle aurait démissionné parce que l’arrivée de Mme Bayram la pousserait dans l’ombre. Il ne s’agit pas de jalousie entre deux responsables politiques d’origine turque, a-t-elle affirmé, mais plutôt d’une question qui devrait toucher les 80 millions d’Allemands et les 15 millions d’immigrants, a-t-elle déclaré, soutenant que les principaux partis n’avaient consenti aucun effort pour surmonter les difficultés financières qu’affrontent la minorité turque.
La responsable politique a ajouté qu’elle ne voulait pas contribuer à une coalition gouvernementale, qui s’obstinerait avec le libéral FDP à reconduire les mêmes vieilles politiques.
Je ne pense pas que ce tapage va influencer les élections européennes, mais cela peut avoir des conséquences sur les élections fédérales allemandes en septembre, a déclaré Andreas Goldberg, directeur de la Fondation Centre pour les études turques. Le peuple turc est en général assez conservateur, a-t-il ajouté, donnant en exemple le gouvernement du premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. Ce qui peut se produire dans le futur, c’est que les Turcs qui votaient traditionnellement pour les social-démocrates en Allemagne donnent désormais leur voix aux chrétiens-démocrates, a-t-il continué.
En effet, les Turcs d’Allemagne soutiennent dans leur écrasante majorité le Parti social démocrate allemand (SPD). Un sondage à la suite des élections fédérales de 2005 a révélé que près de 90 % d’entre eux ont voté pour l’alliance SPD/Verts de Gerhard Schröder.
Il y a actuellement 24 responsables politiques d’origine turque au Bundestag et aux parlements des Länder, y compris Vural Öger du SPD et Feleknas Uca du Parti de gauche. L’ancien eurodéputé Cem Özdemir a quitté le Parlement européen en novembre dernier pour devenir le dirigeant des Verts allemands (EurActiv 17/11/08).