Publié: mardi 10 octobre 2006
| Mis à jour: mercredi 10 octobre 2007
Capturer les émissions de dioxyde de carbone des centrales thermiques et les stocker sous terre est l'une des technologies développées pour lutter contre le réchauffement climatique. L'UE a créé une plateforme technologique européenne sur les centrales électriques à combustibles fossiles sans émissions et prépare un cadre législatif pour commercialiser cette nouvelle technologie.
En vue de lutter contre le réchauffement climatique, les gouvernements envisagent plusieurs solutions techniques pour maintenir le dioxyde de carbone émis dans l'atmosphère sous contrôle. L'une des techniques les plus prometteuses est la capture et le stockage de carbone (CSC, également appelée séquestration du carbone).
La capture et le stockage de carbone est un procédé technique qui sépare le dioxyde de carbone des gaz produits par les grandes centrales thermiques à l'arrêt, comprime le CO2, puis le transporte dans un endroit où il peut être conservé dans des formations géologiques ou dans l'océan. Wikipédia propose une bonne introduction sur la technique derrière la CSC
(en anglais).
La science et la technologie derrière la CSC sont déjà connues, mais ne sont pas encore utilisées en vue de réduire les émissions de CO2. De nouvelles évolutions (notamment en ce qui concerne le stockage) seront nécessaires et plusieurs obstacles devront être surmontés pour que la CSC devienne une technique de réduction des émissions de CO2 à part entière. De nombreux projets pilotes sont développés à différents stades dans le monde entier. Selon l'AIE, la technique du CSC pourrait être mise en place d'ici 2015 à plus grande échelle si ces projets pilotes obtiennent de bons résultats.
Les principaux acteurs de la CSC sont les multinationales de gaz et de pétrole (ExxonMobil, Shell, Statoil, Total et autres). Pour un aperçu des projets existants, voir la carte des projets de capture de CO2 existants
et le document de la Commission sur les projets de stockage et de capture de CO2 en Europe
.
Dernières évolutions en date :
- L'UE a créé en 2005 une plateforme technologique européenne sur les centrales électriques à combustibles fossiles sans émissions. Son objectif est de construire des centrales électriques sans émissions de dioxyde de carbone d'ici 2020. La plateforme est composée de 25 membres de l'industrie, de la recherche, des autorités et des ONG.
- En septembre 2006, la plateforme technologique européenne a présenté son programme de recherche stratégique et une stratégie de déploiement.
- La Commission est membre du "Carbon Sequestration Leadership Forum
" (forum directif pour la séquestration du carbone), un cadre international de coopération pour la recherche et le développement sur la CSC.
- En septembre 2007, les résultats d'une consultation publique menée par la Commission sur les technologies à faible émission de carbone a révélé un scepticisme siginificatif du public sur la contribution potentielle de la CSC et des technologies similaires dans la lutte contre le changement climatique (EurActiv
21/09/07
).
La CSC est une technique qui comporte plusieurs difficultés :
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Améliorer l'économie:
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- L'AIE estime aujourd'hui que les coûts liés à la CSC "sont compris entre 40 et 90 dollars par tonne de CO2 capturé et stocké, selon le carburant de la centrale électrique et la technologie utilisée." L'essentiel des coûts concerne la capture du CO2. D'ici 2030, ces coûts pourraient être inférieurs à 25 dollars, selon l'AIE.
- Utiliser la CSC avec de nouvelles centrales électriques augmenterait les coûts de production d'électricité de 2 à 3 centimes de dollars / kWh.
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Intégrité du stockage sur le long terme - problèmes de fuites :
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- L'une des principales questions est de savoir si le CO2 stocké peut être conservé sans fuite sur de longues périodes. Les projets de stockage actuels comme le projet Statoil Sleipner ne conservent du CO2 que depuis 1996 et ne peuvent donc pas prouver que ce type de stockage est sûr à long terme.
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Confiance du grand public dans la CSC :
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- Le soutien du grand public à la technique de CSC sera déterminant. Selon une étude britannique (Tyndall 2004
), le grand public dispose de peu d'informations et se montre donc assez sceptique. La CSC n'est pas une solution aussi populaire que l'énergie éolienne, houlomotrice, marémotrice et solaire, mais elle est préférée au nucléaire.
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Sélection des sites :
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- Il faudra absolument choisir le site avec précaution en menant des procédures de vérification optimales et en établissant des outils de contrôle.
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Cadre législatif et juridique :
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- Plusieurs systèmes internationaux liés à la protection de l'écosystème marin et au changement climatique (UNCLOS, London Protocol, OSPAR, Kyoto et autres) en vigueur poseront d'importants problèmes d'ordre juridique à la CSC. Il est important de déterminer si le CO2 stocké doit être considéré comme un déchet. Pour une bonne présentation des problèmes juridiques, voir le rapport 2005 de l'AIE
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Responsabilité :
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- Les questions de droits de propriété et de responsabilité devraient être les plus épineuses. Il s'agit ici de la propriété du CO2 stocké et de la responsabilité en cas de fuites.
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Impacts environnementaux :
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- Il faut mener plus de recherches sur les éventuels effets sur l'environnement de la rétention de CO2 et des fuites dans les environnements marins et terrestres.