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Head of Unit - Corporate Services M/F (Grade AD 10)
Permanent representative in Madrid
Principal, Border Management Staff College (P5)
Stagiaire / Trainee - for the leading EU policy media
Junior Scientific and Technical Advisor
Assistant Communications & Public Affairs Departments
Mettre une annonceHier (2 juillet), les experts de l’énergie et éditorialistes à Moscou ont tourné en ridicule les recommandations de l’UE de remplir les réserves de gaz rapidement tant que les prix sont bas, afin de se préparer à un possible interruption de l’approvisionnement en énergie cet hiver alors que les tensions entre la Russie et l’Ukraine ont refait surface à l’occasion d’un litige de paiement.
Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a mis en garde les dirigeants européens lors du sommet du 19 juin : les nations européennes ne doivent pas se fourvoyer dans une autre crise gazière, dont il dit qu’elle pourrait frapper l’Europe dans quelques semaines ; les tensions entre l’Ukraine et la Russie ont repris récemment (EurActiv 19/06/09).
L’Ukraine transporte la majeure partie des approvisionnements de gaz russe vers l’Europe et cherche 4 à 5 milliards de dollars pour accumuler un stock de gaz avant l’hiver, au moment où la demande devrait augmenter d’un tiers (EurActiv 17/01/09).
Gazprom doit stocker du gaz en Ukraine, parce que la capacité du système de transit ne lui permet pas, lors d’un hiver froid, de satisfaire complètement à la demande européenne sans recourir aux installations ukrainiennes de stockage souterrain. Gazprom affirme qu’il ne peut stocker de gaz en Ukraine de peur que Kiev ne s’en serve à des mauvais desseins.
Le 29 juin, l’Ukraine et la Russie ont entamé des négociations avec des prêteurs internationaux et l’UE : des prêts aideraient Kiev à payer le gaz russe et éviteraient une nouvelle crise qui couperait tout approvisionnement à l’Europe (EurActiv 30/06/09).
Après une rencontre du Groupe de coordination européen du gaz le 2 juillet, la Commission a recommandé
aux Etats membres de mieux se préparer pour l’hiver prochain et de remplir leur capacité de stockage de gaz avec toutes les sources disponibles.
Le quotidien russe Vremya Novostey a raillé cette décision, la traitant comme un autre témoignage de l’impuissance des bureaucrates européens.
L’éditorialiste Alexei Grivach explique que remplir les capacités de stockage de gaz de l’Europe de l’Ouest alors que les pays d’Europe de l’Est et les Balkans souffrent toujours de déficits d’approvisionnement et manquent d’alternatives en terme de routes d’approvisionnement, cela n’améliorera en rien la situation des pays les plus vulnérables.
La Bulgarie, la Slovaquie et la Grèce, mais aussi d’autres pays de l’ancienne Yougoslavie, non membres de l’UE, restent les plus vulnérables aux difficultés prévisibles du transit de gaz à travers l’Ukraine. Les tentatives de Sofia d’améliorer ses stockages de gaz pour augmenter leur contenance, ainsi que la signature d’un contrat entre la compagnie slovaque SPP et l’allemand E.ON Ruhrgas pour la fourniture de 500 millions de mètres carré de gaz par an, et enfin les efforts d’Athènes de développer les importations de GNL n’y remédiera pas, écrivent les auteurs.
Vremya Novostey a tourné en ridicule les appels de la Commission à injecter le gaz dans les stocks, rappelant que c’est ce que font les entreprises européennes depuis trois mois, sans l’aide des conseils de Bruxelles.
La logique, selon l’article, est plutôt économique : les prix du gaz de Gazprom étaient élevés au début de l’année, atteignant de 430 à 470 dollars pour mille mètres cube, et durant cette période les pays européens ont préféré utiliser le gaz de leur stocks, accumulé lors de l’été précédent. Mais les prix ont chuté dans le second trimestre, au niveau de 230 à 250 dollars au 1er juillet, et les entreprises ont maintenant recommencé à remplir leurs stocks.
Le coût politique élevé du différend Ukraine-Russie
Cependant, d’autres experts ont exprimé des inquiétudes sur le prix politique que payait la Russie pour ses différends successifs avec l’Ukraine concernant le paiement du gaz.
Bulat Nigmatulin, directeur adjoint de l’institut russe pour les problèmes des monopoles naturels (http://ipem.ru/
) a déploré le conflit. Aussi longtemps que nous serons en conflit avec l’Ukraine, l’UE perdra confiance en nous, et nos ventes baisseront, a-t-il déclaré.
Konstantin Simonov, chef du fonds russe pour la sécurité énergétique nationale, a mis en garde sur le fait que la part du marché du gaz russe en Europe n’était pas aussi importante que ce que beaucoup pensent. Elle était de 25 % l’année précédente, mais elle est tombée à 16 % lors du premier trimestre de cette année, a-t-il dit, confirmant les mauvaises prévisions pour les ventes russes (EurActiv 25/06/09).
M. Simonov a expliqué que le meilleur moyen pour la Russie de maximiser les revenus de ses ventes à l’Europe était de vendre le gaz aux utilisateurs finaux. Il a déploré que jusqu’ici, seule l’Allemagne ait autorisé un tel accès à Gazprom.
En Europe, certaines personnes - je les appelle les talibans libéraux –pensent que la route vers la prospérité passe par la libéralisation de tous les marchés. Mais ces « fondamentalistes » peuvent en fait nous aider, car le point principal est que chaque vendeur de gaz devrait être capable de signer des contrats avec les utilisateurs finaux, a expliqué M. Simonov.
Gennady Ryabtsev, un expert ukrainien cité par le quotidien ukrainien Kommersant, a affirmé que l’appel de la Commission lancé aux pays de l’UE pour remplir leurs réserves de gaz diminuait les chances de Kiev d’obtenir des prêts des institutions financières européennes.
Je doute que la Commission européenne s’implique énormément dans une recherche des fonds dont l’Ukraine a besoin. Il s’agirait plutôt de quelque chose à gérer entre les banques européennes et l’ukrainien Naftogaz, d’après M. Ryabtsev.
L’économie actuelle russe dépend beaucoup plus des ventes de pétrole et de gaz qu’en 1998, a déclaré Katinka Barysh, directrice adjointe du Centre pour une réforme européenne dans un nouvel article intitulé « La Russie : histoire de deux crises ». En 1998, les ventes de pétrole et le gaz ont atteint 44 % des revenus de l’exportation ; cette part a maintenant dépassé les deux tiers. De nombreuses industries manufacturières et de service sont directement ou indirectement liées au secteur des ressources, écrit l’auteur.