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3 décembre 2009
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Une nouvelle crise gazière est probable, selon les régulateurs [FR][en][de

Publié: mercredi 21 octobre 2009   

La probabilité de nouvelles perturbations d’approvisionnement du gaz en Europe cet hiver a de sérieuses conséquences pour l’image du gaz à longue échéance, a déclaré lors d’un entretien avec EurActiv Walter Boltz, chef de l’organisme de régulation énergétique autrichien E-Control.

L’Europe devrait travailler cet hiver à l’hypothèse d’une crise d’approvisionnement en gaz comparable à celle de janvier dernier, quand la Russie avait cessé d’approvisionner l’Ukraine en raison d’un différend sur les paiements, a déclaré M. Boltz.

La situation de base entre l’Ukraine et la Russie ne s’est pas beaucoup améliorée, et les problèmes de paiements reviennent sur le devant de la scène tous les mois, a-t-il expliqué, pointant du doigt la situation financière difficile de l’ukrainien Naftogaz et les prochaines élections de janvier en Ukraine, qui rendent la situation politique imprévisible.

Je dirais qu’il y a de fortes chances pour qu’une crise similaire puisse se reproduire, a conclu M. Boltz.

Un problème fondamental est encore présent, selon l’autrichien : le système de transport ukrainien de gaz construit par l’Union soviétique n’était pas fait pour transporter le gaz depuis la Russie et le faire transiter via l’Ukraine vers l’Europe. Il fut plutôt mis en place pour pomper le gaz du nord et l’entreposer dans des installations de stockage plus proches de l’Europe pour que, lorsque vient l’hiver, l’Ukraine de l’Est puisse recevoir ses approvisionnements de la Russie. Ce gaz pourrait alors être pompé cette fois à destination de l’Europe de l’Ouest, a-t-il expliqué.

De ce fait, si l’Ukraine ne dispose pas de niveaux de stockages suffisants, elle ne sera pas en mesure de fournir l’Europe en gaz en hiver, a résumé M. Boltz. La quantité de stockage est un secret d’Etat en Ukraine, mais les Russes ont fait valoir que celui-ci était insuffisant, a-t-il déclaré.

Le régulateur en chef a ajouté que cette fois ci, les gens étaient conscients des conséquences négatives et seraient moins inclinés à laisser la situation se perpétuer. Il a averti qu’une autre crise porterait un coup sérieux à l’industrie gazière, et que plusieurs années seraient peut être nécessaires pour s’en remettre.

Ce que les compagnies gazières nous disent, c’est qu’il est très difficile de vendre des procédés de gaz  à de nouveaux consommateurs de nos jours. Très peu de personnes souhaitent passer au gaz car ils ont toujours en tête /le risque d’une coupure de gaz, a affirmé M. Blotz.

Ceci est bien entendu très mauvais, parce que le gaz a perdu son image de source d’approvisionnement sûre et compatible avec l’environnement, a-t-il ajouté. Une nouvelle crise pourrait conduire à une désaffection massive à l’égard du gaz à un moment où les considérations climatiques indiquent que sa part dans la production d’énergie devrait être au contraire plus importante, a-t-il expliqué.

Néanmoins, M. Boltz a admis que l’UE serait probablement capable de mieux répondre cette fois ci, alors que des investissements ont déjà commencé à affluer dans des projets visant à construire des installations à contre courant en Europe de l’Est et Centrale.

De plus, le règlement proposé par la Commission européenne sur la sécurité d'approvisionnement pour le gaz apporte une bonne réponse en obligeant les pays à mettre en place des plans d’urgence et éviter des actions unilatérales, a expliqué le régulateur en chef. Mais il a mis en garde le Parlement européen et le Conseil contre l’acceptation des demandes de certains Etats membres, qui souhaitent transformer le règlement directement applicable en une directive que chaque pays pourra transposer dans sa loi nationale.

Alors que les Etats membres ont très souvent fait un travail médiocre en termes de transposition, je pense qu’il est nécessaire que ce texte reste un règlement, a expliqué M. Boltz, étant donné l’urgence et le retard naturel qui résulterait d’une directive.

Sur le plus long terme, la demande volatile pour le gaz a démontré que l’industrie devra repenser les contrats de long terme qu’elle a conclu avec les pays fournisseurs tels que l’Algérie, la Russie et la Norvège, a averti M. Boltz. Ce dernier a mis en avant le problème suivant : les prix de ces contrats sont maintenant deux fois plus élevés que ceux du marché, l’approvisionnement et la demande en baisse sont complètement déséquilibrés l’un par rapport à l’autre.

Le régulateur en chef prédit que de nombreuses sociétés auront cette année des difficultés à décharger des approvisionnements sous contrat alors que les installations de stockage sont déjà pleines.

Il reste à voir à quel point les différents producteurs sont flexibles en matière d’étirement de la délivrance des volumes de gaz ou à quel moment ils vont dire qu’ils ont besoin de liquidités et ce tout de suite, sans s’inquiéter de ce qui est fait par la suite avec le gaz, a-t-il expliqué.

Walter Boltz se confiait à Susanna Ala-Kurikka

Pour lire l'entretien dans son intégralité, cliquez ici.

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