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Sommet : l’UE et la Russie revoient leurs ambitions à la baisse [FR][en][de

Publié: vendredi 26 octobre 2007   

L’énergie et le commerce sont prioritaires à l’ordre du jour des négociations à haut niveau entre l’UE et la Russie qui doivent commercer aujourd’hui, 26 octobre, à Mafra au Portugal. Cependant, les deux parties ont revu leurs attentes à la baisse concernant l’issue du sommet.

Contexte:

Malgré le nombre de problèmes irrésolus, les relations commerciales et les investissements sont en pleine expansion entre l’UE et la Russie. La Russie est le troisième partenaire commercial de l’UE, après les Etats-Unis et la Chine. Le commerce bilatéral représente plus de 210 millions d’euros par an.

En 2005, la Russie a fourni plus de 40 % des importations européennes de gaz naturel et plus de 30 % des importations de pétrole brut. C’est pourquoi la coopération stratégique dans le domaine de l’énergie est au centre des relations UE-Russie.

La Russie est le seul pays avec qui l’UE organise deux sommets par an, au lieu d’un. La rencontre d’aujourd’hui intervient à un moment crucial, dans la mesure où la Russie va organiser des élections législatives en décembre et des élections présidentielles en mars 2008. 

Aujourd’hui, 26 octobre 2007, le sommet devrait laisser plus de questions sans réponse que de solutions, dans la mesure où le nombre de problèmes irrésolus concernant le commerce, l’énergie et les questions internationales dans les relations entre l’UE et la Russie a régulièrement augmenté au cours des derniers mois.

Lors d’une déclaration au Parlement européen le 24 octobre, Benita Ferrero-Waldner, commissaire aux Relations internationales, a annoncé que même si plusieurs problèmes n’étaient pas résolus, l’UE et la Russie progresseront sur certaines questions et établiront les bases pour le travail à venir concernant la transition en Russie.

Alors que certains diplomates européens ont fait part de leur frustration sur l’état des relations entre l’UE et la Russie et sur le peu de progrès qui seront accomplis durant le sommet, d’autres saluent une « nouveau réalisme », marqué par des attentes revues à la baisse dans les deux camps.

S’adressant à EurActiv, Elena Prokhorova, une analyste au Centre UE-Russie, a déclaré que la principale différence entre ce sommet et les sommets précédents est que « les attentes ne sont pas très élevées, mais elles sont réalistes ». Jusqu’à présent, le partenariat stratégique entre l’UE et la Russie a « perdu toute orientation », estime l’analyste. Mme Prokhorova juge cette évolution positive, même si aucune avancée n’est attendue du sommet.

Les questions fondamentales à la table des négociations à Mafra au Portugal comprennent :

  • Energie

L’UE devrait souligner sa réflexion derrière le récent paquet sur la libéralisation de l’énergie de la Commission, particulièrement la clause de réciprocité dans les relations énergétiques avec les pays tiers. Cette clause vise à protéger l’infrastructure énergétique européenne du contrôle des pays tiers en obligeant les entreprises étrangères à « séparer » leurs activités de production et de transmission en Europe avant de pouvoir obtenir une participation majoritaire dans les entreprises énergétiques européennes.

L’ambassadeur de la Russie auprès de l’UE, Vladimir Chizov, a déclaré aux journalistes avant le sommet que cette clause était difficilement compatible avec les principes d’un marché ouvert.

Le sommet devrait également approuver un nouveau mécanisme d’alerte rapide afin de prévenir les crises potentielles d’approvisionnement en énergie. Les perturbations de l’approvisionnement ces dernières années via l’Ukraine et le Belarus ont suscité des inquiétudes dans l’UE.

Cependant, le mécanisme devant être approuvé n’a pas de statut juridique, selon les hauts responsables de la Commission. Par conséquent, les engagements envers un système d’alerte rapide restent une déclaration politique, jetant des doutes sur l’efficacité probable du mécanisme.

  • Commerce

L’UE compte donner un « nouvel élan » au processus d’adhésion de la Russie à l’OMC et la Commission s’est montrée confiante, estimant que les négociations progresseront substantiellement sur le sujet. Les hauts fonctionnaires de la Commission ont déclaré, avant le sommet, qu’il y avait une forte volonté d’achever le processus avant la fin de l’année.

Mais le désaccord politique concernant les importations de viande polonaise en Russie est toujours d’actualité et la Pologne a annoncé qu’elle bloquerait l’adhésion de la Russie à l’OMC si cette querelle commerciale n’est pas résolue.

Pendant ce temps, les résultats des récentes élections en Pologne, donnant Donald Tusk favori au poste de nouveau Premier ministre, ont fait naître des espoirs de résoudre la crise politique continue depuis deux ans et ouvre la voie à la conclusion d’un nouvel accord de partenariat et de coopération (APC).

  • Coopération anti-drogue

Un protocole d’accord entre l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) et le Service fédéral russe de contrôle des drogues sera signé en marge du sommet.

  • Coopération transfrontalière 

La Russie et l’UE devraient intensifier la coopération transfrontalière. Une contribution financière de la Russie aux programmes de l’UE devrait faciliter les problèmes d’encombrement aux points de passage de la frontière.

  • Acier

Un accord bilatéral sur l’acier sera également signé, comme élément d’une révision annuelle, en marge du sommet UE-Russie. 

  • Survol de l’espace aérien sibérien

Le différend de longue date concernant le survol de l’espace aérien sibérien n’est toujours pas résolu et, d’après Mme Ferrero-Waldner, les chances de signer un accord lors de ce sommet sont très minces. L’UE souhaite un abandon progressif des redevances imposées par la Russie aux compagnies aériennes européennes pour le survol de la Sibérie, d’ici 2014.

  • Questions internationales

D’importantes questions internationales concernant les Balkans, le Moyen-Orient ainsi que les conflits gelés en Géorgie et en Moldavie seront également abordées lors du sommet. Pour l’UE, un accord sur le statut définitif du Kosovo est une priorité politique majeure.

Pourtant, les positions sur ce sujet divergent considérablement. Alors que l’UE soutient « l’indépendance surveillée » du Kosovo, la Russie insiste sur la nécessité d’obtenir le consentement de la Serbie quelle que soit la solution.

Les discussions entre les Serbes et les Kosovars conduite par une troïka internationale n’aboutiront probablement pas un accord global d’ici le 10 décembre, date à laquelle le « groupe de contact » doit faire son rapport à l’ONU.

Positions:

Avant le sommet, Amnesty International a appelé l’UE à faire pression pour obtenir des progrès en matière de droits de l’homme. Dans une déclaration du 25 octobre, Amnesty International écrit qu’un an après l’assassinat de la journaliste et militante pour le respect des droits de l’homme Anna Politkovskaya, les activistes de la société civile et les médias continuent à subir des pressions et des menaces. L’organisation de défense des droits de l’homme déplore également de violentes attaques racistes et l’apparente réticence des autorités à enquêter et poursuivre en justice les auteurs de ces actes.

Pour Dick Oosting, directeur du bureau européen d’Amnesty International, ce ne sont que quelques exemples des violations graves des droits de l’homme qui se produisent en Russie actuellement et qui minent la crédibilité du pays comme acteur et partenaire clé.

Avant le sommet, Human Rights Watch a critiqué l’absence d’engagement soutenu et cohérent des responsables européens concernant les droits des l’homme, dans la mesure où le respect de ces droits est en constante détérioration en Russie.

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