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3 décembre 2009
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La Commission dévoile un « plan emploi » en amont des élections [FR][en][de

Publié: jeudi 4 juin 2009   

Un plan de 19 milliards d’euros pour relancer le marché de l’emploi en Europe en période de crise a été salué par les PME, mais a été rejeté par les syndicats et des entrepreneurs, qui le considère peu judicieux.

Contexte:

De nouveaux chiffres publiés cette semaine montrent des niveaux alarmants de chômage à travers l’Europe (EurActiv 3/6/09). Dans l’eurozone, les taux de chômage ont atteint 9,2 %, un taux jamais vu depuis dix ans ; les analystes prédisent qu’il continuera à grimper si la récession s’aggrave. 

On constate des différences importantes dans les taux de chômage en Europe, qui vont de 3 % aux Pays-Bas à 18,1 % en Espagne. 

Cependant, des dirigeants d’entreprises n’ont cessé de mettre en garde contre une « inadéquation » des compétences en Europe, en affirmant que quatre millions de postes vacants restaient non fournis parce que les travailleurs ne disposaient pas des compétences correspondantes aux besoins des entreprises d’aujourd’hui (EurActiv 3/3/09).

A lire aussi:

Autres articles:

Dans une communication destinée à limiter la menace d’un chômage de masse, l’exécutif européen va rendre disponible une enveloppe de 19 milliards d’euros pour soutenir les personnes frappées par la crise économique.

Ce plan a été publié alors que des millions d’électeurs se préparent à se rendre aux urnes cette semaine pour les élections européennes, en commençant par le Royaume-Uni et les Pays-Bas aujourd’hui (4 juin).

Cependant, les groupes de défense d’intérêts des entrepreneurs et des ONG ont rejeté ce plan à cause de son manque d’ambition. BusinessEurope a déclaré que la Commission européenne avait adopté une approche réglementaire d’une portée limitée dans différents domaines tels que le travail de court terme, tandis que la Confédération européenne des syndicats (CES) a estimé que cette stratégie n’était ni plus ni moins que la reformulation de programmes existants.

Le plan, rendu public hier (3 juin), inclut des prêts à destination de ceux qui ont des difficultés à obtenir des crédits afin de débuter une affaire. Un ensemble de programmes de formation pour les petites entreprises et d’apprentissage pour les jeunes gens sans emplois sont proposés, ainsi que des programmes pour aider à ce que la demande rencontre l’offre.

La crise a commencé dans le secteur financier mais tout le monde en ressent aujourd’hui les effets, a déclaré Vladimir Špidla, le commissaire européen à l’Emploi.

Nous devons nous concentrer sur la manière de mettre les jeunes au travail, et nous ne pouvons pas les laisser manquer leur entrée sur le marché du travail, a t il ajouté.

Points clefs du plan emploi européen :

  • rediriger 19 milliards d’euros de dépenses planifiées dans le cadre du Fonds social européen, afin d’aider les personnes à rester au travail ou à avancer vers un nouvel emploi, en mettant à jour les compétences, en encourageant l’entreprenariat et en améliorant les services publics de l’emploi dans le cadre du Fonds ;
  • réallouer 100 millions d’euros du budget européen existant qui – combiné avec le financement d’institutions financières internationales, en particulier la Banque européenne d’investissement – fournira plus de 500 millions d’euros pour la création d’un nouveau service de microcrédit européen. Ces microcrédits vont venir soutenir ceux qui risquent de ne pas obtenir de fonds pour monter une entreprise, par exemple les chômeurs récents, et vont venir renforcer l’emploi dans les microentreprises qui connaissent une contraction du crédit ;
  • un engagement à fournir au moins cinq millions de postes d’apprentis à travers l’UE pour les jeunes ;
  • le soutien à des programmes visant à maintenir un emploi viable via le travail de court terme et l’apprentissage ;
  • une aide immédiate pour les chômeurs afin d’éviter le risque d’un chômage de longue durée et la perte des compétences pertinentes, y compris des propositions selon lesquelles une opportunité de formation ou de travail devrait être fournie au plus tôt à chaque personne sans emploi ;
  • aider les plus désavantagés à retrouver un emploi, par exemple, grâce des coûts du travail non salariaux moins élevés, des incitations au recrutement et la promotion d’opportunités d’emplois peu qualifiés dans l’entretien ou les services de soins ;
  • un nouveau service en ligne « match and map » pour aider les chercheurs d’emploi à voir quels emplois vacants pourraient correspondre à leurs compétences en Europe ;
  • un accent mis sur la mise à jour des compétences et une meilleure correspondance avec les besoins du marché du travail, avec une analyse sectorielle des besoins du marché de l’emploi européen, par la Commission, aujourd’hui et dans le futur, y compris les compétences « vertes » ;
  • une « trousse à outils » pratique pour aider les entreprises, les travailleurs et leurs représentants à mieux gérer et anticiper les restructuration d’entreprise, et ;
  • un guide pour la formation dans les petites entreprises pour aider les PME à maintenir et obtenir les compétences dont elles ont besoin.

Positions:

Avec l’annonce du plan, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a affirmé que l’UE agissait rapidement pour gérer la crise, y compris sa dimension sociale. Par exemple, nous injectons des milliards d’euros dans le soutien européen au recyclage des travailleurs par le Fonds social européen, ce qui aide considérablement plus de neuf millions de personnes par an à trouver un emploi, a affirmé M. Barroso. 

Cependant, cette stratégie a essuyé les critiques des syndicats et des responsables politiques de gauche. La Confédération européenne des syndicats (CES) a déclaré que la Commission répondait à une situation exceptionnelle en proposant de poursuivre sur la lancée de ses priorités existantes. Le CES a demandé à ce que 1 % du PIB soit investi pour rendre l’économie plus verte et pour engager des politiques qui puissent rendre plus sûr le marché du travail.

L’insuffisance de la demande est le problème clé auquel nos économies doivent faire face  aujourd’hui, a déclaré le secrétaire général du CES, John Monks. Vouloir aider le monde des affaires en abaissant les coûts hors-salaire, cela n’aidera pas à résoudre le problème, selon lui. Au lieu de cela, cela va provoquer des stratégies concurrentes de réductions des coûts tout en sapant les revenus de base des systèmes de sécurité sociale dont nous avons si urgemment besoin en ces temps de crise, a-t-il expliqué. 

BusinessEurope, un groupe d’intérêt des entreprises, a averti que la Commission ne s’avançait pas suffisamment dans la réglementation du travail à court terme. La flexisécurité reste le meilleur choix pour moderniser le marché du travail en Europe, selon lui. 

Le président de BusinessEurope, Ernest-Antoine Seillière, a déclaré que la Commission identifie les secteurs prioritaires et les nouvelles possibilités de financement afin d’aborder la hausse des pertes d’emploi. Mais la question principale en ces temps difficiles, continue-t-il, reste l’approche de la flexisécurité.

L’UEAPME, un organisme représentant les PME et les artisans, a salué les différentes mesures proposées par la Commission. La stratégie se concentre sur les priorités adéquates, et a trouvé le bon équilibre entre l’offre et la demande d’emploi sur le marché du travail, a-t-il affirmé.

La directrice des affaires sociales et de l’emploi à l’UEAPME, Liliane Volozinski, a déclaré que les vœux du groupe pour une mise à l’honneur de la flexisécurité lors des réformes du marché de l’emploi avaient été pris en compte. 

En ce qui concerne l’offre, améliorer les compétences afin de répondre aux besoins du marché du travail est une priorité clef pour les PME, qui éprouvent des difficultés à recruter des travailleurs qualifiés, en particulier dans la tourmente actuelle. La Commission s’est fixé un objectif ambitieux aujourd’hui, en appelant les Etats membres à garantir qu’au moins cinq millions de jeunes Européens auront accès à des apprentissages avant la fin de 2010, a-t-elle expliqué ; nous nous réjouissons de cette proposition, puisque la formation professionnelle est un des meilleurs moyens de trouver un emploi.

Cependant, nous nous demandons comment cet objectif pourrait bien être atteint en l’absence de mesures de soutien pour les PME et les artisans, qui fournissent la majorité des apprentissages et seront moins enclins à accueillir des apprentis en ces temps de réduction de l’activité économique, a conclu Mme Volozinski.

Pour le président du Parti socialiste européen, Poul Nyrup Rasmussen, il est vital de d’agir en force. 

Si votre maison était en feu, il ne servirait à rien d’attaquer les flammes avec un verre d’eau. Les propositions de la Commission seraient appropriées si la crise était moins grave, mais la Commission ne semble pas réaliser la taille du problème auquel on fait face, a-t-il affirmé. 

Selon M. Rasmussen, faire appel aux fonds du Fonds social européen pour combattre le chômage n’est pas la réponse adéquate. C’est une Commission faible et conservatrice, qui propose une réponse faible et conservatrice à la plus grave crise sociale depuis des décennies, a-t-il affirmé.

Conny Reuter, le président de la Plateforme sociale, une ONG, déclare que cette communication connaît deux principaux problèmes. Tout d’abord, elle met l’accent sur la baisse des taxes et des contributions sociales pour les entreprises – tout sauf une approche moderne qui n’a pas été efficace par le passé – qui va à son tour priver les systèmes de protection sociale des investissements, alors que les services qu’ils offrent sont encore plus nécessaires durant une crise pendant laquelle on prévoit que le chômage atteigne 11 % cette année, affirme t il. 

Ensuite, le processus de l’élaboration de cette communication a été extrêmement limité. Loin d’être un réel engagement conjoint pour l’emploi, cette communication ne se réfère qu’au travail réalisé avec les partenaires sociaux et néglige la prise en compte de l’expertise précieuse de la communauté des ONG – qui sont souvent en première ligne lorsqu’il s’agit de s’occuper des conséquences de la crise – ainsi que des associations de villes et de régions.

Anne-Sophie Parent, la directrice de AGE, la Plateforme européenne des personnes âgées, a déclaré que ce plan contenait quelques éléments bienvenus. La proposition de la Commission de suspendre temporairement l’obligation pour les Etats membres de fournir un cofinancement national pour le FSE est une bonne idée, affirme-t-elle. Cela devrait aider les projets à démarrer plus vite en ces temps de récession, mais la question demeure ouverte sur l’utilisation du FSE pour soutenir les travailleurs de tous les âges, a-t-elle ajouté.

Les travailleurs plus âgés font face à des risques plus importants de chômage de longue durée en raison de la crise, et nous craignons que certains des Etats membres puissent ne pas les inclure dans les groupes cibles pour bénéficier du soutien du FSE. La discrimination en fonction de l’âge dans l’emploi est plus aigüe que jamais, selon Mme Parent. 

Prochaines étapes:

  • 18-19 Juin : les dirigeants européens discuteront de la stratégie pour l'emploi lors d'un Sommet européen à Bruxelles.

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