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21 novembre 2009
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L’office européen des brevets étudie l’innovation écologique [FR][en][de

Publié: vendredi 6 novembre 2009   

L’Office européen des brevets (OEB) s’est engagé dans une étude détaillée pour établir une carte de la croissance de l’éco-innovation depuis l’introduction du protocole de Kyoto sur le changement climatique. Cette étude vient en amont du sommet des Nations unies sur le climat à Copenhague qui doit se tenir le mois prochain, alors que les principaux acteurs industriels se rangent derrière les technologies vertes.

Contexte:

L’Année 2009 de la créativité et de l’innovationexternal a coïncidé avec un intérêt politique grandissant pour l’innovation. La Commission européenne publiera une législation sur l’innovation au printemps 2010 (EurActiv 24/09/09). 

Cependant, la crise économique a fortement touché les demandes de brevets, et le Bureau des brevets européens connaît un déclin du nombre de nouveaux brevets, ce qui prédit des temps difficiles pour les industries innovantes européennes (EurActiv 28/10/09). 

En parallèle de cet intérêt plus important pour l’innovation, l’Europe a piloté son économie vers un chemin plus écologique en amont dusommet climatique de Copenhagueexternal . Le plan de relance économique de l’UE comportait une série de mesures destinées à stimuler l’économie.

 Néanmoins, des inquiétudes existent quant à la bataille que livre l’Europe pour concurrencer les investissements lourds réalisés par la Chine, le Japon ou la Corée du Sud en matière d’éco-innovation (EurActiv 02/11/09). 

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Autres articles:

Les dirigeants d’entreprise placent leurs espoirs dans l’éco-innovation, qu’ils considèrent comme une solution aux problèmes concomitants du changement climatique et de la crise financière. Cependant, les données précises dans ce domaine sont rares, rendant difficile toute quantification de l’exacte étendue du secteur européen de l’éco-innovation. 

Cela changera en avril prochain, au moment de la publication par l’OEB external des premiers résultats d’un projet essentiel s’intéressant à l’augmentation des nouveaux brevets pour les technologies liées à l’environnement.

Cette enquête étudiera également l’évolution du paysage des brevets verts depuis le Protocole de Kyoto de 1997 et examinera comment les entreprises ont répondu aux incitations et aux signaux politiques.

Un porte-parole de l’OEB a déclaré que le rapport était à l’origine prévu pour coïncider avec la conférence de Copenhague mais qu’il devrait désormais être dévoilé à temps pour une conférence de la présidence espagnole de l’UE en 2010 sur l’innovation dans le secteur des énergies renouvelables. 

Les données brutes de l’OEB montrent que les demandes de brevets pour les technologies environnementales connaissent une croissance rapide. Dans les 10 ans qui ont suivi 1998, les demandes de brevets pour des innovations dans les nouvelles énergies ont augmenté en moyenne de 6 % par an.

Les technologies énergétiques de l’éolienne, des piles à combustibles et du photovoltaïque ont connu la plus importante croissance depuis la fin des années 1990.

Les Etats-Unis, le Japon et les Pays-Bas sont en tête avec le nombre le plus important d’innovations dans le secteur des nouvelles énergies, avec des entreprises comme General Electricexternal Siemensexternal et Nissanexternal , qui ont déposé le plus grand nombre de demandes de brevets. 

Les PPP pourraient être au cœur de l’éco-innovation 

Des liens plus étroits pourraient être tissés entre les secteurs public et privé et devenir la marque de fabrique de l’industrie verte européenne émergente, selon les dirigeants industriels et politiques réunis à Bruxelles pour un séminaire sur l’éco-innovation, organisé par le Lisbon Council.

Marcel Haag, chef d’unité ayant la solidarité pour objectif stratégique au secrétariat général de la Commission européenne, a déclaré que les secteurs public et privé allaient devoir travailler main dans la main pour produire des innovations. Les innovations ne peuvent pas être créées par le seul secteur public ou par le seul secteur privé, a-t-il dit. 

M. Haag a affirmé que le changement climatique et l’innovation seraient des priorités essentielles de la nouvelle Commission européenne. Il a mis en avant le système d’échange d’émissions de l’Union (EU ETSexternal ), qui donne un prix au carbone, comme étant un potentiel facteur d’innovation future. Cependant, M. Haag a cherché à tempérer les attentes en ajoutant que l’UE pouvait agir uniquement dans les domaines où une intervention communautaire apporte une réelle valeur ajoutée. 

Le régime de propriété intellectuelle est un goulet d’étranglement majeur en ce qui concerne l’incitation à l’innovation, a-t-il dit, ajoutant que réaliser des progrès sur ce problème perpétuel était une priorité pour l’UE. 

Les partenariats public-privé (PPP) vont également aider à pousser les futures technologies vertes, a-t-il dit, mettant en avant les Initiatives technologiques conjointes (ITCexternal ) et le plan de relance économique européenPdf external , qui prévoit plusieurs PPP dans des domaines comme les transports électriques. 

Nous sommes actuellement en train de voir comment nous pourrions obtenir plus de « kilométrages » des PPP grâce à une meilleure coordination entre les parties prenantes et la simplification des ITC qui sont très complexes, a déclaré M. Haag.

Cependant, Tom Barrett, directeur à la Banque européenne d’investissement (BEIexternal ), a prévenu que les PPP n’étaient pas toujours la bonne solution. Il a affirmé qu’ils pouvaient être des instruments compliqués et même devenir des obstacles lorsqu’il s’agit de sécuriser un soutien public pour de grands projets.

M. Barret a mis en avant l’importance d’une réelle compréhension de ce qui marche et ne marche pas avec les PPP.

Les gros bras de l’industrie se rangent derrière les technologies vertes

Les principaux géants de l’industrie technologique, notamment Googleexternal Philipsexternal  et IBMexternal , pèsent de tout leur poids – et de leur pouvoir financier – pour le développement de technologies plus vertes.

Harry Verhaar, directeur du changement climatique et de l’énergie chez Philips, a déclaré que les économies d’énergie venant de l’éclairage et de l’isolation aideraient à réduire l’empreinte carbone de l’Europe tout en générant un nombre important d’emplois.

Les technologies énergétiques sont la prochaine vague économique, a-t-il dit, ajoutant que les Etats-Unis, la Chine et la Corée du Sud avaient déjà beaucoup investi dans les énergies vertes. 

M. Verhaar a expliqué que l’éclairage comptait pour 19 % de la consommation énergétique mondiale et que la technologie utilisée dans ce secteur était fortement inefficace.

120 milliards d’euros pourraient être économisés en utilisant des éclairages plus efficients et cela signifiera moins de centrales électriques nécessaires. De plus grandes économies peuvent être réalisées en améliorant le patrimoine immobilier européen, puisque 99 % des bâtiments ont besoin d’être rénovés, selon M. Verhaar. Il a déclaré que la France, par exemple, devra rénover 1 000 maisons par jour jusqu’en 2050 afin de satisfaire à ses objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. 

Il ne s’agit pas d’un sacrifice. Cela va apporter de l’emploi, du confort et des factures moins importantes, a-t-il dit.

Positions:

 Benjamin Kott, qui s’occupe des entreprises vertes européennes à Google, a déclaré que fournir des informations au public aidera à changer effectivement les comportements. Google et le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) travaillent afin de visualiser les données climatiques sur Google Earth avant le sommet de Copenhague. 

Nous avons besoin de fournir des informations aux consommateurs à propos de leur budget carbone, ainsi que des détails sur la manière de gérer leur empreinte carbone et les informations sur les programmes de financement dans ce domaine, a-t-il dit.

M. Kott a ajouté que Google avait radicalement réduit sa propre empreinte carbone et a affirmé que ses centres de données étaient désormais les plus efficients au monde. L’entreprise investit 50 millions d’euros dans les prochaines générations de renouvelables, a-t-il plaidé.

Antonio Pires Santos, directeur général de la branche énergie et services chez IBM Europe, a déclaré que son entreprise avait réduit son empreinte carbone de 40 % comparé aux niveaux de 1990, et qu’il espérait une réduction supplémentaire de 12 %.

En tant que société,  nous devons montrer l’exemple, a-t-il dit.

IBM estime que pour chaque euro dépensé dans l’efficacité énergétique, deux euros sont récupérés. M. Pires Santos a estimé que des technologies améliorées et une plus grande intelligence signifiaient que les outils pour réduire les émissions existaient, mais il a ajouté que le combat serait gagné ou perdu dans les villes.

IBM travaille avec plusieurs autorités publiques pour mettre en avant l’éco-efficacité, y compris des collaborations avec l’Autorité portuaire de Rotterdam et le gouvernement de Malte en ce qui concerne les utilisations intelligentes de l’eau.

Il a déclaré qu’une éco-économie émergerait de cette période de turbulence financière, ajoutant que les éco-innovations devaient avoir une réelle valeur ajoutée pour produire un changement. 

David Wortmann, vice-président et directeur de la planification stratégique pour l’Europe chez First Solar external a averti que la société se dirigeait vers un système de conflit et avait besoin de choisir la route qu’elle entendait prendre. Il a déclaré que les décideurs politiques devaient aider à gérer les problèmes d’incertitude.

Prochaines étapes:

  • Printemps 2010: La Commission européenne devrait publier l'Acte européen d'innovation 
  • Avril 2010L’OEB publiera les premiers résultats du projet majeur basé sur la croissance des nouveaux brevets pour les technologies qui ne nuisent pas à l’environnement.

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