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Mettre une annonceDes violences à l’encontre des juifs se propagent dans les villes européennes à la suite de l’invasion de la bande de Gaza par Israël dans un contexte de craintes liées à la résurgence de l’antisémitisme en Europe.
Israël a lancé une offensive terrestre sur le territoire palestinien de Gaza plus tôt cette semaine (3 janvier) dans le cadre de son opération « Plomb durci » lancée le 27 décembre 2008. Avant d’envoyer des tanks et des troupes terrestres, Israël a conduit des attaques aériennes dans la bande de Gaza contre des positions du Hamas. Ces opérations ont suivis le pilonnage d’implantations israéliennes par des Palestiniens, qui ont tiré des roquettes Kassam et des mortiers de fortune, tuant des civils et causant de la panique.
L’UE s’est battue pour développer une réponse commune à la crise. En effet, la présidence tchèque a admis une bourde qui semblait légitimer l’offensive terrestre israélienne, au moment où les autres leaders européens ont condamné l’intensification de la violence et appelé à un cessez-le-feu immédiat.
La promotion du dialogue entre les principales religions, en particulier avec l’islam, est devenue un thème central de l’Année européenne du dialogue interculturel 2008 (EurActiv 09/01/08).
L’année a été marquée par une série de discours prononcés par d’éminents chefs religieux et culturels lors des sessions plénières du Parlement européen, notamment par le grand mufti de Syrie Ahmad Badr Al-Din Hassoun (EurActiv 16/01/08) et par Sir Jonathan Sacks, grand rabbin des congrégations juives du Commonwealth britannique (EurActiv 20/11/08).
Depuis le début des hostilités, des agressions contre des juifs, des attaques contre des synagogues et des violences sporadiques ont été rapportées en France, en Belgique, en Suède, au Danemark et au Royaume-Uni.
En France, qui accueille les plus importantes communautés juive et musulmane d’Europe de l’Ouest, la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie a rencontré les chefs religieux et les représentants de la police lundi (5janvier) afin de « préserver l’unité nationale », selon l’International Herald Tribune.
Une voiture en feu a été propulsée contre une synagogue dans la ville française de Toulouse plus tard cette nuit, incitant le leader juif local Armand Partouche à exprimer sa crainte par rapport à la résurgence de l’antisémitisme et au fait que l’actuel conflit à Gaza ne se déplace dans la république, selon l’agence de presse AP.
Des attaques contre des magasins kasher de Bordeaux, une synagogue de Toulon, l’appartement et la voiture d’un rabbin à Paris ont également été rapportées la semaine dernière.
De plus, des slogans anti-israéliens ont été affichés sur l’ambassade israélienne de Suède au cours du week-end, selon la presse. Des manifestations pro-palestiniennes dans les villes belges de Bruxelles et d’Anvers ont également entraîné des actes de violence mardi (6 janvier).
Au Royaume-Uni, le Community Security Trust (CST), qui lutte contre l’antisémitisme au Royaume-Uni, a rapporté 24 incidents dans le pays perpétrés à l’encontre de la population juive depuis le 29 décembre. Cela pourrait s’empirer, a déclaré à la presse le porte-parole Mark Gardner, soulignant qu’on a tendance à considérer que ce type d’événements arrive par vague.
Réagissant aux résultats du CST, Chris Huhne, porte-parole des libéraux démocrates sur les affaires intérieures, a enjoint le gouvernement britannique de renforcer la présence policière à Londres et à Manchester, villes où la population juive est importante.
Le mois dernier, à la suite de la publication d’un rapport par le Réseau européen contre le racisme, des préoccupations ont fait surface par rapport au fait que l’extrémisme et le racisme sont des phénomènes en augmentation aux quatre coins de l’Europe, et que les discours politiques racistes sont de plus en plus courants dans les politiques européennes dominantes (EurActiv 03/12/08).
Parallèlement, une nouvelle campagne cherche à diffuser un message athéiste parmi les Britanniques. La campagne athéiste sur les bus, dévoilée la semaine dernière, affiche sur 800 bus du Royaume-Uni, pays de plus en plus laïque, le message suivant : il n’y a probablement pas de Dieu, arrêtez de vous en faire et appréciez la vie.
Le président français Nicolas Sarkozy a publié une déclaration, selon laquelle « la France ne saurait tolérer que la tension internationale se traduise par des violences communautaristes». Quant à la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie, citée par l’AFP, elle a déclaré : « Ma préoccupation, c'est qu'elle [la situation internationale] ne dégénère pas dans notre pays, que la violence ne soit pas importée ».
Chris Huhne, ministre de l’Intérieur du shadow cabinet britannique, député libéral démocrate, a indiqué, qu’il est profondément préoccupé par la preuve qui se trouve dans le rapport de la Community Security Trust selon laquelle l’invasion de Gaza a été utilisée comme un prétexte pour menacer la communauté juive du Royaume-Uni.
La communauté a déjà dû investir de manière importante pour renforcer la sécurité, et ce même pour les institutions publiques telles que les écoles religieuses juives entretenues par l’Etat, selon le conseil des forces de police locales, a ajouté M. Huhne.
L’envoyée palestinienne auprès de l’UE Leila Shalid a déclaré à la radio française RMC-Info que l’incident de Toulouse reflète la colère croissante parmi la population musulmane française, qui représente 5 millions de personnes, par rapport au conflit de Gaza. Elle a indiqué que l’incident affreux de Toulouse – l’attaque à la voiture contre un lieu de culte –, est un événement inacceptable, mais qui découle des images provenant de Gaza.
Dominique Sopo, qui dirige le groupe anti-raciste français SOS Racisme, a indiqué que l’attaque de Toulouse avait très probablement un lien avec le conflit de Gaza. Ceux qui veulent importer le conflit du Moyen-Orient ici n’aident pas les Israéliens, ni les Palestiniens, à moins qu’ils arrivent à expliquer comment ils améliorent la situation à Gaza en attaquant un juif en France ou comment ils protègent Israël en s’en prenant à un Arabe, a-t-il déclaré.
L’Union des étudiants juifs de France a condamné l’attaque de la semaine dernière en la qualifiant d’incident antisémite. Nous ne pouvons pas permettre que le conflit du Moyen-Orient brise nos vies, a indiqué l’association.
La Community Security Trust britannique, qui lutte contre l’antisémitisme au Royaume-Uni, a prévenu que les attaques sur les juifs pourraient augmenter à la suite de l’invasion. Des manifestations violentes contre Israël dans un grand nombre de villes britanniques augmentent les possibilités que de nouveaux incidents soient commis, a indiqué le groupe dans une déclaration.
Des dirigeants des communautés juives et musulmanes d’Anvers ont condamné récemment les actes de violence opposant juifs et musulmans, perpétrés dans la ville belge. Les juifs et les musulmans d’Anvers ne partagent pas les mêmes vues sur ce qui est en train de se dérouler au Moyen-Orient, mais ce n’est pas une raison pour déclencher un conflit ici, ont-ils souligné. Nous sommes tous Anversois, que nous soyons Flamands, Belges ou des voisins, peut-on lire dans une déclaration commune.
Commentant le mois dernier la publication d’un rapport sur le racisme en Europe, Mohammed Aziz, président du Réseau européen contre le racisme (ENAR), a qualifié le racisme de phénomène croissant et persistant aux quatre coins de l’Europe, qui a des répercussions néfastes sur toutes les questions relatives aux vies des minorités ethniques et religieuses.
Au mois de novembre dernier, un dirigeant juif de haut niveau a indiqué aux eurodéputés que le dialogue ne suffisait pas pour rapprocher les citoyens européens et a appelé à l’établissement de relations fondées sur des engagements pour développer des liens sociaux plus étroits entre les différents peuples d’Europe.
Le dialogue pourrait ne pas suffire étant donné que les mots ne peuvent pas toujours nous unir si d’autres forces nous déchirent. C’est ce qu’a indiqué Sir Jonathan Sacks, grand rabbin des congrégations juives du Commonwealth britannique, s’adressant au Parlement dans le cadre de l’année européenne du dialogue interculturel de 2008.