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L’extrémisme et le racisme progressent sur l’ensemble du territoire européen, et les propos politiques racistes sont de plus en plus fréquents dans les courants dominants de la politique européenne. C’est ce qu’indique un rapport publié le 1er décembre par le Réseau européen contre le racisme (ENAR).
En 2000, la Commission européenne mis en place deux directives visant à empêcher les discriminations à l’encontre de citoyens européens fondées sur la race et l’origine ethnique (directive
sur l’égalité des races) ainsi que sur la religion ou la croyance, l’âge et l’orientation sexuelle (directive cadre pour l’emploi).
Ces deux directives définissent un ensemble de principes qui offrent à tous les Européens un niveau minimum commun de protection juridique contre la discrimination.
Elles procèdent directement de l’article 13 du traité
établissant la Communauté européenne et ont été unanimement acceptées par les gouvernements européens dans les 18 mois précédents l’entrée en vigueur du traité d’Amsterdam en mai 1999. Tous les Etats membres de l’UE sont supposés les avoir transposés
dans leurs ordres juridiques nationaux avant la fin de 2003.
Cependant, ce procédé n’a pas été uniformément mis en œuvre par tous les Etats membres de l’UE. La Commission a maintenant entamé des procédures d’infraction
à l’encontre de ceux qui n’ont pas respecté les dates limites pour s’y conformer et qui n’ont pas demandé de période supplémentaire pour s’assurer de la réalisation de la transposition.
Selon les données collectées, les crimes racistes et les mauvais traitements infligés aux minorités religieuses et ethniques semblent de plus en plus acceptés, y compris parmi la police et les autorités pertinentes. Le document passe en revue 25 rapports nationaux préparés par les membres de l’ENAR.
Le rapport de l’ENAR admet que des progrès ont été réalisés notamment par rapport à l’éducation des minorités ethniques. Il mentionne en outre l’impact positif de la directive relative à l'égalité raciale dans les Etats membres de l’UE, indiquant toutefois que dans de nombreux pays, cette législation n’a pas été suffisante pour transposer tous les aspects du droit de l’égalité raciale.
Selon Mohammed Aziz, président de l’ENAR, le rapport démontre que le racisme est un phénomène envahissant et persistant dans toute l’UE, qui a des répercussions néfastes sur tous les aspects de la vie des minorités ethniques et religieuses. Nous demandons aux décideurs européens d’adopter une approche européenne de collaboration pour affronter le problème du racisme, a-t-il déclaré, soulignant que l’efficacité doit être renforcée par une surveillance attentive et des sanctions.
En 2007, la Commission européenne a écrit à 14 Etats membres afin de leur témoigner son insatisfaction à l’égard du manque de transposition suffisante, les menaçant de répercussions.
Les immigrés, des citoyens de seconde classe?
Selon le rapport, on constate de plus en plus que l’immigration et les immigrés sont perçus négativement en Europe. En outre, le rapport souligne le fait qu’un certain nombre de politiques menées par les gouvernements ont eu un impact négatif sur la vie des immigrés dans les Etats membres et il laisse entendre que les immigrés sont considérés comme des citoyens de seconde classe.
Un porte-parole de l’ENAR a déclaré que les politiques doivent être fondées sur une approche en termes de droits de l’homme, et doivent s’assurer qu’il n’y a pas de discours négatif sur la migration.
Faible performance de la justice criminelle?
Peu de progrès ont été réalisés par les gouvernements pour répondre aux problèmes auxquels sont confrontés les minorités religieuses et ethniques, indique le rapport. Ce constat résulte, selon le document, des mesures de lutte contre le terrorisme et du profilage racial.
Un porte-parole de l’ENAR a expliqué que le problème des mesures de lutte contre le terrorisme est qu’elles tendent à stigmatiser les communautés musulmanes et assimilent l’islam et le terrorisme. L’ENAR espère également voir la fin des activités de profilage racial qui sont menées sans justification.
Pas assez d’action pour les minorités ethniques
Bien que les minorités ethniques soient de plus en plus prises en considération par les stratégies nationales d’inclusion sociale, le rapport montre qu’il y a des fossés dans les politiques et leur application, et que l’impact des mesures d’inclusion sociale n’atteint pas tout son potentiel.
Un porte-parole de l’ENAR a indiqué que la plupart des politiques visant à améliorer l’inclusion sociale des minorités ethniques étaient très vastes, et a appelé les gouvernements à faire plus pour viser des groupes ethniques spécifiques.