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Le prochain Président de la Commission devra défendre l'innovation [FR][en][de

Publié: lundi 8 juin 2009   

L'exécutif européen devrait charger son prochain président de développer une politique d'innovation harmonisée dans le but de remédier à la fragmentation de l'infrastructure de l'innovation en Europe et de tirer les bénéfices de l'investissement dans la recherche, selon une figure incontournable de l'industrie chimique.

Contexte:

L’innovation est devenu le mot à la mode dans les cercles politiques européens ces dernières années, et a connu son apogée en 2009 désignée Année européenne de la créativité et de l’innovation (voir EurActiv LinksDossier). Les programmes d’innovation ont aussi été intégrés dans la plupart des plans de relance économique des Etats membres européens. 

Cependant, on a largement critiqué l’échec apparent de la coordination des politiques d’innovation à une échelle mondiale. Des problèmes similaires sont souvent mis en lumière par les analystes des politiques européennes de ce domaine, avec l’apparition de conflits entre les initiatives qui sont lancées à travers les Vingt-sept. 

Le rapport « Stimuler l’information », qui doit être publié en juillet, soutiendra que, bien que les gouvernements du G20 aient préparé 200 milliards de dollars pour les programmes d’innovation, on a constaté un manque de réflexion conjointe sur la mise en œuvre de ces projets (EurActiv 04/06/09).

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Autres articles:

Le Dr Wolfgang Plischke, membre du comité chez Bayer AG et vice-président de l’organisme industriel des produits chimiques Cefic, a affirmé que l’Europe a tous les ingrédients en main pour une politique de l’innovation cohérente, mais ceux-ci doivent être réunis au sein d’un cadre commun. 

Lors d’une conférence sur l’innovation et la crise climatique, organisée par ENDS Europe, il a affirmé que l’injection de davantage de fonds dans les programmes de recherche existants n’aidera pas, à moins que le système politique soit réformé. 

L’innovation a besoin d’un champion au plus haut niveau. Le prochain président de la Commission devrait guider la politique d’innovation et encourager les gouvernements nationaux à collaborer, a-t-il déclaré. 

M. Plischke a affirmé que l’UE a une grande quantité d’initiatives relatives à a recherche, mais devrait mettre ces réflexions en relation. Avoir 27 approches différentes n’aide en rien. Obtenir des solutions innovantes ne signifie pas toujours démarre par la recherche, a-t-il affirmé. 

Selon ce spécialiste de l’industrie chimique, la proportion de dépenses de recherche et développement dédiées à l’innovation reste modeste, et l’accent devrait être davantage mis sur l’émergence de nouvelles idées. Il a aussi souligné que l’industrie réclame à cor et à cri un cadre politique fiable afin de préparer le développement de futurs produits. 

La situation change constamment, à l’image de la situation dans les Etats membres. Nous poussons la Commission à travailler en direction d’une politique harmonisée, a conclu M. Plischke.

Positions:

Gert-Jan Koopman, directeur à la DG Affaires économiques et financières de la Commission européenne, a déclaré qu’il était un peu inquiet par l’idée que Bruxelles puisse coordonner l’innovation dans les Etats membres et l’industrie.  

Il a affirmé que la Commission devrait s’en tenir à ce qu’elle sait bien faire, tout en ajoutant que la prochaine révision de la Stratégie de Lisbonne devrait porter un regard neuf sur le « triangle de la connaissance » composé de la recherche, de l’éducation et de l’innovation. M. Koopman a déclaré que la crise voulait également dire que l’UE avait besoin de repenser son approche de l’emploi, de la vieillesse et de l’environnement.

Nous utilisons beaucoup d’argent public, de plus en plus rare, et il est donc important que nous liions cet argent avec la durabilité, argumente t il.

Il a déclaré que concevoir le bon ensemble d’incitants financiers sera crucial pour encourager les produits durables et les services transfrontaliers. Ces incitations, a-t-il ajouté, devrait être sur la même ligne en Europe pour éviter la fragmentation.

Doreen Fedrigo, coordinatrice de l’unité politique européenne au Bureau européen de l’Environnement, a déclaré que les débats sur l’innovation devraient être élargis pour couvrir l’innovation sociale et la créativité. Elle a affirmé qu’il était important de considérer la relation entre technologie et comportement humain.

Si nous ne changeons pas notre comportement, nous risquons de perdre de potentiels gains technologiques. Une partie de l’innovation sociale dont nous avons besoin implique les citoyens dans la politique de développement, a-t-elle expliqué.

Fedrigo a mis en avant que faire des changements minimes et par paliers aux systèmes existants de production et de consommation sera insuffisant. Elle a affirmé que le débat devrait se concentrer sur la suffisance plutôt que sur l’efficacité, et que les citoyens devront commencer à utiliser leur quota de ressources disponibles.

Nous devons reconnaître que nous ne pouvons pas continuer sur le chemin qui est le notre. Nous avons besoin de faire la transition vers une société post-consumériste, et cela inclura des choses pratiques telles que rendre plus aisé l’accès aux transports publics – il est moins cher de prendre l’avion qu’un train, pour faire en sorte que les citoyens reçoivent des messages mixtes, a-t-elle ajouté.

Alessandro Vitelli, directeur d’IDEAcarbon, un cabinet de consultance sur le financement du carbone, a déclaré que les marchés joueront un rôle clef pour diriger l’innovation durable.

Les marchés sont la force motrice qui nous tirera hors de cette crise. Les marchés sont dangereux – les gens y perdent et y gagnent de l’argent – mais ils sont une manière efficace d’assurer la transition vers une économie pauvre en carbone, a-t-il affirmé. 

Selon M. Vitelli, on assiste à une tendance qui ignore le fait que retirer le carbone des produits sera difficile et coûteux, mais il a répété que les marchés finiront par trouver la manière la plus concurrentielle de le faire. 

Le marché mondial du carbone va devenir le plus grand jamais vu. Maintenant que l’environnement a un prix, le marché va s’infiltrer dans les coûts de production et permettre aux consommateurs de faire un choix informé, a-t-il expliqué. Il a ajouté que les responsables politiques doivent réglementer le marché afin que les alternatives « pauvres en carbone » et « sans carbone » jouent à jeu égal.

Luigi Meli, directeur général du CECED, qui représente les producteurs d’appareils électroménagers, a déclaré que l’innovation aidera l’Europe à sortir de la crise économique. 

L’innovation doit trouver sa place dans le processus législatif. Il ne suffit pas de parler de politique d’innovation. L’innovation doit faire part de la prise de décision et de sa mise en œuvre, a-t-il conclu.

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