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7 septembre 2008
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Entretien : les dirigeants européens ne sont pas assez fermes sur les droits de l’homme [FR][en][de

Publié: jeudi 17 juillet 2008   

Dans un entretien à EurActiv, l’eurodéputée socialiste Ana Maria Gomes (Portugal) a affirmé que l’UE et la présidence française doivent se pencher davantage sur des questions telles que la bonne gouvernance et les droits de l’homme sur le plan international, notamment en Russie et en Chine, qui accueillera les Jeux olympiques de Pékin.

Même si Mme Gomes admet que le programme européen du président français Nicolas Sarkozy est « ambitieux », elle a déploré ses lacunes dans le domaine de la coopération pour le développement, estimant que la présidence actuelle adopte un « profil faible et défensif » sur le sujet. « Il est choquant que les termes "bonne gouvernance" et "droits de l’homme" ne soient jamais mentionnés dans le document de travail élaboré par la présidence française », a-t-elle déclaré.

D’une manière générale, les dirigeants européens « ne sont pas assez fermes », a-t-elle avancé. En prenant l’exemple de la Chine, elle a souligné que « nous ne devrions pas hésiter à amener ce pays à faire face à ses obligations », ajoutant que malgré la position de la Russie en tant que principal fournisseur d’énergie de l’Europe, « nous ne pouvons pas accepter le chantage ».

« Il nous faut des leaders forts, forts dans leurs valeurs et forts dans la stratégie et les tactiques pour y parvenir », mais « nous n’avons pas de tels leaders pour le moment », a-t-elle déclaré, faisant notamment référence à son compatriote, le président de la Commission José Manuel Barroso. Tout en soulignant les compétences de ce dernier, elle a regretté : « Je ne pense pas qu’il montre pour l’Europe  l’ambition que j’aurais aimé voir de la part d’un président de la Commission européenne». Elle estime que cela pourrait notamment être dû au fait que, dans la mesure où il a obtenu ce poste au lendemain d’une grave défaite de son parti aux élections nationales, M. Barroso « a évidemment été désigné pour plaire à tout le monde et ne pas pousser pour une Europe ambitieuse ».

Elle a insisté sur le fait que le Parlement devrait également jouer un rôle dans les relations avec les pays tiers. Elle espère en outre que la présidence française saura se montrer à la hauteur et parvenir à des résultats concrets au niveau international.

S’agissant de la controverse provoquée par la décision de M. Sarkozy d’assister aux Jeux olympiques de Pékin cet été, Mme Gomes estime que c’est là une décision justifiée, affirmant que les Jeux ne devraient pas être boycottés puisqu’ils ont toujours constitué une opportunité de faire valoir les droits de l’homme. « Je ne critique pas M. Sarkozy pour sa décision d’assister aux Jeux (…) Mais puisqu’il a décidé d’y assister, il est maintenant tenu par d’autres obligations. Il a l’obligation de soulever clairement et ouvertement la question des droits de l’homme », a-t-elle affirmé.

Selon elle, il ne s’agit pas seulement d’améliorer la situation des droits de l’homme en Chine et au Tibet, mais également de discuter du rôle actuel de la Chine dans de nombreuses nations et régions, notamment le Zimbabwe, la Birmanie et le Darfour. 

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici. 

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Jim Murray, Former Director, BEUC
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