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La Suède, qui endosse la présidence tournante de l’UE à partir du 1er juillet, a prévenu qu’elle ne s’engagera pas dans la résolution de problèmes bilatéraux impliquant le litige frontalier Croatie-Slovénie, le conflit de nom qui oppose la Grèce et la Macédoine, et les tensions couvant entre la Russie et l’Ukraine sur le transit du gaz, a déclaré hier (22 juin) son président des Affaires étrangères.
Avec le leitmotiv « Assumer les défis », la Suède monte à la barre de l’UE à une époque difficile, quand l’incertitude menace les changements institutionnels de l’Union tandis que l’Europe affronte sa pire récession économique depuis les années 1930 (voir LinksDossier EurActiv sur la présidence suédoise de l’UE).
Les officiels suédois ont souligné qu'ils se préparaient pour le sommet sur le changement climatique à Copenhague, qui devrait débattre de la suite du Protocole de Kyoto en décembre prochain, en tant qu’objectif principal (voir LinksDossier EurActiv sur « Changement climatique : en route pour Copenhague »).
Sur l’élargissement, la Suède n’a pas fixé de grande priorité. Stockholm espère que l’UE décidera en automne d’abolir les exigences de visa pour les pays qui ont satisfait à ses conditions (Macédoine, Monténégro et Serbie, selon des rapports).
Interrogé par des journalistes sur la question de savoir si Stockholm avait l’intention de chercher une solution au conflit frontalier entre la Slovénie et la Croatie, qui entrave les négociations d’adhésion de Zagreb, le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt a répondu avec un « non » franc et carré.
Avons-nous l’intention de faire quelque chose ? La réponse est non, a-t-il dit. Il existe différentes obstructions de la part des deux pays, et je dirais qu’il est temps maintenant d’avoir une période de réflexion, a-t-il poursuivi.
C’est un conflit bilatéral, a-t-il expliqué : la responsabilité de la résolution de conflits bilatéraux revient aux pays eux-mêmes. Ils ne devraient pas en faire souffrir les négociations d’adhésion, à notre avis, mais ils l’ont quand même fait. Il est temps maintenant pour les pays de se pencher sur la question et nous verrons si cette réflexion porte ses fruits, tôt ou tard, a déclaré M. Bildt, lors d’une adresse à la presse et tandis qu’il présentait les priorités de la présidence européenne du pays à Bruxelles.
Quelques jours plus tôt, la Slovénie et la Croatie ont fait voler en éclats tout espoir de résolution de leur vieux conflit frontalier, s’accusant l’un l’autre de la responsabilité de l’impasse (EurActiv 19/06/09). Tant les Français que les Tchèques, au cours de leurs présidences de l’UE, ainsi que la Commission européenne, consenti des efforts importants dans la recherche d’un compromis.
M. Bildt, qui peut se vanter d’un nombre impressionnant de résolution de conflits dans les Balkans lors des guerres successives ayant suivi l’effondrement de l’ex-Yougoslavie, s’est fendu de quelques blagues acides, en suggérant qu’il préférait rester à distance de la région. Selon lui, il n’y a pas de routine dans les Balkans, il y a des urgences en permanence, tout en ajoutant que les Balkans occidentaux peuvent vous occuper en permanence, si vous n’avez rien d’autre à faire.
En ce qui concerne, la Macédoine - qui est candidate à l’UE depuis 2005, mais voit ses négociations d’adhésion mises au frigo en raison d’un conflit avec la Grèce sur le nom du pays- , M. Bildt a déclaré que c’était une autre question bilatérale dans laquelle les Nations unies pourraient jouer un rôle de médiateur. Selon lui, l’UE soutiendrait le médiateur des Nations unies et ambassadeur Matthew Nimetz, mais a à nouveau souligné que la responsabilité de la résolution de questions bilatérales revenait tout d’abord aux pays concernés.
Vous ne pouvez demander au monde de résoudre vos questions bilatérales, a-t-il souligné.
M. Bildt s’est aussi occupé à dédramatiser la dernière crise du gaz, qui selon le président de la Commission José Manuel Barroso, pourrait frapper l’Europe endéans quelques semaines (EurActiv 19/06/09). Il a aussi suggéré que l’UE règle la facture pour remplir les installations vides de stockage de gaz en Ukraine. Nous devons nous en tenir aux faits pertinents ; c’est un conflit bilatéral. Je ne pense pas que nous disposons d’un quelconque argent pour acheter du gaz russe à stocker en Ukraine.
Pour finir, il a déclaré : Laissez-moi enfoncer une porte ouverte ; il existe une différence significative entre l’été et l’hiver. Et vous en tirerez vos conclusions.