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5 décembre 2008
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Clonage animal et alimentation : les spécialistes européens restent prudents [FR][en][de

Publié: vendredi 25 juillet 2008   

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) n’a pas trouvé de risque particulier pour la sécurité dans la consommation de clones de bétail, de porcs ou de leurs progénitures. Cependant elle a souligné l’absence actuelle de données scientifiques sur le sujet et les importantes implications de cette pratique sur la santé et le bien-être des animaux.

Contexte:

Le clonage n’est pas une pratique commerciale en Europe et les produits qui en sont issus n’aurait pas encore intégré la chaîne alimentaire. Toutefois, la Commission estime que les produits issus du clonage sont sur le point de se répandre dans le commerce et devraient se développer dans la chaîne alimentaire mondiale avant 2010.

C’est pourquoi la Commission a demandé Pdf external à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSAexternal ) un second avis scientifique sur les conséquences du clonage animal sur la sécurité alimentaire, le bien-être des animaux et l’environnement. Elle a également appelé le Groupe européen d'éthique des sciences et des nouvelles technologies (GEEexternal ) à lui présenter un avis éthique sur le clonage.

Ces demandes interviennent juste après que le projet l’évaluation des risques de la Food and Drug Administration américaine a estimé, en décembre 2006, que la viande et les produits laitiers des bovins, porcins et caprins étaient aptes à la consommation.

Le groupe du GEE a conclu Pdf external qu’il n’y avait pas d’arguments valables pour justifier une production d’aliments provenant de clones et de leur progéniture. 

Le projet d’avis Pdf external de l’EFSA, publié en janvier 2008, indique qu’il n’existe probablement aucune différence en termes de sécurité alimentaire entre les produits alimentaires provenant d’animaux clonés et de leur progéniture et des animaux élevés de manière traditionnelle.

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Autres articles:

L’avis external final de l’EFSA sur les répercussions du clonage animal sur la sécurité alimentaire, la santé et le bien-être des animaux et l’environnement a été adopté le 15 juillet dernier. D’après cet avis, il n’y a pas de craintes à avoir concernant la sécurité alimentaire des bovins et des porcins clonés. 

Toutefois le texte reconnaît les difficultés rencontrées par le comité scientifique en raison d’un manque de données sur le sujet.  

Cet avis ne tient compte que des évaluations faites sur les clones de bovins et de porcins, ainsi que leur progéniture. Selon le comité, les connaissances actuelles ne sont pas suffisantes pour émettre un avis sur les clones d’autres animaux. 

Lors de la présentation de l’avis le 24 juillet dernier, Vittorio Silano, qui dirige le comité scientifique de l’EFSA, a tenu à souligner les incertitudes qui caractérisent cette évaluation des risques. Selon lui, le nombre limité d’études disponibles, la taille réduite des échantillons testés et l’absence d’une approche uniforme des données nécessaires pour prendre en compte tous les aspects pertinents de la question sont à l’origine de ces incertitudes.

M. Silano a ajouté que l’avis devait donc être mis à jour et réexaminé à la lumière des nouvelles données et des derniers développements dans le domaine du clonage.

L’avis insiste tout particulièrement sur la santé et le bien-être des animaux. Le comité remarque par ailleurs qu’en matière de santé et de bien-être, les animaux clonés sont mieux lotis que les animaux élevés selon des méthodes traditionnelles.

Il est intéressant de constater qu’une directive external de l’UE concernant la protection des animaux dans les élevages indique que « les méthodes d'élevage naturelles ou artificielles qui causent ou sont susceptibles de causer des souffrances ou des dommages aux animaux concernés ne doivent pas être pratiquées ». 

Commentant cette opinion, John Collins, membre du comité scientifique de l’EFSA, a déclaré qu’en réalité, toutes les personnes concernées comprennent qu’une nourriture saine implique des animaux sains. 

Le comité recommande entre autres de poursuivre les études quant à la prédisposition des clones et de leurs progénitures aux maladies et aux agents transmissibles dans les conditions d’élevage traditionnelles.  

Le comité a en outre indiqué qu’aucun impact environnemental n’est prévu, soulignant le manque de données disponibles sur la question. Pour ce qui est de la biodiversité, il a affirmé que le clonage ne semble pas avoir d’effet direct sur la diversité génétique dans la mesure où il n’implique aucune nouvelle modification génétique. Il pourrait toutefois y avoir un effet indirect en raison de l’utilisation excessive d’un nombre limité d’animaux dans les programmes d’élevage.

Début 2008, la Food and Drug Administration (FDA) des Etats-Unis  a émis une opinion positive par rapport à l’autorisation de commercialisation de produits alimentaires issus de clones. Interrogé sur la santé et le bien-être des animaux, M. Silano a déclaré que la FDA ne s’intéresse pas vraiment à ces aspects, qui ne rentrent pas dans son mandat.

Il a ajouté que les systèmes réglementaires de l’UE et des Etats-Unis relatifs au bien-être des animaux dans le secteur alimentaire sont pour le moins différents. Il a reconnu que cette situation pourrait entraîner des différences d’approche face à la gestion du risque.

Positions:

L’opinion de l’EFSA complète dans une certaine mesure celle émise par le Groupe européen d’éthique des sciences et des nouvelles technologies (GEE). En début d’année, le GEE avait déclaré que « compte tenu du degré actuel de souffrance et des problèmes de santé » des animaux clonés, il doutait « qu'il soit justifié d'un point de vue éthique de cloner des animaux pour la production alimentaire ». 

Le Eurogroup for Animals espère que l’opinion de l’EFSA – considérée dans la perspective de la directive européenne concernant la protection des animaux dans les élevages – incitera la Commission à interdire aussi bien le clonage que le commerce et l’importation de produits issus d’animaux clonés et de leurs progénitures.

Selon le Eurogroup for Animals, le clonage est un procédé extrêmement gaspilleur : 95 % des animaux clonés naissent mort-nés, et ceux qui survivent meurent plus tôt et souffrent davantage de malformations que les animaux normaux.

Sonja Van Tichelen, directrice du Eurogroup for Animals a indiqué que l’UE est désormais obligée de suivre ses propres règles. D’après la directive générale sur l’élevage, les techniques d’élevage susceptibles de causer des souffrances ne devraient pas être autorisées, a-t-elle rappelé, signalant que le protocole du traité sur le bien-être des animaux stipule qu’il faut faire extrêmement attention au bien-être des animaux. D’après Mme Van Tichelen, l’UE a le devoir juridique d’interdire le clonage des animaux pour la production de nourriture.

Lerapport d’évaluation de risques external publié le 15 janvier 2008 par la United States Food and Drug Administration's (FDA) conclut que la viande et le lait issus de bovins, de porcins et de caprins clonés ainsi que les progénitures de n’importe quelle espèce consommées à des fins alimentaires ne représentent pas plus de danger que les aliments issus d’animaux élevés selon les méthodes traditionnelles. Cependant, en raison d’un manque d’information, la FDA n’a tiré aucune conclusion sur la sécurité de la nourriture provenant des clones d’autres animaux comme les ovins.

Suite à l’évaluation finale de la FDA, le département américain de l’Agriculture a tout de même demandé aux éleveurs américains de ne pas commercialiser leurs animaux clonés. Cette position est soutenue par la fédération des industries laitières et de leurs fournisseurs, qui estiment prudent d’attendre que tous les grands partenaires commerciaux étrangers des Etats-Unis aient révisé et approuvé la même technique de clonage dans leurs pays respectifs et que les consommateurs se soient fait à l’idée d’acheter du lait produit par des bovins clonés.

Pour des informations complémentaires, vous pouvez vous référer au résumé Pdf external et aux réponses individuellesPdf external  de la consultation du EFSA au sujet de son projet d’opinion. 

Liens

Lettres à l'éditeur
Risk not hazard for good pesticides regulation
James Gilmour, former director, Agricultural Advisory Service for Scotland
Biofuels play small role in food prices
Joe Jobe, National Biodiesel Board (USA)
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