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Inégalités en matière de santé [FR][en

Publié: mercredi 18 août 2004    | Mis à jour: lundi 28 août 2006   

Le dernier élargissement en date de l’UE a souligné le fait que les citoyens des pays d’Europe centrale et orientale, moins prospères que les 15 anciens Etats membres de l’UE, ont des conditions de santé moins bonnes et une espérance de vie plus courte que ceux d’Europe occidentale. En plus de cet écart entre l’Europe de l’Est et celle de l’Ouest, les différences en matière de santé entre les groupes socioéconomiques se sont aggravées dans de nombreux pays car les déterminants socioéconomiques comme l’éducation, l’emploi et le mode de vie ont un impact sur la santé.

A lire aussi:

Prochaines étapes:

  • Un groupe d’experts européens sur les déterminants sociaux et les inégalités de santéexternal a été créé, en mars 2006, en tant que sous-groupe du comité de haut niveau sur la santé publique. Il a pour objectif d’offrir un forum pour l’échange d’informations et de bonnes pratiques entre les Etats membres sur les déterminants sociaux de la santé et les inégalités de santé. 
  • Un rapport de l’Institut européen de la santé des femmes (mars 2006) sur la santé des femmes en Europe souligne les différences importantes constatées à travers l’Europe concernant l’état de santé des femmes, leur exposition à des risques pour la santé et leur accès aux soins de santé. 
  • Le rapport sur la santé en Europe de l’OMS Pdf external souligne l’importance de la lutte contre les inégalités de santé, notamment chez les enfants. 
  • Les partenaires du projet ‘Closing the Gap : Strategies for Action to Tackle Health Inequalities in Europe’ external organiseront des séminaires nationaux fin 2006 pour échanger des expériences et sensibiliser les citoyens de leurs pays, ainsi que pour débattre et lancer leurs stratégies dans ce domaine. Un événement aura lieu sous la présidence allemande (premier semestre 2007) et donnera lieu à une déclaration finale sur la question des inégalités sociales. 
  • Une conférence intitulée ‘Tackling Health Inequalities : Governing for health’ external a eu lieu à Londres les 17 et 18 octobre 2005.

Sommaire Liens

Concernant l’accès (inégal) aux soins de santé, l’UE devra s’attaquer en priorité aux inégalités de santé de plus en plus marquées entre ses Etats membres. La plupart des pays européens ont identifié des liens entre les inégalités et les situations défavorisées et leurs effets négatifs sur la santé. Des rapports nationaux ont souligné le fait que, bien que les conditions de santé se soient améliorées en moyenne au cours des 50 dernières années, ces dernières décennies, les inégalités sociales n’ont pas bougé ou se sont aggravées. Une étude de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) a constaté que la mortalité en France chez les ouvriers âgés entre 45 et 59 ans était 71% plus élevée que chez les cadres. 

Un autre problème souvent évoqué concernant les inégalités sociales est la mise à disposition tardive de médicaments novateurs dans certains Etats membres – même s’ils sont déjà disponibles dans d’autres Etats. Ce problème est essentiellement du aux différentes procédures d’autorisation selon les Etats membres. Parfois, les gouvernements ont intérêt à retarder la mise sur le marché de nouveaux médicaments afin de réduire les coûts de santé publique. 

Enjeux:

Comment réduire cet écart ? Plusieurs options politiques sont disponibles :

  • Réduire les inégalités économiques et sociales : la pauvreté et les mauvaises conditions de santé peuvent devenir un véritable cercle vicieux de la naissance à la mort. Les enfants nés dans des familles défavorisées ont tendance à peser moins à la naissance en raison d’influences nuisibles au cours de la grossesse et ont plus de risque d’avoir des accidents de santé. Les personnes défavorisées ont également plus de risques d’être victimes de stress chronique et plusieurs déceptions consécutives aux niveaux professionnel et privé sont non seulement à l’origine de maladies à long terme, mais peuvent également pousser ces personnes à abuser de substances. Cette catégorie de la population a ainsi tendance à être plus souvent touchée par des maladies mortelles (cancers, attaques et arrêts cardiaques) et les chances de survie ont tendance à être plus faibles. Il semble donc que, mis à part les services de santé et d’éducation financés par des fonds publics, il est essentiel de réduire les inégalités sociales et économiques afin de réduire les inégalités de santé. 
  • Politique fiscale redistributive : selon plusieurs études, même une évolution mineure de la prospérité peut empêcher de nombreux décès prématurés. Réinstaurer une politique fiscale redistributive pourrait donc jouer un rôle en vue d’empêcher les décès prématurés. Néanmoins, dans les faits, il se passe actuellement l’inverse en Europe, la pauvreté relative continuant d’augmenter alors que les salaires des cadres supérieurs montent en flèche. 
  • Dépenses de transfert social : les pays qui parviennent le mieux à réduire les inégalités et la pauvreté sont ceux qui dépensent le plus au niveau social, en proposant par exemple des loyers moins élevés ou des allocations familiales.
  • Réforme de la politique agricole commune : selon l’OMS, 14% de l’ensemble des décès en Europe sont provoqués par une mauvaise alimentation ou une alimentation déséquilibrée. Certaines ONG ont donc appelé à une réforme de la PAC pour que son principal objectif devienne une alimentation sûre et saine et que ce dernier puisse être atteint, par exemple, en augmentant le soutien financier à une consommation et une production saines (en proposant, par exemple, davantage de fruits et de légumes).
  • Réduire le nombre de SDF et améliorer les conditions de logement : Une étude par des chercheurs de la ‘London School of Hygiene and Tropical Medicine’ indique que les vies de plusieurs centaines de citoyens britanniques pourraient peut-être être sauvées chaque année en améliorant les systèmes d’isolation et de chauffage de leur logement. 
  • Soutenir des activités de promotion de la santé : La promotion de la santé est « un processus qui consiste à permettre aux gens d’exercer un contrôle sur les déterminants de la santé et donc d’améliorer leur santé. » Les approches traditionnelles destinées à promouvoir la santé, comme la diffusion d’informations relatives à la santé, ne permettent pas de réduire efficacement les inégalités de santé car elles ont tendance à profiter davantage aux riches qu’aux pauvres. La Commission européenne a donc adopté une approche plus générale quant à l’utilité de la promotion de la santé afin de réduire les inégalités de santé en Europe. Les mesures proposées consistent entre autres à fixer des objectifs nationaux en termes d’inégalités de santé, à travailler au niveau local, à réduire les obstacles à l’accès aux services de santé et à intégrer les déterminants de la santé dans d’autres domaines politiques. 
  • Intégrer les déterminants de la santé dans d’autres domaines politiques : Le secteur de la santé ne peut à lui seul que réduire de façon limitée les inégalités de santé. Ainsi, intégrer les déterminants de la santé dans les domaines de la fiscalité, de l’éducation, de l’agriculture et du logement pourrait permettre de réduire davantage « l’écart de santé ». 

La gestion des systèmes de santé est une compétence exclusive des Etats membres. Néanmoins, l’UE a pris certaines initiatives afin de renforcer les normes de santé dans l’UE. 

Positions:

Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’un des points essentiels est que les enfants soient en bonne santé et soient suffisamment résistants pour le rester tout au long de leur vie, car la plupart des pays ont des taux de naissance en baisse et des populations de plus en plus âgées. 

Selon le responsable de la politique européenne à la Coalition européenne des patients atteints de cancer, Hildrun Sundseth, « de nombreux décès dus au cancer pourraient être évités chaque année si les examens destinés à détecter tôt les cancers étaient effectués de façon systématique. » Les chiffres indiquent que 25 000 vies de femmes pourraient être sauvées chaque année si l’examen pour le cancer du sein selon les normes de qualité européennes était réalisable dans toute l’Europe. 

Un rapport de l’Institut européen sur la santé des femmes en Europe souligne les différences constatées en Europe concernant l’état de santé des femmes, leur exposition à des risques pour la santé et leur accès aux soins de santé. « Réduire ces inégalités de santé grâce à la promotion de la santé, la prévention des maladies et des actions multi-sectorielles doivent figurer au cœur de la politique de santé publique aux niveaux national et européen, » a commenté la députée européenne Irena Belohorska. 

Le centre international de longévité au Royaume-Uni considère que l’âge doit être envisagé comme l’un des éléments des inégalités de santé et souligne le fait que la promotion de la santé et les campagnes de santé publique ont tendance à mettre surtout l’accent sur le changement de comportements chez les jeunes. Il estime que « la prévention doit être aussi destinée aux personnes âgées » et considère qu’avoir une alimentation saine, être non fumeur faire de l’exercice physique et consommer de l’alcool avec modération sont les principaux facteurs qui permettent de vieillir en bonne santé.

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