Sections
Mini Sections
Le programme "i2010" de la Commission vise à promouvoir la convergence des technologies de l'information et de la communication d'ici 2010, une ambition que Bruxelles considère essentielle pour atteindre l'objectif général de stimulation de l’innovation et de l’emploi.
Le programme i2010, lancé par la Commission en 2005, fait suite auplan d’action eEurope 2005
, achevé fin 2005, au précédent plan d’action eEurope 2002
, et suivant le document de travail de la Commission
intitulé « Working together for growth and jobs: Next steps in implementing the revised Lisbon » visant à relancer la stratégie de Lisbonne en se recentrant sur la croissance et l’emploi en Europe et à une étude réalisée par PriceWaterhouseCoopers à la demande de la présidence néerlandaise.
La nécessité de mettre en place une nouvelle stratégie pour la société de l’information est apparue avec les objectifs de Lisbonne et un examen de mi-parcours
, qui stipule que, pour assurer la croissance économique à l’avenir, l’UE a besoin d’une stratégie globale et détaillée stimulant la croissance du secteur des TIC et leur diffusion dans l’ensemble de l’économie.
Parallèlement, le programme i2010 cherche à réagir au rôle toujours plus important que les technologies de l’information jouent dans la vie de nombreuses personnes, ainsi qu’aux évolutions de ces technologies. Ces évolutions se reflètent dans l’omniprésence de l’informatique, l’environnement intelligent, l’Internet mobile et la troisième génération de téléphonie mobile, la télévision et la radio numériques, ainsi que les nanotechnologies.
Certains programmes, dont les prédécesseurs étaient intégrés dans les deux plans d’action eEurope, ont été séparés et ne font plus partie de i2010. C’est par exemple le cas du programme eContentPlus, qui ira jusqu’en 2008.
Plutôt que de créer un grand nombre de sous-programmes, i2010 se concentre sur quelques priorités politiques : la création d’un espace d’information unique européen, la promotion de l’investissement et de l’innovation dans la recherche et le soutien de l’inclusion, l’amélioration des services publics et de la qualité de vie grâce aux TIC. Suite à la nouvelle approche de la Commission, toutes les initiatives juridiques et réglementaires seront examinées par des analyses d’impact et des mécanismes de comparaison.
Présentant le programme i2010, la commissaire à la Société de l’information Viviane Reding a déclaré vouloir lancer une initiative politique au début de la vague, c’est-à-dire maintenant. Elle s’efforcera pragmatiquement de progresser dans les domaines suivants : les réglementations dans le secteur des télécommunications et de l’audiovisuel, la gestion des fréquences, et la sécurité électronique.
La commissaire a souligné qu’elle contrôlait environ un tiers du budget européen consacré à la recherche et a affirmé que si l’on investissait cet argent dans l’agriculture au lieu des TIC, alors autant dire adieu à la stratégie de Lisbonne.
La commissaire a également abordé la question de la convergence, estimant que c’était une excellente idée d’avoir consacré un portefeuille unique pour l’infrastructure et le contenu lors de la nouvelle répartition des directions générales de la Commission. S’adressant aux opérateurs de réseaux de télécommunication, elle les a averti qu’elle ne les laisserait pas nuire au contenu. Si l’infrastructure veut vendre des biens et des services, le contenu doit être attrayant. Mme Reding a rappelé certains éléments de son discours tenu à Cannes deux semaines auparavant, soulignant que la lutte contre le piratage était l’une de ses priorités.
L’industrie a salué presque unanimement l’approche du programme i2010.
Michael Bartholomew, directeur de l’ETNO, l’Association européenne des exploitants de réseaux de télécommunications, a déclaré qu’il était crucial que l’initiative de i2010 fournisse un cadre permettant une révision détaillée des règles spécifiques actuelles du secteur afin de refléter les réalités récentes et futures du marché et d’encourager les investissements et l’innovation dans la nouvelle génération de réseaux.
Pour Sandro Bazzanella, directeur des affaires européennes à l’ECTA (European Competitive Telecommunications Association), la convergence ne sera un succès que si les différents secteurs qui convergent sont tous compétitifs. Malheureusement, c’est loin d’être le cas dans le secteur des télécoms. Malgré l’ouverture totale du marché en 1998, une véritable concurrence est loin d’être établie durablement dans de nombreux secteurs.