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EPIA Business Development Unit Intern – Paid Internship
Interim Public Affairs Manager
Network and CrossLingual Projects Director
Account Executive in Public Affairs - Financial Services Practice
Policy advisor International Affairs
Writer/Web Editor - Native English
Consultant (Scientist) to work on the NERC-funded project "VALOR"
Mettre une annonceLes membres d'une commission parlementaire clé devraient demander à différer les réformes visant à libéraliser complètement le secteur postal européen d'ici 2009, projets qui ont semé la fureur parmi les employés des postes de toute l'Europe.
La proposition présentée par le commissaire au marché intérieur Charlie McCreevy en octobre 2006, visant à ouvrir totalement à la concurrence le secteur postal européen, estimé à 88 milliards d'euros, avait annoncé la fin prochaine d'une bataille qui durait depuis près de 20 ans et qui tentait de briser les puissants monopoles d'Etat sur les services postaux. Toutefois, l'opposition à cette proposition gagne du terrain.
La Commission a d'abord publié un Livre blanc sur les services postaux en 1998, mais il s'est ensuite écoulé 9 ans avant l'adoption de la première directive sur les services postaux
(97/67/EC)
, visant à ouvrir progressivement le marché à la concurrence des entreprises privées pour rendre les services postaux plus abordables, plus rapides et plus efficaces - comme ce qui a été entrepris pour les télécoms.
Cette directive et une deuxième adoptée en 2002 sont certes parvenues à libéraliser un certain nombre de services postaux, mais elles n'ont pas réussi à rendre le secteur de la distribution des lettres de moins de 50 grammes concurrentiel, créant ainsi un "domaine réservé" lucratif pour les opérateurs historiques, à condition de fournir aux citoyens un service universel, et dans les faits, rendant l'accès au marché difficile pour les nouveaux opérateurs.
La proposition la plus récente de la Commission prévoyait de mettre un terme à cette situation dans tous les Etats membres d'ici 2009, mais une campagne visant à différer la libéralisation, menée par les opérateurs postaux monopolistiques de France, Belgique et du Luxembourg, a rallié à sa cause les opérateurs d'Italie, d'Espagne, de Grèce, de Pologne, de Hongrie et d'autres nouveaux Etats membres ainsi que de nombreux membres du Parlement européen.
Néanmoins, les opérateurs d'Allemagne, de Suède, des Pays-Bas et du Royaume-Uni, pays où la libéralisation a déjà commencé ou est achevée tiennent absolument à ce que les autres pays respectent l'échéance de 2009.
Trouver un compromis
La commission parlementaire Transport se rencontrera le 4 juin 2007 pour débattre de la marche à suivre pour dégager un compromis sur la réforme du secteur postal de l'UE avant le vote décisif de la plénière en juillet.
La réunion intervient après que cinq autres commissions parlementaires consultées lors du processus se sont élevées contre des éléments fondamentaux de la proposition de la Commission, notamment l'échéance de 2009, l'abolition du domaine réservé comme mécanisme de financement de l'obligation de service universel (OSU) et le manque de protection des deux millions d'employés dépendant directement du secteur postal.
Bien que Markus Ferber, député européen allemand libéral, désigné pour piloter la proposition au sein du Parlement, se soit montré initialement en faveur du projet de la Commission, il s'efforce désormais une position commune qui serait soutenue par tous les membres du Parlement européen lors du vote en plénière de juillet.
Selon Ferber, "la proposition de la Commission était sérieuse mais nous apprenons maintenant que seule une minorité au Parlement et au Conseil la soutient" (pour accéder à l'entretien dans son intégralité, veuillez cliquer ici )
Le compromis qu'il présentera à sa commission parlementaire la semaine prochaine envisage :
La colère syndicale
Les employés des postes de l'Europe conduiront une grève de masse le 6 juin 2007, dans ce qu'ils estiment être une tentative de "sauvetage du service postal universel en Europe", alors que se développe la peur de voir une libéralisation rapide détruire les opérateurs historiques, entraînant une détérioration du service clientèle et des suppressions d'emplois.
Les syndicats postaux ont réclamé la démission du commissaire européen, Charlie McCreevy, qui n’est pas parvenu à "assurer un service postal universel aux citoyens, dans sa hâte de déréglementer les postes européennes".
Le commissaire européen au marché intérieur, Charlie McCreevy, a accusé ceux qui s'opposent à sa proposition d'avoir recours à des "tactiques alarmistes" : "En étudiant de plus près les arguments qu'ils mettent en avant pour éviter ou différer l'ouverture du marché, on observe qu'ils ne font rien d'autre qu'ajouter au protectionnisme...2009 ne provoquera pas le chaos et la tragédie auxquels certains voudraient bien nous faire croire".
Il a souligné qu'une révolution des communications était en cours et que les opérateurs postaux avaient tort de penser que la principale menace provenait des autres oéprateurs : "La véritable menace auxquels les opérateurs qui ne s'adapteront pas feront face est le nouveau mode de communication. Aucune domaine réservé ne peut les en protéger. Leur seule option est de se réformer et de s'adapter, pour transformer cette menace en opportunité pour réinventer les services postaux, pas seulement dans le but de maintenir les niveaux actuels de service et de qualité mais pour les dépasser vraiment".
Valérie Fagone, secrétaire générale de l'Initiative Free and Fair Post, qui représente les usagers et les concurrents des opérateurs postaux publics, estime également que ceux qui s'opposent à ces projets ont particulièrement bien réussi à "répandre des messages inspirés par la peur" et que l'obligation de service universel était "souvent utilisé comme un prétexte pour protéger les monopoles".
Elle a ajouté : "Tout le monde a eu le temps de se préparer et la Commission a offert de nombreuses options". Selon elle, l'ouverture complète du marché "créerait des opportunités considérables pour le dynamisme et la croissance".
Rolf Büttner, président d'UNI Postal, représentant les syndicats dans le secteur postal, a accusé la Commission de "mentir" lorsqu’elle prétend que ces initiatives créeront de nouveaux emplois. Il souligne que les travailleurs représentant 80% des coûts des postes et prévoit que la libéralisation engendrera la perte de milliers d'emplois, plus de travail précaire, plus de dumping salarial, puisque les opérateurs tenteront de rivaliser entre eux par les coûts. Selon lui, "il y aura moins de services postaux, moins d’emplois, moins de boîtes à lettres. Le combat est en marche".
Derek Holt, auteur d'une étude sur le financement des obligations de service universel, a confié à EurActiv qu'introduire un mécanisme fiable de financement du service universel d'ici 2009 constituait un défi.
Il a ajouté que laisser une part de flexibilité aux Etats membres dans la décision du mécanisme à appliquer était essentiel, chaque système ayant ses avantages et ses convénients spécifiques : "Vous ne pouvez pas choisir un mécanisme qui s'applique partout. On doit être attentif aux préoccupations de chaque pays - les priorités et caractéristiques uniques de leur marché postal. Pour certains Etats membres, le souci premier réside dans la stimulation de l'innovation et de la croissance. D'autres en revanche souhaitent plutôt mettre l'accent sur la préservation d'un service universel, et leur priorité serait alors d'éviter un mécanisme de financement compliqué - auquel cas, ils souhaiteront probablement préserver leur approche actuelle (pour lire l'entretien avec M. Holt dans son intégralité, veuillez cliquer ici ).
Le Pr. Paul R. Kleindorfer, un spécialiste de la libéralisation postale ayant pris part à une étude de la Commission, a reconnu que certains pays, notamment les nouveaux Etats membres, mais également certains pays rencontrant des problèmes spécifiques, "auront manifestement besoin d'un délai supplémentaire" et devraient bénéficier de la possibilité d'appliquer un régime transitoire de 3 ans.
Il a néanmoins souligné la nécessité d'éliminer au plus vite le domaine réservé, qui selon lui engendre "ne fait peser absolument aucune pression sur les opérateurs postaux en matière d'innovation et de productivité". Il a ajouté que "l'avenir du service postal repose sur sa capacité à s'intégrer et à se montrer efficace dans un marché de la communication désormais bien plus large et bien plus dynamique".
Selon lui, les opérateurs postaux seront en mesure de financer le poids du service universel sans avoir recours à ce domaine réservé, notamment en jouant sur les économies d'échelle et l'étendue du réseau postal ou en restructurant les missions de service public trop coûteuses. Il concède néanmoins que des subventions pour des missions publiques spécifiques seraient acceptables, tant qu'elles demeurent tout à fait transparentes (pour lire l'entretien avec le Pr. Kleindorfer dans son intégralité, veuillez cliquer ici ).