« Burger » végétarien, « steak » végétal… Les eurodéputés veulent revoir l’étiquetage des produits végés

Au Parlement européen, les groupes de droite, ainsi que certains socialistes et libéraux, ont voté mercredi 8 octobre pour interdir les appellations telles que « burger » et « steak » pour les aliments à base de plantes.

EURACTIV.com
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Les eurodéputés ont décidé de faire pression sur la Commission et le Conseil pour qu’ils revoient l’étiquetage des produits végétariens, avec 355 voix pour, 247 contre et 30 abstentions.

« Un steak, une escalope ou une saucisse sont des produits issus de nos élevages, un point c’est tout. Pas de substituts de laboratoire, pas de produits à base de plantes », insistait à la veille du vote l’eurodéputée française Céline Imart (Parti populaire européen, PPE), qui a dirigé le rapport de la commission de l’Agriculture (AGRI).

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un vote sur une proposition de révision du règlement de l’Organisation commune de marché (OCM) visant à renforcer le pouvoir de négociation des agriculteurs.

L’amendement proposé Céline Imart limiterait l’utilisation de sept termes associés à la viande : « steak », « escalope », « saucisse », « hamburger », « jaune d’œuf » et « blanc d’œuf »…

Le député européen Barry Cowen, membre du groupe Renew (libéraux), n’a pas réussi à obtenir suffisamment de soutien pour une alternative qui interdirait uniquement les noms « explicitement liés » aux animaux, tels que « bœuf », « poulet » et « hamburger ».

Cela permettra de clarifier les choses pour les consommateurs et les entreprises et d’éviter les conséquences involontaires, comme l’interdiction accidentelle du terme « steak de thon » », a expliqué Barry Cowen dans son amendement, rejetant l’interdiction des noms « basés sur le format ».

Ce n’est qu’un début

La position du Parlement ouvre la voie à des négociations interinstitutionnelles avec la Commission et le Conseil, qui a adopté sa position en mai.

Les capitales de l’UE n’ont pas abordé la question de l’étiquetage, mais les ministres de l’Agriculture demandent depuis longtemps à la Commission de sévir contre la « viande végétarienne ».

L’exécutif européen a répondu à ces demandes en procédant à une révision distincte et prospective du règlement sur les OCM.

Toutefois, la Commission n’est pas allée aussi loin que le Parlement. Elle n’a pas proposé d’interdire les termes « steak », « hamburger » ou « saucisse », mais seulement « bacon » et les noms d’animaux et de leurs parties.

Lors du vote de mercredi, les députés ont soutenu les principales dispositions de la proposition de la Commission, qui introduirait des contrats écrits obligatoires pour les livraisons de produits agricoles.

Toutefois, ils souhaitent permettre aux secteurs agricoles de demander des dérogations nationales — à l’exception du secteur du lait, où la volatilité des prix est particulièrement élevée, selon Imart.

Étiquetage, pesticides et chanvre

Le Parlement a profité de la révision du règlement de l’OCM pour demander plusieurs modifications.

Les socialistes ont obtenu un amendement habilitant la Commission à rendre obligatoire l’étiquetage du pays d’origine pour un large éventail de produits, dont le riz, le sucre, les œufs, les bananes, le lait et même les fleurs coupées.

Les eurodéputés ont également appelé à l’adoption de règles européennes sur le chanvre industriel, nombre d’entre eux estimant que les restrictions nationales entravaient les agriculteurs. Comme pour le débat sur les termes « viande », la Commission aborde cette question dans le cadre d’une révision distincte de l’OCM.

Le débat sur les pesticides et le commerce a également été abordé lors du vote. Le Parlement a convenu que les denrées alimentaires et les aliments pour animaux « ne peuvent être importés » que s’ils respectent les limites maximales de résidus (LMR) applicables aux produits de l’UE.

(asg)