Le Parti socialiste conclut un accord électoral prônant la désobéissance à certaines règles européennes

L’accord électoral en vue des élections législatives entre le Parti socialiste et la gauche radicale mentionne la possibilité de désobéir à certaines règles européennes et doit être ratifié jeudi soir (5 mai) par son Conseil national.

Euractiv France
Jean-Luc Melenchon campaigns in Paris
Les principaux partis de gauche, dont La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon (gauche radicale), le Parti socialiste traditionnellement pro-européen, le Parti communiste et les Verts, ont accepté de s’unir en vue des élections législatives de juin. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

L’accord électoral en vue des élections législatives entre le Parti socialiste et la gauche radicale mentionne la possibilité de désobéir à certaines règles européennes et doit être ratifié jeudi soir (5 mai) par son Conseil national.

C’est une union de la gauche qui réunit les principaux partis de gauche allant du parti socialiste historiquement pro-européen au parti de gauche radicale opposé au fonctionnement actuel de l’Union européenne, La France insoumise.

Non seulement l’accord dispose que M. Mélenchon sera proposé comme Premier ministre si l’alliance obtient une majorité, mais fixe comme objectif de « mettre fin au cours libéral et productiviste de l’Union européenne et construire un nouveau projet au service de la bifurcation écologique et solidaire ».

Pour mettre en œuvre le programme commun, socialistes et insoumis reconnaissent qu’il faudra « désobéir » à certaines règles européennes, même si les socialistes préfèrent parler de « déroger de manière transitoire ».

En particulier, ils affirment la nécessité d’ « être prêts à ne pas respecter certaines règles, tout en travaillant à les transformer, en particulier les règles économiques, sociales et budgétaires comme le pacte de stabilité et de croissance, le droit de la concurrence, les orientations productivistes et néolibérales de la Politique agricole commune, etc. ».

Comme dans l’accord avec les Verts, il est précisé que « le gouvernement […] ne pourra avoir pour politique la sortie de l’Union, ni sa désagrégation, ni la fin de la monnaie unique ».

L’accord doit encore être ratifié jeudi soir (5 mai) lors d’un Conseil national qui promet d’être houleux. Des voix importantes se sont élevées au sein même du parti, contestant la ligne du Premier secrétaire Olivier Faure, qui a poussé pour l’alliance avec M. Mélenchon.

Lorsque le mandat pour engager des discussions avec le parti de gauche radicale de M. Mélenchon avait été voté par le Conseil national, les entourages d’Anne Hidalgo, maire de Paris et candidate malheureuse à l’élection présidentielle, de Carole Delga, présidente de la région Occitanie, et de Michaël Delafosse, maire de Montpellier, s’étaient abstenus.

Ils sont aujourd’hui déterminés à voter contre l’accord, et les questions européennes sont au cœur de la discorde, en plus des divergences sur les aspects géopolitiques et internationaux. Même si l’accord devrait finalement être ratifié, une surprise reste possible et le parti n’en ressortira pas indemne.