Pour le PDG de Dassault, la Belgique ne peut pas acheter des F-35 et participer au SCAF

« Si [la Belgique] renonce à l'idée d'acheter des F-35, elle sera la bienvenue », a déclaré Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation.

EURACTIV.com
Eric Trappier [EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

La Belgique ne pourra pas participer au développement du système de combat aérien du futur (SCAF) – avec la France, l’Allemagne et l’Espagne – si Bruxelles achète des avions de combat F-35 fabriqués aux États-Unis, a déclaré mardi le PDG de Dassault Aviation, Éric Trappier.

Lors de la présentation des résultats financiers trimestriels du groupe, ce dernier a souligné que s’engager à acheter du matériel de défense produit localement était un critère majeur pour rejoindre le programme SCAF.

« Si [la Belgique] renonce à l’idée d’acheter des F-35, elle sera la bienvenue, sinon, cela reviendrait vraiment à se moquer de nous », a déclaré le Français.

Vendredi, le gouvernement belge avait donné son feu vert à une participation au programme franco-germano-espagnol SCAF, tout en présentant des plans pour équiper son armée de l’air du F-35, l’avion combat de 5e génération américain. L’avion européen ne devrait être prêt qu’en 2040.

Éric Trappier juge donc incohérent le projet de la Belgique de devenir membre à part entière du SCAF, soulignant que Bruxelles espère bénéficier des emplois créés par le programme, tout en achetant du matériel aux États-Unis.

Répondant à de récentes spéculations les négociations entre Paris et Berlin, Éric Trappier a démenti que la France exigeait de construire la majorité de l’appareil sur son sol.

« Nous ne demandons pas 80 % du développement », a-t-il déclaré.

Le chancelier allemand Friedrich Merz, qui a récemment reconnu des désaccords avec Paris sur le SCAF, doit aujourd’hui rencontrer Emmanuel Macron à Berlin.