A Paris, la Hongrie défend sa loi sur les médias

Le ministre des Affaires étrangères Janos Martonyi s’est dit optimiste sur les conclusions de la Commission européenne, qui examine actuellement la législation hongroise sur les médias.

EURACTIV.fr

Le ministre des Affaires étrangères Janos Martonyi s’est dit optimiste sur les conclusions de la Commission européenne, qui examine actuellement la législation hongroise sur les médias.

Le ministre des Affaires étrangères hongrois Janos Martonyi était à Paris, lundi 10 janvier, pour présenter le programme de son pays à la tête du Conseil de l’UE. Mais c’est surtout sur la nouvelle loi sur les médias, adoptée par son gouvernement, qu’il a dû s’expliquer.

Le principe de liberté d’expression et de la presse est respecté en Hongrie, a-t-il tenu à rappeler à l’association de journalistes Le Club Grande Europe. «Si vous avez un doute, lisez nos propres journaux, sites internet, radios et télévisions. Le langage est au moins aussi fort que dans n’importe quel autre pays en Europe ». « Il faut éviter de faire des conclusions prématurées, généralisées, des préjugés. Dire que la liberté de la presse a cessé d’exister en Hongrie ce n’est pas sérieux, tout comme le dire pour l’État de droit ou la démocratie », a-t-il ajouté.

Le ministre a précisé que le gouvernement hongrois acceptait la critique objective mais avait le sentiment qu’il y avait « un certain langage excessif des émotions, un peu trop forte à mon goût » dans les commentaires sur le texte. 

Le ministre a expliqué attendre « l’analyse, les commentaires les recommandations et les propositions éventuelles de la Commission européenne. Il faut un examen objectif».  Tout en précisant qu’aucune procédure juridique n’était en cours. 

Egalité de traitement
 
S’il ne sait pas pas combien de temps va durer l’étude de la loi par la Commission, M. Martonyi a souhaité que celle-ci soit la plus rapide possible, car les doutes ne « facilitent pas la présidence hongroise » de l’UE. Le ministre s’est dit « optimiste sur les conclusions » de l’exécutif européen. Il a cependant rappelé que son pays était « ouvert à une modification du texte » mais pas « disposé à retirer la loi ».

Reprenant les propos du premier ministre hongrois Viktor Orban, M. Martonyi a aussi évoqué le principe de « non-discrimination », d’« égalité de traitement » entre les États membres de l’UE. En clair, la Hongrie pourrait modifier son texte, mais « s’il y a une disposition juridique similaire dans le système juridique d’un autre État membre, il sera difficile de justifier que l’on doit la changer [chez nous] sans que l’autre État ne doive le faire », a-t-il précisé.

Des mal-entendus

Selon Janos Martonyi « il y a eu un certain nombre de mal entendus ». Et le ministre d’expliquer que, contrairement à ce qui a pu être dit, si les autorités constatent un manque d’impartialité de la part d’un média, elles n’ont pas le droit d’imposer une amende. (article 181 paragraphe 5 de la loi). 

L’autorité, chargée de surveiller la partialité des médias, et le le système des amendes étaient déjà présents dans l’ancienne loi, a-t-il par ailleurs précisé. Selon lui, cette loi ne fait que combler les lacunes de l’ancienne législation, comme par exemple des problèmes « de langages inacceptables » utilisés, en particulier sur internet, et « qui violent la dignité humaine ». Ce texte a été adopté, car « la situation est insoutenable », a-t-il ajouté.

Le ministre a enfin justifié le texte hongrois en indiquant qu’il était conforme à une directive européenne qui autorise quatre limitations à la liberté d’expression  : la violation de la dignité humaine, la protection des mineurs, le droit à la concurrence et l’incitation à la violence.