Dans leur lobbying, les entreprises doivent prendre en compte la crise et Lisbonne

Un rapport publié en septembre par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP) propose de nouvelles pratiques de lobbying pour les entreprises françaises à Bruxelles.

EURACTIV.fr

Un rapport publié en septembre par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP) propose de nouvelles pratiques de lobbying pour les entreprises françaises à Bruxelles.

La crise et l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne ont un peu bousculé les institutions européennes. Et avec, les pratiques de lobbying des entreprises à Bruxelles, explique la Chambre de commerce et de l’industrie de Paris dans son nouveau rapport publié en septembre.

Transparence 

« La transparence accrue des institutions européennes, la crise financière, le Traité de Lisbonne et l’arrivée sur la scène bruxelloise de nouveaux acteurs sont autant d’éléments qui invitent à porter un regard neuf sur le lobbying des entreprises françaises », explique la chambre. 

Face à l’évolution rapide des institutions européennes, la CCIP recommande tout d’abord aux entreprises de ne pas limiter leur action de lobbying à la réponse aux consultations de la Commission. Il faut non seulement « mieux identifier » les questionnaires décisifs en fonction du secteur d’activité. Mais surtout, « prendre en compte le rôle croissant des nouveaux acteurs ou d’intervenir auprès des ’ trilogues’ informels ».

Les lobbyistes doivent également se positionner sur les études d’impact réalisées de la Commission, explique le rapport. Un domaine où il existe encore de grandes lacunes, car les Français seraient «moins bons à produire des chiffres ».

La CCIP préconise également aux représentants des entreprises françaises d’intervenir auprès du Parlement et des collectivités territoriales qui, depuis le Traité de Lisbonne, ont plus de poids dans le processus de décision communautaire. Ils ne doivent pas non plus négliger les États, notamment lorsque les intérêts nationaux divergent des politiques communautaires, ajoute le rapport.

Crise financière et mondialisation

La crise financière a également eu un impact sur les activités de lobbying. Elle a modifié les priorités législatives européennes, en générant un « activisme sur certains sujets et un attentisme sur d’autres ». Les entreprises cherchent d’avantage à défendre leurs intérêts en tant qu’emprunteurs, et peuvent par exemple se fédérer autour d’un think tank bruxellois, propose la CCIP.

Les lobbyistes doivent de plus composer avec la concurrence de leurs homologues issus des puissances « extra-européennes », attirés par le poids croissant de la Commission dans les négociations internationales. Pour faire face à ces nouveaux acteurs, le rapport suggère de « prendre conscience du marchandage économique imposé par certains partenaires commerciaux de l’UE, – notamment la Chine et le Japon -, lequel perturbe les projets législatifs ».

La CCIP souligne également l’importance des think tanks, dans le jeu d’influence, et regrette l’absence de  structure française. « Il n’existe pas à Bruxelles de think tank français représentant clairement les intérêts des entreprises sur le modèle allemand du Konrad Adenauer Stiftung qui puisse véhiculer une vision française sur quelques sujets stratégiques comme l’énergie ou la politique industrielle. »