Jerzy Buzek, un an et demi d’action au Parlement européen

Elu le 14 juillet 2009, le polonais Jerzy Buzek (PPE) est déjà à la moitié de son mandat de Président du Parlement européen. En un peu plus d’un an, il a su s’imposer à son poste.

EURACTIV.fr

Elu le 14 juillet 2009, le polonais Jerzy Buzek (PPE) est déjà à la moitié de son mandat de Président du Parlement européen. En un peu plus d’un an, il a su s’imposer à son poste.

Traité de Lisbonne, crise économique… En devenant président du Parlement européen le 14 juillet 2009, Jerzy Buzek savait qu’il aurait du travail. Elu avec la plus forte majorité jamais obtenu par un Président du PE, il a su s’imposer. « Il est seulement à la moitié de son mandat, mais il a déjà un héritage », souligne le chercheur au Centre for European Studies (CEPS), Piotr Kaczy?ski, interrogé par EURACTIV.com.

Pour ce Polonais, Jerzy Buzek a répondu à ce qui lui avait été demandé et a même parfois été plus loin. « Il a une importance beaucoup plus importante que n’importe lequel de ses prédécesseurs », précise-t-il.

Très populaire en Europe de l’Est, M. Buzek est souvent le porte parole des intérêts de ces pays auprès de l’UE. Et ce devrait encore être le cas dans les négociations sur le changement climatique ou la sécurité énergétique.

Lobbyiste du traité de Lisbonne

Lors de cette première partie de mandat, M. Buzek s’est particulièrement attaché à l’adoption du traité de Lisbonne. Il est personnellement intervenu auprès des eurosceptiques, tels que le président tchèque Vaclav Klaus, pour les convaincre. « Je suis intimement persuadé que ce traité fournira aux citoyens européens un instrument particulièrement efficace pour relever les défis et combattre les menaces auxquelles l’UE doit faire face », explique-t-il dans une interview à Touteleurope.eu.         

Le président du Parlement a aussi dû faire face à la crise de la dette souveraine grecque. « L’Union monétaire ne suffit pas, elle doit aller de pair avec une union économique », souligne-t-il. Pour lui, la sortie de crise passe par la mise en oeuvre de la stratégie « Europe 2020 » qui établit « les conditions de notre compétitivité sur les marchés mondiaux ».

Pour M. Buzek, la place de l’Union dans le monde est très importante. «L’UE doit être forte à l’extérieur comme à l’intérieur, si nous voulons répondre aux attentes de nos citoyens. Le service d’action extérieure nous aidera à promouvoir une gouvernance mondiale », explique-t-il. Et s’il souhaite une plus grande coopération euro-atlantique au G20, M. Buzek rappelle que l’Europe seule est aussi un acteur de poids. « Nous avons réglé nous-mêmes l’épineux problème des Balkans occidentaux en proposant aux pays concernés d’adhérer à l’UE».

Défenseur des droits de l’homme

Face aux grands partenaires de l’UE, en particulier la Chine, M. Buzek estime que les droits de l’homme, sujet auquel le Parlement est particulièrement attaché, ne doivent pas être occultés. « Ils devraient toujours être mentionnés quand on discute économie et coopération », explique t-il, précisant que ces mêmes droits doivent être respectés dans l’UE. « Nous devons protéger la minorité rom contre tout type de discrimination. Le problème requiert une solution européenne », souligne-t-il. L’aide à ces citoyens européens sera un des défis de la seconde partie de son mandat. « Nous aimerions discuter de la manière dont on peut aider la communauté rom via l’utilisation des fonds structurels ».

La fin de son mandat sera marquée par les négociations sur le budget de l’UE. « Si nous voulons relancer le marché unique, il nous faut investir dans de nombreux domaines pour être économiquement forts. Nous devons articuler nos investissements autour de deux axes : recherche et innovation et fonds structurels », précise-t-il.

M. Buzek voudrait aussi une Communauté européenne de l’énergie pour un approvisionnement en énergie sûr et plus économique. Pour Piotr Kaczy?ski, cette Communauté est le grand projet politique du président du Parlement. Il pourrait d’ailleurs s’opposer au commissaire à l’Energie Gunther Oettinger, qui« montre peu d’intérêt » pour le sujet.