La Belgique soumet une initiative citoyenne européenne pour protéger ses frites
La tentative de la Belgique de faire des « frites » un mets traditionnel protégé par le droit européen a pris un nouvel élan aujourd'hui (1er avril), lorsque le « Brussels Frites Forum » a soumis une initiative citoyenne européenne ayant recueilli un million de signatures de citoyens européens compréhensifs.
La tentative de la Belgique de faire des « frites » un mets traditionnel protégé par le droit européen a pris un nouvel élan aujourd'hui (1er avril), lorsque le « Brussels Frites Forum » a soumis une initiative citoyenne européenne ayant recueilli un million de signatures de citoyens européens compréhensifs.
Cette initiative citoyenne surprise a été présentée à la Commission européenne aujourd'hui (1er avril), à l'occasion du lancement des initiatives citoyennes européennes (ICE), le premier mécanisme européen de démocratie participative.
L'initiative citoyenne européenne (ICE), comme le prévoit le traité de Lisbonne, permet aux citoyens de déposer une proposition de loi auprès de l'UE à condition qu'ils parviennent à rassembler un million de signatures issues d'un nombre significatif d'Etats membres (EURACTIV 14/01/10).
Grâce à son million de signatures, le Brussels Frites Forum espère obtenir que la Belgique soit le seul pays à pouvoir vendre des patates frites sous le nom de « frites », en tant que mets traditionnel encadré par une indication géographique protégée (voir « Contexte »).
Ainsi, Bruxelles jouirait des mêmes droits que d'autres régions célèbres pour leurs spécialités culinaires, comme le Parmigiano Reggiano, le Camembert, le Somerset Cider Brandy et le Champagne.
Des méthodes de friture à part
Pierre Omdeterre, le directeur du Brussels Frites Forum, a déclaré que la partie la plus difficile de la campagne avait été de rassembler au sein d'un comité des citoyens d'au moins sept Etats membres comme le requiert le droit européen.
Un membre hongrois du comité, qui s'est confié à EURACTIV sous le couvert de l'anonymat, a expliqué qu'il avait accepté de signer la pétition en échange de la reconnaissance par la Belgique que les choux de Bruxelles étaient en réalité originaires de Budapest. Un membre italien a affirmé avoir échangé sa signature contre la reconnaissance par la Belgique que l'Apfelstrudel venait des Dolomites.
M. Omdeterre a déclaré qu'un dossier avait été préparé par le comité et qu'il contenait de nombreuses preuves scientifiques que les frites belges avaient un goût différent des autres patates frites.
« Le fait de les plonger à deux reprises dans de la graisse de boeuf bouillante leur donne une texture et un goût différents qui ne peuvent être obtenus avec aucun autre type de graisse », a-t-il expliqué.
Un porte-parole du ministère français de l'agriculture a affirmé que ce n'était pas la première fois que certains esprits mal pensants tentaient d'attribuer une indication géographique protégée à la pomme de terre.
« Les pommes de terre ne sont pas un produit que l'on peut s'approprier. Elles appartiennent à tout le monde. S'ils veulent lancer le débat sur ceux qui les cuisinent le mieux, je suis sûr que nous gagnerons », a-t-il affirmé.
Dans le même temps, des sources proches du principal syndicat des cultivateurs de pommes de terre ont laissé entendre que si la Commission acceptait d'enregistrer l'initiative citoyenne belge, des tracteurs organiseraient un blocus à la frontière franco-wallonne.
Daniel Fyshhe-Super, du Chipped Potato Suppliers Group britannique, a déclaré que l'initiative belge était un exemple flagrant de « guérilla de la publicité ».
« Les frites sont un produit de base du régime alimentaire britannique, et ce depuis des siècles. Des milliers de citoyens britanniques souffrent de problèmes de cholestérol et le payent de leur vie, tout ça pour l'amour des frites », a-t-il expliqué.
« Nous pourrions mourir pour elles, nous sommes prêts à nous battre. »
?[Note du rédacteur : veuillez jeter un oeil à la date de publication]