La France commence son recrutement pour le SEAE

Alors que le règlement sur le statut des fonctionnaires du service européen pour l’action extérieure (SEAE) fait l’objet de discussions entre le Parlement et le Conseil, les ministères commencent à préparer les candidatures de leurs fonctionnaires nationaux.

EURACTIV.fr
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Alors que le règlement sur le statut des fonctionnaires du service européen pour l’action extérieure (SEAE) fait l’objet de discussions entre le Parlement et le Conseil, les ministères commencent à préparer les candidatures de leurs fonctionnaires nationaux.

Le service des ressources humaines du secrétariat général du ministère de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche a lancé, le 18 août, dans une note de service, un « appel à candidatures par voie de détachement », pour 34 postes à pourvoir dans les délégations du SEAE.

Ces fonctions sont attribuées pour quatre ans, renouvelables une fois, et prolongées de deux ans, dans des cas exceptionnels. Parmi les postes se trouvent ceux de chef de la délégation de l’Union au Belarus, chef de la section politique auprès de la délégation de l’UE en Arabie Saoudite, à Hong-Kong ou en Colombie, ou des postes au sein de la délégation de l’UE aux Nations unies.

Les candidatures doivent être envoyées avant le 10 septembre et les premières prises de fonctions sont prévues pour le 1er octobre ou le 1er novembre prochains. Les postes à responsabilité seraient répartis après des négociations entre les États membres. Au total, plus de 80 places seraient à pourvoir dans le nouveau Service européen.

De son coté, le Quai d’Orsay dit ne pas être au courant de cette note de service et s’étonne  : « On ne sait pas combien de postes seront ouverts aux Français. Les recrutements ne seront pas finalisés avant la mise en place du SEAE. Nous avons juste demandé aux fonctionnaires s’ils étaient intéressés », précise-t-on au Quai d’Orsay.

Des fonctionnaires certifiés

Parallèlement, les députés européens de la commission des Affaires juridiques du Parlement européen ont débattu, jeudi 2 septembre, du futur statut des fonctionnaires du SEAE. Ils ont insisté sur l’importance de l’égalité des droits et des obligations des fonctionnaires de ce service, qu’ils soient employés de l’UE ou agents temporaires.

Pour l’eurodéputé allemand Bernhard Rapkay (S&D), la procédure de sélection doit être objective et transparente. Il prend en compte le genre des fonctionnaires nationaux, choisis selon leur mérite, et une bonne répartition entre les États d’origine. Sur les 6000 fonctionnaires que devraient compter le SEAE, entre un tiers et 40% seront directement issus des administrations des 27 États membres.

La note du ministère de l’Agriculture présente les trois conditions nécessaires aux citoyens européens pour postuler. La première est de pouvoir être détaché auprès du SEAE. Le ministère précise que tout candidat doit être fonctionnaire. Les contractuels ne peuvent donc pas postuler.

La deuxième condition est d’obtenir une attestation du ministère des Affaires étrangères et européennes prouvant leur appartenance au « service diplomatique national ».

61 ans maximum

« L’appel d’offres a été interministériel mais ce seront plutôt des diplomates », s’inquiète un candidat, interrogé par EURACTIV.fr. Chaque ministère des Affaires étrangères doit en effet délivrer un certificat d’appartenance à la diplomatie nationale. Le candidat craint que le Quai d’Orsay et ses homologues ne favorisent davantage leurs propres fonctionnaires. Ils auront un « un droit de contrôle, de réserve », concernant les autres ministères, poursuit le candidat.

Enfin, les postulants doivent être âgés de moins de 61 ans à la date limite d’introduction des candidatures.

Si les candidatures pour les emplois en délégations semblent être en cours, seuls dix postes à très haut niveau seraient ouverts au sein de l’administration centrale à Bruxelles, dont la place de secrétaire général, qui intéresse la France. C’est l’actuel ambassadeur français à Washington, Pierre Vimont, qui devrait occuper cette fonction.

Ces postes seront répartis à la suite de négociations entre les États membres. En plus du Français, l’entourage de la Haute représentante Catherine Ashton devrait être composé d’une Allemande et d’un Polonais, selon l’ancien ambassadeur Michel Fouchet. Les noms d’Helga Schmid et Miko?aj Dowgielewicz sont souvent évoqués.

Les « heureux élus » devraient être connus en octobre. Mais l’organigramme de ces postes à haute responsabilité n’est pas encore déterminé. Si Catherine Aston a proposé un projet d’organigramme, elle conserve la possibilité de le retoucher après en avoir discuté avec son secrétariat général.