Les Capitales : L’UE supplie les États-Unis d’imposer ses droits de douane
Aujourd’hui dansLes Capitales : incertitude autour des futurs droits de douane américains, la Commission justifie son refus de donner accès aux SMS du Pfizergate, la Slovénie interdit les exportations d’armes vers Israël, et le futur président polonais durcit le ton face à l’Ukraine sur un conflit de la Seconde Guerre mondiale.
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À LA UNE
Dimanche 27 juillet, Ursula von der Leyen et Donald Trump sont parvenus à un accord limitant les droits de douane sur la plupart des produits européens à 15 %. L’UE se repose sur une simple promesse verbale de Donald Trump, sans qu’aucun accord écrit ne vienne garantir quoi que ce soit. Les deux parties s’attèlent en ce moment même à la rédaction d’une déclaration écrite.
Hier, à la veille de l’entrée en vigueur des nouveaux droits sur les produits européens, Donald Trump a soudainement repoussé leur application d’une semaine — soit au 7 août.
Désormais, l’UE part du principe que les États-Unis imposeront 15 % sur la plupart des produits à partir de cette date. Un taux certes inférieur à la menace initiale de 30 %, mais toujours plus élevé que les 10 % appliqués jusqu’à présent.
Bruxelles s’accroche à ce compromis comme à une bouée de sauvetage.
« L’Union européenne est clairement convaincue que les États-Unis appliqueront le plafond tarifaire général convenu », a déclaré jeudi 31 juillet Olof Gill, porte-parole de la Commission, devant les journalistes, avec plus d’espoir que de certitude.
Il a ajouté qu’il pensait que les États-Unis respecteraient l’accord : « La balle est dans leur camp ». Si elle est respectée, la limite de 15 % s’appliquera aux principales exportations européennes — vins, spiritueux, produits pharmaceutiques, semi-conducteurs — et pourrait atténuer l’impact sur l’industrie automobile allemande, en réduisant les tarifs sur les voitures de 27,5 % à 15 %. Mais les incertitudes sont nombreuses, et Donald Trump reste, après tout, imprévisible.
Cette posture adoptée par l’UE montre à quel point le locataire de la Maison-Blanche a bouleversé les règles du commerce international en à peine sept mois.
Comparée à d’autres partenaires commerciaux, l’UE s’en sort moyennement bien : le Royaume-Uni, qui a été le premier à négocier un accord, a obtenu un plafond de 10 %, tandis que le Japon et la Corée du Sud ont accepté, comme l’UE, 15 %. Les pays d’Asie du Sud-Est, eux, sont confrontés à des taux proches de 20 %.
D’autres pays sont plus mal lotis, tels que le Canada, qui verra son droit de douane pour les produits exportés vers les États-Unis entrer en vigueur dès aujourd’hui, avec une hausse de 25 % à 35 %. La Suisse se verra quant à elle imposer des droits de douane de 39 %, un taux bien supérieur aux 31 % négociés en avril.
Mais le fait qu’il n’existe toujours pas d’accord écrit est problématique. Si une déclaration conjointe entre Ursula von der Leyen et Donald Trump est en cours de négociation, à ce jour rien de concret n’a été mis sur le papier. L’UE peut uniquement se reposer sur une simple entente verbale et quelques promesses. Une fois le texte finalisé, il devra encore être validé par le Conseil de l’UE — un processus qui pourrait durer des semaines, voire des mois. Donald Trump s’en tiendra-t-il aux 15 % convenus le 7 août ?
En attendant, les partisans de la stratégie de la Commission — qui y voient un compromis utile en échange d’une coopération accrue sur le dossier ukrainien — trouveront un motif de satisfaction : Donald Trump a récemment haussé le ton vis-à-vis de Vladimir Poutine.
Le président américain a exigé qu’un accord de paix soit trouvé avant le 8 août. Il a dénoncé le comportement de Moscou comme « répugnant » et a menacé de sanctions si aucun cessez-le-feu n’était conclu d’ici là.
INSTITUTIONS EUROPÉENNES
Pfizergate : la Commission a laissé disparaître les SMS entre Ursula von der Leyen et Albert Bourla. Une lettre adressée au New York Times révèle que la Commission a laissé disparaître des SMS échangés entre sa présidente, Ursula von der Leyen, et le PDG de Pfizer, Albert Bourla, lors des négociations sur les vaccins contre la Covid.
Ces messages, qui sont au cœur du scandale du « Pfizergate », ont été échangés début 2021 lors des négociations sur le plus important contrat pour l’achat de vaccins conclu par l’Union européenne.
Le New York Times demande l’accès à ces messages depuis 2022 et a obtenu gain de cause devant les tribunaux contre la Commission qui refusait de les divulguer. Dans sa réponse, envoyée le 28 juillet, la Commission maintient pourtant son refus de les communiquer. Lire l’article de Elia Braun.
Londres attend toujours une offre claire pour intégrer le programme de financement de la défense SAFE de l’UE. Le Royaume-Uni attend toujours une proposition formelle pour rejoindre le programme SAFE de l’UE, mais les désaccords politiques et le calendrier pourraient compromettre la participation des industriels britanniques. Un article de notre journaliste défense Aurélie Pugnet.
LES CAPITALES
KIEV
L’Ukraine rétablit ses agences anti-corruption. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a signé jeudi 31 juillet une loi rétablissant l’indépendance des principales agences anti-corruption ukrainiennes, quelques jours après que les législateurs ont déclenché un tollé national en les privant de pouvoirs essentiels.
Le parlement a voté à une large majorité en faveur de l’abrogation des modifications controversées, qui conféraient au procureur général un contrôle étendu sur ces agences, une mesure que les détracteurs jugeaient contraire à la démocratie et susceptible de compromettre la candidature du pays à l’adhésion à l’UE.
Ce revirement rapide fait suite à la pression croissante exercée par les alliés occidentaux, notamment de la Commission européenne, ainsi que des manifestants ukrainiens. « Une mesure bienvenue », s’est réjouie Ursula von der Leyen, tout en exhortant Kiev à poursuivre ses réformes.
LJUBLJANA
La Slovénie interdit les exportations d’armes vers Israël. La Slovénie devient le premier pays de l’Union européenne à interdire l’importation, l’exportation et le transit d’armes à destination ou en provenance d’Israël, en réaction à la guerre en cours à Gaza. Euractiv France avec AFP.
VARSOVIE
Pologne-Ukraine : le président polonais élu durcit le ton autour du massacre de Volhynie. Lors de son premier entretien officiel avec Volodymyr Zelensky, le président élu de Pologne Karol Nawrocki a exigé que l’Ukraine reconnaisse sa responsabilité dans le massacre de Volhynie, où des milliers de Polonais ont été tués par l’armée ukrainienne durant la Seconde Guerre mondiale. Un article de Aleksandra Krzysztoszek.
VILNIUS
Le Premier ministre lituanien démissionne en raison de soupçons de corruption. Le Premier ministre lituanien, Gintautas Paluckas a démissionné jeudi 31 juillet en raison de l’ouverture d’une enquête pour corruption visant des entreprises liées à lui, dont une qui a reçu des fonds européens et un prêt subventionné.
Il a également démissionné de son poste de président du Parti social-démocrate lituanien (LSDP), s’engageant à défendre son innocence pendant la durée de l’enquête.
PRAGUE
Lassitude croissante en République tchèque face aux réfugiés ukrainiens sur fond de tensions économiques. La lassitude de l’opinion publique tchèque envers les réfugiés ukrainiens ne cesse de croître, selon un récent sondage de l’agence STEM, qui révèle que 58 % des répondants estiment que le pays a accueilli « trop » de réfugiés depuis le début de la guerre. Par Aneta Zachová depuis Prague.
BUCAREST
La Roumanie pointée du doigt pour son laxisme face aux fraudes à la TVA. La procureure générale européenne, Laura Codruța Kovesi, a vivement critiqué les autorités roumaines pour leur incapacité à détecter et signaler les fraudes à la TVA, alors même que le pays affiche le plus grand déficit de perception de la TVA l’UE. Catalina Mihai.
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Basé sur la version en anglais The Capitals, par Eddy Wax et Nicoletta Ionta.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]