Musée sur les expulsions : Allemagne et Pologne sur la voie de l'apaisement
Une alliée d'Angela Merkel vilipendée en Pologne pour apologie nazie a déclaré qu'elle renoncerait à son siège dans le conseil d'administration du musée sur les expulsions d'après guerre d'Allemands d'Europe de l'est, une décision qui devrait apaiser un différend épineux entre Berlin et Varsovie.
Une alliée d'Angela Merkel vilipendée en Pologne pour apologie nazie a déclaré qu'elle renoncerait à son siège dans le conseil d'administration du musée sur les expulsions d'après guerre d'Allemands d'Europe de l'est, une décision qui devrait apaiser un différend épineux entre Berlin et Varsovie.
Le premier ministre polonais Donald Tusk a personnellement fait du lobby auprès de Mme Merkel pour qu’elle ne soutienne plus Erika Steinbach. Un magazine polonais l'a caricaturée dans un uniforme nazi.
Le différendconcernant Mme Steinbach, directrice du Bloc des réfugiés, a également causé des divisions au sein de la coalition conservatrice de Mme Merkel avec le Parti démocrate libéral.
Le gouvernement allemand a trouvé hier (11 février) un compromis avec le Bloc, qui représente les intérêts de 12,5 millions d'Allemands expulsés de Pologne et d'autres parties de l'Europe de l'est après la défaite des nazis pendant la Seconde guerre mondiale.
Mme Steinbach, députée importante du parti de Mme Merkel, est une personnalité haïe en Pologne en raison de sa vigoureuse promotion des intérêts des expulsés et de sa décision de voter à l'encontre de la reconnaissance des frontières entre l'Allemagne et la Pologne au début des années 1990.
Après la guerre, les frontières polonaises ont été déplacées à l'ouest par un traité international et les communautés allemandes ont été forcées de quitter leurs domiciles en Pologne, en Hongrie et dans ce qui était alors la Tchécoslovaquie.
Les Polonais expliquent qu'ils craignent qu'on essaie de présenter les Allemands comme des victimes de la guerre qu'ils ont déclenchée et que le nouveau musée ne donne une version biaisée.
Mme Steinbach a dit qu'elle était contente de se tenir à l'écart de la fonction au musée, et que d’autres demandes de son Bloc avaient été satisfaites.
Je n'accepterai certainement pas d'être nommée maintenant, a dit Mme Steinbach aux journalistes. Je suis très contente de ce que nous avons réussi à faire. Il n'y a ni gagnants ni perdants.
D'après ce compromis, le Bundestag (chambre basse du Parlement) aura le droit d'apposer son veto au conseil d'administration du musée, ce qui n'est pas le cas du cabinet allemand.
La ligue obtiendra plus de sièges au conseil d'administration et le musée va s'agrandir. Le Parlement doit voter la loi pour approuver les nouveaux projets.
Le chef du parti démocrate Guido Westerwelle, qui s'était opposé à la nomination prévue de Mme Steinbach car il voulait éviter d’enflammer Varsovie, a dit qu'il était content de l'accord.
Le fait que le Parlement allemand choisisse les membres du conseil d'administration du musée garantit le respect des intérêts de notre politique étrangère et assure la transparence, a dit M. Westerwelle dans une déclaration.
Le conflit a été un casse-tête pour Mme Merkel car Mme Steinbach a de l'influence sur un grand nombre de ses démocrates-chrétiens conservateurs.
(EURACTIV avec Reuters, traduit de l'anglais par EURACTIV.)