Une eurodéputées affirme que Ioulia Timochenko est maltraitée en prison

L'ancienne première ministre ukrainienne, Ioulia Timochenko, qui purge une condamnation de sept ans de prison pour abus de pouvoir, pourrait avoir été maltraitée en prison. C'est ce qu'a déclaré hier (22 février) l'eurodéputée Zuzana Roithová, longtemps directrice de l'hôpital universitaire de Prague, après avoir rendu visite à cette figure de l'opposition.

EURACTIV.com
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L'ancienne première ministre ukrainienne, Ioulia Timochenko, qui purge une condamnation de sept ans de prison pour abus de pouvoir, pourrait avoir été maltraitée en prison. C'est ce qu'a déclaré hier (22 février) l'eurodéputée Zuzana Roithová, longtemps directrice de l'hôpital universitaire de Prague, après avoir rendu visite à cette figure de l'opposition.

Mme Timochenko a été condamnée en octobre dernier à sept ans de prison pour abus de pouvoir dans une affaire que l'Occident estime politiquement motivée. Sa condamnation a d'ailleurs entravé la signature d'un accord d'association entre l'Ukraine et l'Union européenne (voir « Contexte »).

De retour d'une visite à Kiev, Mme Roithová (Parti populaire européen, République tchèque) a déclaré que Mme Timochenko « pourrait être exposée à des substances toxiques ».

Mme Roithová s'est rendue dans la capitale ukrainienne du 19 au 21 février, afin d'aborder avec plusieurs personnes la question de l'état de santé de Mme Timochenko qui s'est plainte de problèmes sanitaires. L'eurodéputée tchèque a souligné que sa mission avait un caractère humanitaire et non politique.

« J'ai pu consulter une partie du dossier médical de Ioulia Timochenko remontant à novembre 2011. Ce dossier montre clairement que selon les résultats des tests médicaux de l'époque, ses vertèbres lombaires nécessitaient un traitement adéquat assorti d'anesthésiques, suivi de repos. Il mentionne également qu'une décision devait être prise ultérieurement sur une éventuelle opération chirurgicale après des examens plus approfondis. Il s'agit là de la procédure standard. Au lieu de cela, elle a été privée de ses béquilles, elle a dû subir des interrogatoires interminables et a même été temporairement privée d'antidouleurs », a expliqué Mme Roithová dans un communiqué écrit.

« Suite à cette mission, je prends beaucoup plus au sérieux les inquiétudes de la famille de Mme Timochenko qui craint qu'elle ne soit exposée à des substances toxiques pour qu'elle succombe aux pressions qui sont exercées sur elle. Il est par conséquent nécessaire que la communauté internationale insiste pour que l'Ukraine accepte qu'une analyse indépendante de prélèvements de tissus de Ioulia Timochenko soit réalisée régulièrement à l'avenir », a écrit l'eurodéputée.

Mme Roithová, ancienne directrice de l'hôpital universitaire de Královské Vinohrady à Prague, a déclaré qu'elle appréciait l'engagement et le travail des médecins étrangers qui ont examiné Mme Timochenko la semaine dernière.

Les médias allemands ont rapporté que Mme Timochenko était gravement malade après que des médecins de l'hôpital berlinois de la Charité ont examiné l'ancienne première ministre, sans toutefois donner de détails.

En Ukraine, Yevhen Pedachenko de l'Institut Romodanov de neurochirurgie a affirmé que l'état de Mme Timochenko ne requérait pas d'intervention chirurgicale.

Mme Roithová s'est toutefois dite inquiète de la « campagne de désinformation » qui a suivi la visite des médecins étrangers.

« La santé de Ioulia Timochenko laisse penser qu'elle a pu être maltraitée en prison. Je transmettrai les conclusions de ma mission et mes recommandations à la famille de Mme Timochenko et au groupe du Parti populaire européen dans les jours à venir », a-t-elle ajouté.