Ursula von der Leyen prône l’accélération de la réduction des risques vis-à-vis de la Chine

L’Union européenne doit accélérer sa stratégie de réduction des risques vis-à-vis de la Chine, a affirmé mardi 8 juillet Ursula von der Leyen au Parlement européen.

EURACTIV.com
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L’Union européenne doit accélérer sa stratégie de réduction des risques vis-à-vis de la Chine, a affirmé mardi 8 juillet Ursula von der Leyen. La présidente de la Commission européenne met également en garde contre le contrôle de Pékin sur des chaînes d’approvisionnement clés et son soutien à la Russie, perçus comme une menace croissante pour l’économie et la sécurité de l’Europe.

La présidente de la Commission a déclaré que les récentes restrictions à l’exportation imposées par la Chine sur les terres rares, utilisées dans la fabrication des smartphones,  véhicules électriques et autres technologies de pointe, montrent que sa politique de « réduction des risques mais pas de découplage » vis-à-vis de la deuxième économie mondiale doit « s’accélérer ».

La Chine domine l’approvisionnement mondial en terres rares, représentant environ 60 % de la production mondiale et 92 % de la capacité de raffinage.

« Nous avons tiré les leçons de l’ampleur des vulnérabilités liées aux dépendances », a affirmé Ursula von der Leyen face au Parlement européen à Strasbourg. « Et nous avons compris à quel point la technologie, le commerce et la sécurité sont intrinsèquement liés. La réduction des risques est simplement une question d’indépendance européenne. »

Les contrôles à l’exportation imposés par la Chine, introduits après que le président américain Donald Trump a déclenché une guerre commerciale totale contre Pékin au début de l’année, ont profondément alarmé les décideurs politiques et les entreprises européennes, certains groupes industriels avertissant que les fabricants de l’UE ont déjà été contraints de suspendre leur production.

Le récent dégel des tensions entre les États-Unis et la Chine et les efforts de Pékin pour atténuer l’impact des restrictions sur l’Europe n’ont pas non plus réussi à apaiser les inquiétudes du bloc.

Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie européenne, a déclaré la semaine dernière au ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, que ces contrôles continuaient de « faire peser des risques importants sur les entreprises européennes et de compromettre la fiabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales ».

Ursula von der Leyen, qui a fustigé Pékin lors d’une réunion du G7 au Canada le mois dernier, a également averti que les relations de l’Europe avec la Chine ne s’amélioreraient que si Pékin cessait son « soutien indéfectible » à la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine et réalisait des « progrès tangibles » pour améliorer l’accès au marché des entreprises de l’UE et réduire son excédent commercial croissant.

Le déficit commercial de l’UE avec la Chine s’est creusé pour atteindre 305 milliards d’euros en 2024, contre 297 milliards en 2023, selon la Commission. L’excédent commercial mondial de la Chine a également atteint un niveau record de 843 milliards d’euros en 2024.

Cette augmentation s’est produite malgré les efforts croissants de l’exécutif européen, qui supervise la politique commerciale de l’Union, pour protéger les entreprises européennes contre la concurrence chinoise de plus en plus féroce, notamment en imposant des droits de douane sur les véhicules électriques chinois. Bruxelles affirme que l’industrie des véhicules électriques de Pékin bénéficie de « subventions déloyales ».

Ursula von der Leyen a déclaré qu’elle soulèverait ces préoccupations lors d’un sommet UE-Chine qui se tiendra à Pékin à la fin du mois de juillet, où elle et le président du Conseil européen, António Costa, doivent rencontrer le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre Li Qiang.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]