« Un signal d'alerte clair » : la guerre en Iran exacerbe les craintes des entreprises de l'UE

Les trois quarts des PDG européens estiment que le conflit a nui aux perspectives à court terme

EURACTIV.com
[Photo : Thierry Monasse/Getty Images]

Une nouvelle étude révèle que la crise au Moyen-Orient a encore davantage ébranlé la confiance des chefs d’entreprise dans l’ensemble des économies de l’Union européenne, alors que la flambée des prix de l’énergie vient s’ajouter à d’autres défis à long terme.

Une étude publiée vendredi par la Table ronde européenne de l’industrie (ERT), un groupe de pression basé à Bruxelles, a révélé que deux tiers des PDG et présidents interrogés estiment que les conditions commerciales dans l’UE se sont détériorées au cours des six derniers mois.

Plus de la moitié des 57 personnes interrogées ont également déclaré s’attendre à une nouvelle détérioration de la situation économique d’ici la fin de l’année.

Ces résultats indiquent que l’indice global de confiance des entreprises a baissé au cours des deux dernières années – la plus longue période de baisse depuis qu’il a commencé à être mesuré au plus fort de la pandémie de Covid-19 en 2020.

Ces résultats constituent « un signal d’alerte clair pour les perspectives économiques de la région », a affirmé Sara Murray, directrice générale du Conference Board, un groupe de réflexion américain qui a contribué à la réalisation de l’enquête.

Elle a ajouté que l’étude a mis en évidence « certains contrepoints », notamment une amélioration des prévisions de ventes et une légère augmentation des conditions d’investissement, par ailleurs anémiques.

« Mais la situation générale reste préoccupante, notamment en matière d’emploi, où les PDG continuent d’avoir une vision très négative des perspectives en Europe », selon Murray.

La guerre américano-israélienne contre l’Iran, qui a bouleversé les marchés mondiaux du pétrole et du gaz et qui fait actuellement l’objet d’un cessez-le-feu fragile, a également conduit les chefs d’entreprise à citer l’insécurité énergétique comme le plus grand risque géopolitique pour leurs entreprises. Près des trois quarts des PDG ont déclaré que la guerre avait nui aux perspectives à court terme de leur entreprise.

Ces évaluations négatives contrastent fortement avec celles hors d’Europe, où les PDG se sont montrés nettement plus optimistes quant à la conjoncture économique.

Seuls 11 % des PDG ont indiqué avoir une opinion positive ou très positive des perspectives économiques de l’UE au-delà des trois prochaines années. Ce chiffre est à comparer aux 34 % enregistrés en Chine, aux 44 % aux États-Unis et aux 70 % en Inde.

Anthony Gooch Gálvez, secrétaire général de l’ERT, a déclaré que le pessimisme des PDG résulte de leur scepticisme croissant quant à la capacité de l’UE à intégrer à terme son marché unique, qu’il a qualifié de « priorité Rubik’s cube » de l’ERT.

« Pourquoi un Rubik’s cube ? Il a six faces, et ces six faces sont toutes aussi importantes les unes que les autres », a-t-il expliqué, en évoquant le marché unique des biens, des services, de l’énergie, des capitaux, du numérique, ainsi que la création d’un « 28e régime » à l’échelle de l’UE pour les start-ups.

« Nous disons : avançons au même rythme sur ces six fronts. »

(bw)