Allemagne : si elle remporte les élections, la CDU prévoit un remaniement ministériel

À quelques jours des élections fédérales allemandes de dimanche, le favori à la chancellerie, Friedrich Merz, a détaillé ses projets de restructuration du prochain gouvernement, si jamais il en prend la tête.

EURACTIV.com
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« Le bon au bon moment » — affiches électorales de Friedrich Merz (CDU). [Frank Hoensch/Getty Images]

À quelques jours des élections fédérales allemandes de dimanche, le favori à la chancellerie, Friedrich Merz, a détaillé ses projets de restructuration du prochain gouvernement, si jamais il en prend la tête.

Les électeurs allemands se rendront aux urnes ce dimanche 23 février pour élire un nouveau parlement. Les chrétiens-démocrates (CDU/CSU), parti conservateur de droite dirigé par Friedrich Merz, sont actuellement en tête des sondages avec environ 30 % des intentions de vote, devant l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) d’extrême droite, qui recueille 20 % d’intentions de vote.

En raison du « cordon sanitaire » allemand — un engagement pris par tous les partis traditionnels de ne pas gouverner avec l’extrême-droite —, Friedrich Merz devra probablement former une coalition avec le Parti social-démocrate (SPD) de centre gauche, ou les Verts, ou avec les deux.

Si tel est le cas, Friedrich Merz a précisé qu’il souhaitait démanteler le « super ministère » créé par le gouvernement sortant, qui a regroupé les responsabilités en matière d’économie et de climat au sein d’un même ministère, dirigé par le vice-chancelier écologiste Robert Habeck.

La fusion de ces deux domaines a été « une erreur de conception dès le départ », a déclaré le responsable politique allemand à Politico, évoquant les longs débats sur les pompes à chaleur en 2023, alors que l’économie allemande était en récession.

La controversée « loi sur le chauffage » — qui avait pour but d’introduire une interdiction de facto de l’installation de nouvelles chaudières à gaz ou à mazout — avait été l’une des initiatives phares de Robert Habeck et avait suscité des réactions négatives tant de la part du public qu’au sein de la coalition gouvernementale, qui s’est dissoute en novembre dernier.

Sous un gouvernement dirigé par les conservateurs, la responsabilité de la protection du climat devrait probablement revenir au ministère de l’Environnement, où elle était gérée lors des mandats précédents. Mais Friedrich Merz a précisé que ce point restait à déterminer.

L’annonce du responsable conservateur s’inscrit dans la lignée de son parti, la CDU, qui souhaite notamment intégrer la responsabilité des questions relatives au travail au ministère de l’Économie, plutôt que de la combiner avec les affaires sociales, comme l’a fait le gouvernement actuel.

« La politique du marché du travail est une politique économique, pas une politique sociale », avait affirmé Friedrich Merz l’année dernière, critiquant la réforme des allocations de chômage du gouvernement sortant qui, selon les chrétiens-démocrates, réduit les incitations à travailler.

Sur les questions européennes, la CDU a promis de renforcer le rôle de coordination de la chancellerie, afin d’éviter les situations où Berlin doit s’abstenir de voter à Bruxelles en raison de désaccords internes — un scénario connu sous le nom de « vote allemand ».

Alors que le parti frère bavarois de la CDU, la CSU, a demandé à plusieurs reprises d’exclure une coalition avec les Verts, qualifiant Robert Habeck de « visage de la crise économique », Friedrich Merz espère pouvoir former une coalition avec le SPD ou les Verts — en les mettant en concurrence.

(AM)