Catalogne : échec du referendum sur l’indépendance [FR]

Le taux de participation au référendum « informel » du 13 décembre, portant sur la question de savoir si la Catalogne devait faire sécession de l’Espagne, n’a pas été à la hauteur des espérances de ses organisateurs. Toutefois, ces derniers ont affirmé qu’il y avait eu un nombre de participants suffisant pour dynamiser leur campagne séparatiste.

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Le taux de participation au référendum « informel » du 13 décembre, portant sur la question de savoir si la Catalogne devait faire sécession de l’Espagne, n’a pas été à la hauteur des espérances de ses organisateurs. Toutefois, ces derniers ont affirmé qu’il y avait eu un nombre de participants suffisant pour dynamiser leur campagne séparatiste.

Environ 30 % des 700 000 électeurs de 170 villes et villages de la région, cœur de la langue catalane, ont voté pour déterminer si la Catalogne devait ou non devenir un Etat indépendant au sein de l’Union européenne, selon les organisateurs.

Ce chiffre est inférieur à l’objectif initial de 40 % mis en avant par les meneurs de la campagne, qui souhaitaient faire pression sur les plus importants partis politiques de Catalogne afin qu’ils appellent à un vrai référendum sur la sécession à l’avenir.

Les premiers résultats ont montré que presque 95 % de ceux qui ont voté voulaient que la Catalogne, qui a une population de presque sept millions d’habitants et qui bénéficie d’ores et déjà d’une autonomie considérable, quitte l’Espagne.

Toutefois, étant donné qu’il y avait de grandes chances que les séparatistes soient ceux qui allaient être les plus attachés à prendre part à ce vote, que le gouvernement espagnol a balayé d’un revers de la main comme étant illégitime, les organisateurs attendaient plutôt de connaître le niveau de participation.

Le résultat du vote, qualifié d’inutile par le gouvernement espagnol, n’aura aucun impact juridique, mais les organisateurs espèrent organiser un autre référendum plus important dans la capitale de la région, Barcelone, l’année prochaine.

Ceci a constitué un évènement important qui va nous pousser vers l’indépendance, a déclaré à Reuters par téléphone le porte-parole de la campagne pour le référendum Uriel Bletran.

Cette campagne a été organisée par une coalition de nationalistes catalans, y compris des partis d’extrême gauche et des membres dissidents du plus important groupe politique de Catalogne, Convergencia i Unio (centre droit). Leur campagne a été bien organisée, mais certains de leurs alliés ont affirmé qu’ils avaient du utiliser une partie des ressources destinées aux élections officielles pour mobiliser les électeurs.

Les élections régionales en Catalogne doivent avoir lieu fin 2010, et toute montée du sentiment séparatiste poserait un sérieux problème au premier ministre espagnol socialiste José Luís Rodriguez Zapatero, alors qu’il doit concentrer ses efforts pour sortir l’Espagne de la récession sans troubler les marchés des dettes.

Il y a eu un flot constant de votants tout au long de la journée dans les villes choisies pour le vote, ce qui inclut notamment des fiefs nationalistes où le catalan est plus largement parlé que l’espagnol. La Catalogne, qui a une identité culturelle distincte depuis le Moyen-âge, bénéficie déjà d’un contrôle considérable sur ses affaires internes.

Toutefois, le sentiment séparatiste, qui est réapparut après la mort du dictateur Francisco Franco en 1975, a été attisé par des rumeurs selon lesquelles la cour constitutionnelle espagnole allait rejeter la majeure partie de la nouvelle constitution régionale, dont le préambule définit la Catalogne comme une nation.  

Le vote de dimanche a fait passer la campagne référendaire à un niveau supérieur, à la suite de son premier essai en septembre, lorsque plus de 2 000 habitants de la petite ville de Arenys de Munt ont voté sur cette question, 96 % d’entre eux étant pour l’indépendance.

Les sondages d’opinion diffèrent sur le niveau de soutien à l’indépendance en Catalogne, où environ la moitié de la population parle catalan à la maison plutôt qu’espagnol.

Le gouvernement espagnol a déclaré que la constitution n’autoriserait pas un vrai référendum sur l’indépendance régionale.

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV.)