Prêt de réparation pour l’Ukraine : les « risques » évoqués reposent sur des mensonges russes, selon Kiev
Mardi 16 décembre, le ministre ukrainien des Affaires étrangères a exhorté les dirigeants de l’UE à accepter d’utiliser les avoirs russes gelés détenus au sein d’Euroclear pour accorder à Kiev un prêt de réparation.
L’utilisation des avoirs russes immobilisés, principalement détenus en Belgique, fera l’objet d’un débat houleux lorsque les dirigeants de l’UE se réuniront jeudi 18 décembre pour un sommet du Conseil européen.
L’Allemagne et d’autres États membres de l’UE font pression pour qu’un accord soit conclu sur le plan de prêt de 210 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine. Cependant, la Belgique, soutenue par l’Italie, la Bulgarie et Malte, s’oppose à cette initiative, arguant que les risques financiers et juridiques sont trop élevés.
Sur les réseaux sociaux, le ministre ukrainien Andriy Sybiha a affirmé que les préoccupations de la Belgique étaient exagérées.
« La Russie a multiplié les tentatives pour semer la peur et répandre des mensonges sur la manière dont cette mesure menacerait la stabilité financière, l’État de droit, entraînerait des représailles ou d’autres conséquences « apocalyptiques », a écrit Andriy Sybiha. « En réalité, aucune de ces menaces n’est crédible et la plupart de ces craintes sont totalement infondées […] Moscou se contente de vendre de la peur, comme elle le fait habituellement avant de prendre des mesures importantes pour contrer son agression. »
Les dirigeants européens sont actuellement engagés dans d’intenses négociations de paix avec les États-Unis et l’Ukraine, et deux jours avant qu’ils ne se réunissent pour leur deuxième Conseil européen afin de discuter du financement du soutien futur à l’Ukraine, après avoir échoué à parvenir à un consensus en octobre.
Les dirigeants belges ont déclaré qu’ils ne soutiendraient pas le prêt à moins que tous les États membres de l’UE ne partagent les mêmes risques financiers et juridiques. La Belgique craint de devoir rembourser la totalité du prêt si un tribunal se prononce en faveur de Moscou à l’avenir.
Andriy Sybiha a toutefois fait valoir qu’il s’agissait d’une « question de justice ».
« Les mécanismes mis au point par la Commission européenne sont juridiquement solides, moralement corrects et équitables en termes de partage des risques », a déclaré Andriy Sybiha. « Nous exhortons tous les États membres de l’UE à franchir cette étape stratégique importante cette semaine. »
Les ambassadeurs de l’UE se réunissent aujourd’hui dans un dernier effort pour apaiser les inquiétudes de la Belgique avant le sommet de jeudi.
La Belgique a soumis la semaine dernière plus de 40 pages d’amendements à la proposition juridique initiale de la Commission. Les demandes comprennent une protection juridique et financière supplémentaire pour Euroclear et l’obligation de maintenir les garanties de l’UE même si le programme de prêt échoue.
La Belgique reste farouchement opposée au prêt malgré les efforts de la Commission pour répondre à ces préoccupations dans un texte juridique amendé distribué hier aux ambassadeurs de l’UE, selon des diplomates européens.