David Cameron hypocrite sur l’euro, selon les Écossais
L’Angleterre et l’Écosse se sont disputées hier (23 avril) sur la monnaie qu’un éventuel État écossais indépendant devrait utiliser, ce qui a ravivé le débat sur un référendum relatif à l’indépendance de l’Écosse l’année prochaine.
L’Angleterre et l’Écosse se sont disputées hier (23 avril) sur la monnaie qu’un éventuel État écossais indépendant devrait utiliser, ce qui a ravivé le débat sur un référendum relatif à l’indépendance de l’Écosse l’année prochaine.
Selon George Osborne, le ministre britannique des finances, son ministère pourrait refuser une union monétaire officielle avec une Écosse indépendante, à moins que les dépenses publiques écossaises soient sérieusement revues à la baisse et que le pays réduise sa dette pour rassurer les marchés.
Critiquant les propositions du premier ministre écossais, Alex Salmond, de créer une nouvelle zone sterling, le ministère des finances a indiqué qu'il doutait sérieusement qu'un pacte monétaire soit dans l’intérêt du Royaume-Uni.
M. Osborne s'est exprimé le jour de la Saint-Georges, qui célèbre le saint patron d'Angleterre, ce qui n’a pas manqué de pimenter quelque peu ses propos.
Une union monétaire risquée pour le Royaume-Uni
Si M. Salmond remporte le référendum sur l'indépendance, prévu le 18 septembre 2014, une union monétaire pourrait rendre la Grande-Bretagne plus vulnérable face aux spéculateurs et le pays pourrait voir sa notation revue à la baisse sur les marchés financiers, précise le rapport du ministère des finances.
Selon ce même rapport, « même si des restrictions sont mises en place, le raisonnement économique qui pousserait le Royaume-Uni à] participer officiellement à une union monétaire avec un État séparé n'est pas clair ».
M. Osborne a également expliqué que le nouveau gouvernement écossait fraîchement indépendant serait tenu de s'engager formellement à rejoindre la zone euro pour faire partie de l'UE, ce qui accentue les doutes sur la viabilité d'un pacte sur la livre sterling.
Reste à savoir comment l'Écosse redemanderait son adhésion à l'UE si l’issue du référendum s’avère favorable à l'indépendance.
Le document intitulé « Scotland Analysis : currency and monetary policy » (Analyse de l'Écosse : monnaie et politique monétaire), conclut : « Si les marchés financiers considèrent qu'une union monétaire (ou un régime de taux de change fixes) n'est pas viable d'un point de vue économique ou politique ou qu’elle ne constitue qu’un arrangement temporaire, l’accord sera immédiatement la cible des pressions des spéculateurs »
Un nouveau membre de la zone euro ?
Selon ce document, les finances et l'économie de l'Écosse seraient affaiblies en cas d’indépendance. Édimbourg devrait choisir entre une entrée immédiate dans la zone euro, la création de sa propre monnaie ou le maintien de la livre sterling sans accord à l'échelle du Royaume-Uni.
Décrivant le Royaume-Uni comme « l'une des unions monétaires, budgétaires et politiques les plus c réussies de l'Histoire », les auteurs de ce document affirment : « Tous les accords portant sur une autre monnaie seraient probablement moins viables économiquement pour l'Écosse et le reste du Royaume-Uni. »
Les nationalistes écossais ont cependant rapidement réfuté les arguments présentés dans ce document.
John Swinney, le ministre écossais des finances, a déclaré que l'évaluation du rapport sur la balance des paiements de l'Écosse révélait que l'économie était plus riche et moins endettée que celle du Royaume-Uni, malgré des dépenses publiques par habitant plus élevées.
« Une zone sterling, avec la livre comme monnaie commune, fournirait un maximum de souplesse pour les décisions sur les impôts et les dépenses en vue de cibler les occasions et les défis clés en Écosse », a-t-il indiqué.
David Cameron est un hypocrite selon Nicola Sturgeon
Dans le même temps, Nicola Sturgeon, la vice-première ministre écossaise, a accusé le premier ministre britannique, David Cameron, de « laisser tomber le masque » et de « révéler l'hypocrisie flagrante à l'origine des arguments contre l'indépendance dans la campagne ».
Elle a indiqué que M. Cameron faisait fréquemment allusion au fait que les États membres de l'UE n’étaient pas obligés de rejoindre la zone euro. « Le camp du “non” comprend parfaitement que l'adhésion à l'euro ne peut être imposée à personne, pourquoi persistent-ils donc à tenter d'affirmer le contraire ? Ils disent la vérité au reste de l'Europe et effrayent les citoyens d'Écosse », a-t-elle ajouté.
« Le nœud du problème est assez simple : une Écosse indépendante ne pourrait et ne voudrait pas être contrainte à utiliser l'euro. Une Écosse indépendante ferait partie d'une zone sterling, dans l'intérêt de l'Écosse et du reste du Royaume-Uni », a-t-elle poursuivi.
Mme Sturgeon a indiqué qu'il ne serait « pas possible que les membres du camp contre l'indépendance répètent leurs fausses affirmations sur l'euro sans faire l’objet de toutes les railleries ».