Un tribunal allemand émet un mandat d'arrêt contre un député d'extrême droite

Le mandat concerne des frais de justice impayés

EURACTIV.com
[Bernd von Jutrczenka/picture alliance via Getty Images]

Un tribunal allemand a émis un mandat d’arrêt civil à l’encontre de Maximilian Krah, député en exercice de l’AfD et ancien député européen, après que celui-ci ne s’est pas présenté à un rendez-vous fixé par un huissier de justice concernant des frais de justice impayés, ont rapporté jeudi les médias allemands.

Le litige a débuté lorsque le satiriste allemand Jan Böhmermann a lu, dans un podcast, une affirmation selon laquelle Krah aurait commandé 200 bouteilles de champagne à l’Oktoberfest de Munich en 2024. Böhmermann a par la suite précisé que, d’après ses recherches, ce chiffre serait plutôt de l’ordre de 50.

Krah a demandé une injonction, arguant que cette allégation portait atteinte à ses droits de la personnalité, car elle risque de le présenter comme un individu vantard et prétentieux. Cependant, le tribunal régional de Düsseldorf a rejeté l’affaire, soulignant que Böhmermann avait présenté cette allégation comme une information fournie par un auditeur et qu’il l’avait par la suite corrigée. Il a condamné Krah à prendre en charge les frais de justice liés à l’affaire.

Les avocats de Böhmermann ont par la suite recouvré environ 5 000 € de frais dans le cadre d’une procédure d’exécution. Un montant supplémentaire de 296,26 € resterait apparemment impayé. Krah a déclaré avoir réglé le montant principal en janvier, ignorer la désignation de l’huissier de justice et s’engager à payer tout frais supplémentaire vérifié par son avocat.

Krah a siégé au Parlement européen de 2019 à 2025. En 2025, il a été élu au Bundestag allemand. Son mandat actuel implique que le mandat d’exécution ne peut être exécuté sans l’autorisation du Bundestag.

Krah a fait la une des journaux en 2024 lorsqu’il a déclaré que tous ceux qui avaient servi dans l’unité d’élite SS de l’Allemagne nazie n’étaient pas « automatiquement des criminels ». Ces propos ont semé la pagaille au sein de l’AfD et ont conduit ses alliés politiques français du Rassemblement national à prendre leurs distances avec le parti.