En Pologne, le bras de fer entre le PiS et le nouveau gouvernement autour des médias publics s’intensifie
Le conflit autour du contrôle des médias publics s’est aggravé lorsqu’un organe dominé par le parti Droit et Justice (PiS), au pouvoir jusqu’à récemment, a désigné un directeur général du groupe de télévision TVP, bien que le gouvernement actuel ait déjà nommé quelqu’un à ce poste.
Le conflit au sujet du contrôle des médias publics s’est aggravé mardi (26 décembre), lorsqu’un organe dominé par le parti Droit et Justice (PiS), au pouvoir jusqu’à récemment, a désigné un nouveau directeur général du groupe de télévision publique polonaise TVP, bien que le gouvernement de Donald Tusk ait déjà nommé quelqu’un d’autre à ce poste.
Lors de ses huit années à la tête du pays, le parti nationaliste de droite PiS est entré en conflit avec Bruxelles en portant atteinte à l’État de droit. Il avait notamment promis une « repolonisation » des médias et avait considérablement renforcé son contrôle sur le secteur audiovisuel public.
Après avoir pris le pouvoir plus tôt en décembre, le gouvernement de coalition pro-UE dirigé par Donald Tusk a immédiatement entamé une refonte des institutions médiatiques publiques qui, aux yeux de certains, étaient devenues de véritables organes de propagande du PiS.
Ces changements ont suscité une forte opposition de la part du parti ultraconservateur, qui estime que la nouvelle administration a contourné la procédure parlementaire ordinaire pour les mettre en œuvre.
Les députés du parti de droite ont organisé des manifestations et des rassemblements devant les sièges des médias d’État, et le président Andrzej Duda, considéré comme un allié du PiS, a dénoncé les réformes comme relevant de « l’anarchie ».
Mardi, Joanna Lichocka, députée du PiS, a déclaré que le Conseil national des médias polonais (RMN) avait nommé Michał Adamczyk au poste de directeur général du groupe de radiodiffusion public TVP. Le RMN a été créé en 2016 lorsque le PiS était au pouvoir et avait à l’époque reçu la responsabilité de nommer les dirigeants des médias publics.
M. Adamczyk était une personnalité phare des émissions d’information de la TVP, que les opposants du PiS considéraient comme de la propagande.
Sa tâche principale sera de « rétablir la bonne gouvernance et de mettre fin aux activités qui nuisent à l’entreprise », a écrit Mme Lichocka sur la plateforme X. « Nous espérons que le ministre de la Culture [Bartłomiej Sienkiewicz] cessera d’enfreindre la loi. »
Le ministère de la Culture et le chef du cabinet du Premier ministre n’ont pour l’instant pas réagi à cette affaire.
Le ministre de la Culture avait précédemment limogé les membres des conseils de surveillance de la télévision et de la radio publiques, ainsi que de l’agence de presse nationale PAP. Les nouveaux conseils de surveillance ont à leur tour nommé de nouveaux dirigeants. Dans le cas de la TVP, la fonction de directeur général a été confiée au journaliste Tomasz Sygut.
Les choses ont été compliquées par le fait que la veille, l’ancien conseil de surveillance de la TVP, qui n’a pas accepté sa dissolution, a nommé l’ancien membre du PiS Maciej Łopiński au poste de directeur général.
M. Sienkiewicz a déclaré dans un communiqué que la nomination de M. Łopiński était « juridiquement invalide parce qu’elle a été adoptée par un organe inexistant ».
[Édité par Anne-Sophie Gayet]