La Pologne rejette le projet du PiS d'expulser les hommes ukrainiens sans emploi

Le parti Droit et Justice souhaite expulser les hommes ukrainiens en âge de faire leur service militaire qui n'ont pas d'emploi déclaré

EURACTIV.com
Tobiasz Bocheński [Copyright : Union européenne 2026 - Source : PE]

Le gouvernement polonais a rejeté, la qualifiant d’inapplicable, une proposition de l’opposition visant à expulser les hommes ukrainiens en âge de faire leur service militaire qui n’ont pas d’emploi légal, la décrivant comme une tentative de séduire les électeurs d’extrême droite.

« Ces projets relèvent de l’absurdité et du populisme purs et simples », a déclaré samedi un porte-parole du ministère de l’Intérieur.

Le vice-ministre de l’Intérieur, Maciej Duszczyk, a indiqué vendredi que plus de 90 % des hommes ukrainiens en âge de faire leur service militaire vivant en Pologne ont un emploi. Parmi ceux qui ne font pas partie du marché du travail figurent les soldats ukrainiens blessés en cours de rééducation et les parents s’occupant d’enfants handicapés, a-t-il précisé.

Jeudi, le parti de droite polonais Droit et Justice (PiS) s’est engagé à expulser les hommes ukrainiens en âge de faire leur service militaire qui n’ont pas d’emploi légal s’il revient au pouvoir après les élections législatives de l’année prochaine.

L’une des premières décisions majeures du PiS serait d’expulser les hommes ukrainiens âgés de 25 à 60 ans qui n’ont pas d’emploi légal en Pologne, a annoncé jeudi Tobiasz Bocheński, vice-président du parti et député européen, lors d’un congrès du parti.

« Ils auront l’occasion de se battre pour leur patrie », a déclaré Bocheński, selon le média local Polsat News.

Le PiS propose la création de centres d’expulsion spécialisés et d’un registre central des ressortissants étrangers, dans le cadre duquel le non-respect des obligations administratives pourrait déclencher une procédure d’expulsion. Cette proposition concernerait également les Ukrainiens travaillant dans l’économie informelle.

Par ailleurs, l’UE prévoit de refuser la protection temporaire aux hommes ukrainiens en âge de faire leur service militaire qui arrivent récemment (et qui ne sont pas autorisés à quitter l’Ukraine en vertu de la législation ukrainienne), tout en prolongeant ce dispositif pour les autres Ukrainiens jusqu’en mars 2028.

Un parti divisé

Le PiS – qui fait partie du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) au Parlement européen, dont font également partie les Frères d’Italie de Giorgia Meloni – a été secoué par des divisions internes ces derniers mois.

Fin juillet, Mateusz Morawiecki, ancien Premier ministre polonais sous le dernier gouvernement du PiS, a quitté le parti pour créer son propre mouvement, Rozwój Plus.

Les tensions se sont intensifiées lorsque la direction du PiS a désigné un candidat eurosceptique au poste de Premier ministre pour les élections de l’année prochaine.

« Bien sûr, nous devons faire face aux excès bureaucratiques et aux absurdités de Bruxelles, mais le fait que la Pologne fasse partie de l’Union européenne apporte de nombreux avantages », a-t-il déclaré.

Selon de récents sondages, Rozwój Plus recueillerait environ 8 % des voix lors d’une élection législative. Le PiS recueillerait 18 % des intentions de vote, contre 35 % lors des élections législatives de 2023.

(vc)